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Cuba: fin du scrutin pour le référendum sur le mariage gay
Les Cubains ont voté dimanche par référendum sur un nouveau Code de la famille, qui inclut notamment le mariage homosexuel et la gestation pour autrui, un texte largement soutenu par le gouvernement.
La plupart des bureaux de vote du pays ont fermé à 18H00 locales (22H00 GMT). Certains ont fermé une heure plus tard, à La Havane et dans certaines provinces, en raison d'intempéries.
Selon le Conseil électoral national (CEN), la participation à 16H00 était de 54,82%. Le taux de participation à la clôture du scrutin n'était pas immédiatement connu.
Selon l'autorité électorale, les résultats devraient être annoncés lundi. Le texte entrera en vigueur immédiatement s'il obtient plus de 50% des voix.
Quelque 8,4 millions de Cubains étaient appelés à répondre par oui ou par non à la question: "Êtes-vous d'accord avec le Code des familles ?".
"C'est un dimanche plutôt tranquille. Si on le compare à d'autres scrutins, c'est différent, on ne voit pas d'enthousiasme", constatait dans l'après-midi Eduardo, un électeur de 57 ans qui n'a pas souhaité donner son nom.
La Constitution de 2019, également soumise à référendum, avait été approuvée par près de 87% des votants, pour une participation de 90,15%.
Le nouveau Code de la famille définit le mariage comme l'union de "deux personnes", légalisant le mariage homosexuel, et autorise l'adoption homoparentale.
Il renforce les droits des enfants, des personnes âgées et des handicapés, et introduit la possibilité de reconnaître légalement plusieurs pères et mères, outre les parents biologiques, ainsi que la gestation pour autrui sans fins lucratives.
Plusieurs de ces sujets restent sensibles à Cuba, dans une société encore empreinte de machisme et dont le gouvernement communiste a ostracisé les homosexuels dans les années 1960-1970.
Néanmoins, ces vingt dernières années, l'attitude des autorités envers les homosexuels a nettement évolué, et le "oui" a fait l'objet d'une intense campagne gouvernementale, à la télévision et sur les réseaux sociaux.
Le Code de la famille "est une loi juste, nécessaire, actualisée et moderne qui donne des droits et des garanties à tous", a insisté le président Miguel Diaz-Canel après avoir voté dans un quartier de l'ouest de La Havane.
- "Vote sanction" -
"Peut-être qu'il y a quelques années, je n'aurais pas accepté ce code, mais il faut comprendre que les sociétés évoluent (...) C'est un code très humain, totalement inclusif", a reconnu Elio Gomez, un ex-professeur de marxisme de 78 ans.
C'est la première fois que les Cubains sont appelés à se prononcer par oui ou par non sur une loi, le référendum étant jusque-là réservé aux textes constitutionnels.
Le scrutin intervient alors que le pays de 11,2 millions d'habitants traverse un profonde crise économique et fait face à une vague d'émigration record. Il y a plus d'un an, en juillet 2021, des manifestations historiques aux cris de "Nous avons faim" et "Liberté" ont secoué l'île.
Le chef de l'Etat a lui-même reconnu "que pour des questions aussi complexes, où il existe une diversité de critères" personnels, et dans un contexte économique difficile, "des gens peuvent avoir un vote sanction".
"Il n'y a pas de nourriture, de produits d'hygiène. Nous survivons au milieu des coupures de courant. Je ne vois pas de raison de dire +oui+", a expliqué à l'AFP José Antonio Callejas, 47 ans, à la sortie d'un bureau de vote de la capitale.
Outre le rejet des évêques catholiques, le caractère élargi du texte peut avoir alimenté le vote négatif ou l'abstention, certains électeurs se disant par exemple favorables au mariage pour tous, mais opposés à l'adoption.
Pour le politologue Rafael Hernandez, il s'agit de la "législation la plus importante en matière de droits humains" à Cuba depuis la révolution de 1959, au point que certains ont estimé que le gouvernement "allait trop loin".
Ce caractère progressiste du texte a aussi divisé les opposants.
"Nous ne votons pas oui avec le PCC, c'est lui qui vote oui avec nous", avait insisté sur Twitter quelques semaines avant le scrutin le militant gay Maykel Gonzalez Vivero, en référence au Parti communiste cubain, parti unique.
Dimanche, il a posté une photo de son bulletin de vote en faveur du texte.
D'autres militants et dissidents avaient appelé à voter contre ou s'abstenir.
A.Taylor--AT