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Macron souligne le "destin européen" de l'Andorre
Le président français Emmanuel Macron, coprince d'Andorre, a salué lundi la "singularité" de la principauté pyrénéenne, entre attachement à ses "tradidions" et "destin européen", au premier jour d'une visite dans le micro-Etat, où la délicate question de l'avortement doit être abordée mardi.
"C'est dans cette tension permanente entre la modernité à laquelle nous sommes confrontés (...) et ses traditions, entre son ancrage, son enracinement et son avenir européen que se joue le destin de la principauté", a-t-il lancé lors d'un dîner offert par le second coprince, Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat.
En vertu d'un système vieux de plusieurs siècles, le chef de l'Etat français partage les fonctions de coprince d'Andorre avec l'évêque catholique de la ville frontalière espagnole d'Urgell.
Le président a aussi pointé la "neutralité active d'Andorre à l'international" et sa "capacité à savoir toujours se projeter vers une forme d'universel, vers des principes qui la dépassent et savoir embrasser une Europe au sein de laquelle elle est inscrite".
Un accord d'association avec l'Union européenne (UE) doit permettre à Andorre de participer au marché commun sans devenir Etat membre de l'UE. Le texte doit encore être soumis à référendum dans le pays.
La principauté, dont la surface équivaut à moins de deux fois celle de Marseille, est connue pour ses pistes de ski et sa fiscalité avantageuse.
Mais elle a quitté la liste des paradis fiscaux de l'OCDE en 2010 et mis en place depuis des taxations modérées, bien inférieures à celles de la moyenne dans l'UE.
- Passible de prison -
La tradition, établie par Charles de Gaulle, veut que chaque président s'y rende durant son mandat. Emmanuel Macron l'avait fait en 2019, lors de son premier quinquennat.
La principauté est avec le Vatican le seul Etat en Europe à interdire totalement l'interruption volontaire de grossesse (IVG), même en cas de viol, d'inceste, de danger pour la mère ou de maladie du fœtus.
L'IVG est passible de prison pour les femmes et les médecins qui la pratiquent, même s'il n'y a jamais eu de procès.
Le chef du gouvernement d'Andorre, Xavier Espot Zamora, a affirmé à l'AFP fin mars avoir bon espoir de dépénaliser l'IVG d'ici un an sans pour autant la légaliser.
La structure singulière de gouvernance de la principauté rend la question particulièrement épineuse car toute avancée nécessite des négociations avec le Saint-Siège.
Si l'IVG reste interdite, ce n'est "pas parce que le gouvernement d'Andorre ou la société andorrane sont plus conservateurs qu'en France ou en Espagne" mais car "un de nos chefs d'Etat est évêque", a expliqué Xavier Espot Zamora.
-"Mabouls" -
Avant de retrouver la principauté, Emmanuel Macron a vanté le "combat pour l'indépendance" de la France en posant la première pierre du futur site d'une usine de géotextiles dans le département voisin de l'Ariège.
"A horizon de deux ans, on va passer dans une étape industrielle qui va complètement changer le territoire", a-t-il lancé chez Occitanie Géotex à Laroque-d'Olmes (Ariège), qui va fabriquer, à partir de fibres végétales de chanvre et de laine produites dans la région, des géotextiles pour la construction, les routes ou l'agriculture.
Ce projet de 30 millions d'euros créera 40 emplois directs et plus de 120 emplois indirects, selon l'Elysée. L'usine va s'installer à l'emplacement d'une ancienne entreprise textile qui employait près d'un millier de salariés au plus fort de son activité.
"La bataille pour l'industrie et la réindustrialisation, la transformation de notre agriculture qui fait face à ce défi de l'eau qu'on connaît dans la région, la souveraineté (...) sont compatibles", a-t-il martelé.
Le chef de l'Etat a fait de l'indépendance de la France et de l'Europe l'un des fils conducteurs de la dernière année de son mandat.
Emmanuel Macron s'est aussi rendu au centre hospitalier voisin de Lavelanet pour évoquer la lutte contre les déserts médicaux. Cet établissement flambant neuf n'a pas encore pu embaucher la totalité des professionnels nécessaires.
Il a notamment déploré qu'on ne facilite pas la vie aux praticiens diplômés hors UE, en leur faisant repasser des concours. "C'est la folie du système français", a-t-il relevé devant un médecin originaire d'Oran (Algérie).
Avant d'ajouter, dans une pique aux tenants d'une ligne très ferme avec Alger: "Allez dire après à tous les mabouls qui nous expliquent qu'il faudrait se fâcher avec l'Algérie".
bur-led-vgr-vl/hr/dsa
H.Thompson--AT