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Violences conjugales: les généralistes questionnent trop peu les patientes, selon la HAS
En 2025, seulement 5% des femmes disent avoir été questionnées par un médecin généraliste sur d'éventuelles violences conjugales lors d'une consultation récente, selon une étude publiée jeudi par la Haute autorité de santé, qui recommande de les interroger systématiquement.
En médecine générale, "le repérage des violences faites aux femmes progresse, mais de manière encore lente", constate dans un communiqué la HAS à partir de ce sondage, réalisé en ligne par l'institut Verian auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 femmes fin 2025, dont 876 avaient consulté un généraliste dans les 18 derniers mois (dans 8 cas sur 10 leur médecin habituel).
Ainsi, "une femme sur 20 (5%) déclare avoir été interrogée à ce sujet lors d'une consultation récente, contre une sur 33 (3%) en 2022", détaille la HAS.
Environ 17% des femmes se souviennent avoir été questionnées sur la relation avec leur partenaire, contre 14% trois ans auparavant.
Parmi les 876 femmes ayant consulté, une sur cinq dit subir ou avoir subi des violences (verbales, psychologiques, sexuelles, etc.) de la part de son partenaire, dont 21% assurent en avoir parlé spontanément au médecin, sans qu'il ne les interroge.
Mais 39% des victimes déclarent n'avoir rien dit, alors qu'elles l'auraient fait si le médecin les avait questionnées, et 35% pensent "ne jamais lui en parler".
A titre de comparaison, "26% des femmes ont été questionnées sur leur consommation d'alcool, 37% leur consommation de tabac et 61% sur leur activité physique", note le communiqué.
Par ailleurs, 28% des femmes se souviennent avoir vu de la documentation sur ce sujet dans le cabinet médical, une proportion stable.
Depuis 2019, la HAS recommande aux professionnels de santé de premier recours (généralistes, gynécologues, pédiatres, urgentistes, sage-femmes...) de demander à toutes leurs patientes "si elles subissent ou ont subi des violences", même en l'absence de signes d'alerte, afin de faciliter la parole des victimes en normalisant le sujet.
Le médecin est "un interlocuteur de confiance", estime la Haute autorité: "l' écrasante majorité des femmes se sentent à l’aise" avec leur généraliste (93%, dont 54% disent être "tout à fait à l'aise" et 39% "plutôt à l'aise"). "Améliorer le repérage des violences permettrait de mieux prendre en charge 2,5 fois plus" de victimes, souligne-t-elle.
Cette démarche de questionnement est d'ailleurs "largement plébiscitée", observe-t-elle: 97% des interrogées y voient une "bonne chose" et l'adhésion est "quasi unanime, quels que soient l’âge, la situation ou le profil des répondantes".
O.Gutierrez--AT