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Pakistan : un attentat-suicide fait au moins 31 morts et plus de 130 blessés dans une mosquée chiite
Un attentat-suicide lors de la prière du vendredi dans une mosquée chiite d'Islamabad a fait au moins 31 morts, selon les autorités, et plus de 130 blessés, a annoncé une source policière pakistanaise à l'AFP.
L'attaque, non revendiquée pour l'instant, s'est produite alors que les mosquées du pays étaient bondées de fidèles, a déclaré à l'AFP un haut gradé policier sous couvert d'anonymat.
La municipalité d'Islamabad a indiqué que 31 personnes sont mortes dans l'explosion survenue à la mosquée Imam Bargah Qasr-e-Khadijatul Kubra, dans le quartier de Tarlai, à la périphérie de la ville.
"L'assaillant a été bloqué à l'entrée et s'est fait exploser", a expliqué à l'AFP une source sécuritaire ayant requis l'anonymat.
Le bilan "devrait encore s'alourdir", selon le gradé de la police.
Le Pakistan est un pays à majorité sunnite, mais les chiites représentent entre 10 et 15% de la population et ont été pris pour cible dans le passé par des groupes jihadistes.
Michael Kugelman, un spécialiste de l'Asie du Sud, a estimé sur X que l'attentat pourrait avoir été organisé par la branche locale du groupe État islamique ou des militants anti-chiites.
- Flaques de sang -
Cette attaque est la plus meurtrière qu'ait connue la capitale pakistanaise depuis septembre 2008, lorsque 60 personnes avaient été tuées dans un attentat-suicide au camion piégé qui avait détruit une partie du luxueux hôtel Marriott.
Des journalistes de l'AFP ont vu vendredi des dizaines de personnes, dont des enfants, arriver dans un grand hôpital avec des vêtements tachés de sang et des blessures.
Des médecins et des passants ont aidé à décharger les victimes arrivées en ambulance, dont les vêtements étaient imprégnés de sang.
Au moins une victime est arrivée dans le coffre d'une voiture, selon les journalistes de l'AFP.
Des amis et proches ont crié et pleuré à mesure que les victimes - mortes ou vivantes - arrivaient au service des urgences de l'hôpital, fortement gardé.
Une autre équipe de journalistes de l'AFP a vu les forces de sécurité armées à l'extérieur de la mosquée, où des flaques de sang étaient visibles. Un ruban jaune de police entourait la zone où des chaussures, des vêtements et des débris de verre jonchaient le sol.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, dont l'AFP n'a pas pu vérifier l'authenticité pour le moment, montrent plusieurs corps gisant près de l'entrée principale de la mosquée, ainsi que des personnes et des débris éparpillés dans la salle de prière recouverte d'un tapis rouge.
- Insurrections -
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a "fermement condamné" l'attentat, affirmant que ses auteurs seraient retrouvés et traduits en justice.
Aucun groupe n'a immédiatement revendiqué la responsabilité de l'attaque, qui survient alors que les forces de sécurité pakistanaises luttent contre l'intensification des insurrections dans les provinces du sud et du nord du pays, à la frontière avec l'Afghanistan.
Islamabad affirme que les groupes armés séparatistes du Baloutchistan, les talibans pakistanais et d'autres militants islamistes de la province septentrionale de Khyber Pakhtunkhwa, près d'Islamabad, utilisent le territoire afghan comme refuge pour lancer leurs attaques.
Le gouvernement taliban afghan a nié à plusieurs reprises ces accusations et les relations bilatérales se sont détériorées. Par ailleurs, les forces des deux pays s'affrontent régulièrement le long de la frontière.
La dernière attaque majeure à Islamabad avait eu lieu en novembre, lorsqu'un attentat-suicide devant un tribunal a tué 12 personnes et blessé des dizaines d'autres. C'était alors le premier événement de ce type à frapper la capitale depuis près de trois ans.
Les forces pakistanaises sont également sous pression dans le Baloutchistan, où des attaques revendiquées par des insurgés séparatistes ont tué 36 civils et 22 membres des forces de sécurité la semaine dernière.
Ces attaques ont déclenché une vague de contre-opérations au cours desquelles, selon les autorités, les forces de sécurité ont tué près de 200 insurgés.
Ch.P.Lewis--AT