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Séisme en Birmanie: le chef de la junte attendu à Bangkok
Le chef de la junte birmane Min Aung Hlaing est attendu jeudi à Bangkok pour un sommet régional, au lendemain de l'annonce par l'armée d'un cessez-le-feu temporaire pour permettre l'acheminement de l'aide après le séisme meurtrier du 28 mars.
Le tremblement de terre de magnitude 7,7 qui a dévasté le centre de la Birmanie a fait plus de 3.000 morts et laissé des milliers de personnes sans abri dans ce pays en proie à une guerre civile.
Min Aung Hlaing a annoncé qu'il se rendrait à Bangkok jeudi pour discuter de la réponse au séisme dans le cadre d'un sommet de l'Initiative du Golfe du Bengale pour une coopération technique et économique multisectorielle (Bimstec), qui regroupe le Bangladesh, le Bhoutan, l'Inde, la Birmanie, le Népal, le Sri Lanka et la Thaïlande.
La Thaïlande, pays hôte et également touchée par le séisme, a proposé la publication d'une déclaration commune sur l'impact de la catastrophe vendredi.
Alors que plusieurs pays et organisations ont dépêché de l'aide en Birmanie, la junte a annoncé mercredi un cessez-le-feu jusqu'au 22 avril "dans le but d'accélérer les efforts de secours et de reconstruction, et de maintenir la paix et la stabilité".
Mais elle a averti ses opposants, un ensemble complexe de groupes armés prodémocratie et de minorités ethniques, qu'elle riposterait aux attaques et à tous "rassemblements, organisations et expansions territoriales qui porteraient atteinte à la paix".
L'"Alliance des Trois Fraternités", formé des principaux groupes rebelles ethniques, avait déjà annoncé une pause d'un mois dans les hostilités. Les Forces de défense populaire (FDP) avaient elles décrété un cessez-le-feu partiel.
Les agences de l'ONU, des groupes de défense des droits de l'homme et des gouvernements étrangers ont exhorté toutes les parties à cesser les combats et à se concentrer sur l'aide aux victimes du séisme, le plus important à avoir frappé le pays depuis des décennies.
- Scènes chaotiques -
Des journalistes de l'AFP ont assisté mercredi à des scènes chaotiques alors qu'au moins 200 personnes désespérées faisaient la queue pour recevoir de l'aide à Sagaing, à moins de 15 kilomètres de l'épicentre du tremblement de terre dans le centre du pays.
Les destructions sont nombreuses dans la ville, où une habitation sur trois s'est effondrée selon l'OMS.
Les établissements de santé, endommagés par le séisme, sont "submergés par un grand nombre de patients", tandis que les réserves de nourriture, d'eau et de médicaments diminuent, selon cette organisation
Des bénévoles ont distribué de l'eau, du riz, de l'huile de cuisson et d'autres produits de première nécessité aux habitants qui réclamaient de l'aide.
De nombreuses personnes dorment dans la rue depuis le séisme, incapables de retourner dans les bâtiments endommagés ou craignant les répliques.
"Nous avons besoin de toitures et de murs pour avoir un abri convenable pour la nuit", a dit Ayethi Kar, directrice d'une école pour jeunes nonnes, rasée depuis vendredi. "Nous n'avons pas assez d'aide", a ajouté cette femme de 63 ans, qui dit dormir encore "à même le sol".
- Espoir d'un "miracle" -
Le sauvetage de deux hommes des ruines d'un hôtel de Naypyidaw mercredi a ravivé les espoirs de retrouver des survivants, même si les chances diminuent d'heure en heure.
La junte a publié jeudi un nouveau bilan d'au moins 3.085 morts, 4.715 blessés et 341 disparus.
A Bangkok, où l'effondrement d'un immeuble de 30 étages en construction a fait au moins 22 morts, les recherches se poursuivent pour retrouver quelque 70 disparus.
Le gouverneur de la capitale thaïlandaise, Chadchart Sittipunt, a déclaré jeudi matin lors d'un live sur Facebook "espérer un miracle".
"Mais n'en attendez pas trop car il y a de fortes chances qu'il y ait aussi des déceptions", a-t-il prévenu.
En Birmanie, l'ampleur réelle de la catastrophe reste encore à déterminer, les difficultés de communication et le mauvais état des infrastructures retardant les efforts de collecte d'informations et d'acheminement de l'aide.
Les organisations humanitaires affirment que la réponse au séisme a été entravée par la guerre civile qui a éclaté après le coup d'Etat militaire de 2021.
Les rebelles ont accusé la junte d'avoir procédé à de nombreuses frappes aériennes depuis le séisme.
Avant même le séisme de vendredi, 3,5 millions de personnes avaient été déplacées par les combats, selon l'ONU.
D.Lopez--AT