-
Italie: Giorgia Meloni tente de rebondir avec une réforme électorale
-
En Inde, quand l'hindouité envahit les nuits festives de la jeunesse
-
Audience à haut risque pour le transporteur Ziegler France, 1.400 emplois menacés
-
Le prince Harry et d'autres plaignants veulent un dédommagement "substantiel" du Daily Mail
-
Réseaux sociaux: l'interdiction aux moins de 15 ans fait débat au Sénat
-
Macron attendu à Tokyo, le conflit au Moyen-Orient en toile de fond
-
En pleine crise énergétique à Cuba, l'arrivée imminente d'un pétrolier russe
-
Réseaux sociaux et enfants: TikTok, Instagram et YouTube menacés de sanctions en Australie
-
Mondial-2026: l'Irak essaie de se détacher de la guerre au Moyen-Orient avant son barrage (sélectionneur)
-
Amical: Undav permet à l'Allemagne d'arracher la victoire contre le Ghana (2-1)
-
Moyen-Orient: les Bourses mondiales éparpillées, entre achats à bon compte et prudence
-
Wall Street termine sans entrain, craint une escalade au Moyen-Orient
-
Céline Dion, le retour d'une insubmersible diva
-
Céline Dion officialise son grand retour, avec dix concerts à Paris
-
Céline Dion annonce son retour sur scène avec dix concerts, à Paris
-
Cuba, plongée dans une crise énergétique, attend l'arrivée d'un pétrolier russe
-
Prison avec sursis requise contre l'animateur Laurent Boyer jugé pour des violences conjugales
-
Chili : le gouvernement de Kast suspend la régularisation massive de migrants
-
Moyen-Orient: les Bourses mondiales tiennent bon malgré l'absence de perspectives claires
-
Guerre au Moyen-Orient: Trump menace d'"anéantir" des infrastructures énergétiques iraniennes
-
Le G7 prêt à "toutes les mesures nécessaires" pour stabiliser le marché de l'énergie
-
Le procès du navigateur Kevin Escoffier pour agressions sexuelles reporté en novembre
-
Berlin et Damas travaillent à un rapatriement massif des réfugiés syriens, selon Merz
-
Berlin et Damas coopèrent pour rapatrier les réfugiés syriens et reconstruire leur pays
-
Wall Street ouvre en légère hausse, espère des discussions entre Washington et Téhéran
-
Décès d'Emiliano Sala: la justice rejette les demandes financières de Cardiff envers le FC Nantes
-
Iran: menacer Kharg, un levier pour Trump aux effets incertains
-
Trump menace d'"anéantir" l'île de Kharg, le pétrole toujours haut
-
Les choses de la vie "nous manquent": des habitants de Téhéran à bout après un mois de guerre
-
Dernier hommage à Isabelle Mergault au cimetière du Père-Lachaise
-
Cuba : le Kremlin se félicite de l'arrivée d'un pétrolier russe défiant le blocus américain
-
Pas de pause dans les bombardements, le pétrole en hausse dans le sillage de Trump
-
Athanor: le procès des dérives criminelles de francs-maçons barbouzes s'est ouvert
-
Angleterre: la majorité des fans de Premier League souhaitent la suppression de la VAR (sondage)
-
Prisma Media annonce supprimer 261 postes, soit 40% de ses effectifs
-
BFMTV repasse en tête des chaînes info en mars, devant CNews
-
Eric Woerth confirmé à la présidence du PMU
-
Retour de Céline Dion: fin du suspense attendu lundi soir
-
Séisme de magnitude 7,3 au large du Vanuatu
-
Carburants: le plan d'aide du gouvernement mécontente agriculteurs et transporteurs
-
La saison des cerisiers en fleurs atteint son pic au Japon
-
Le général Min Aung Hlaing, auteur du coup d'Etat de 2021 et futur président de la Birmanie
-
La Bourse de Paris entame la semaine avec prudence face à la guerre au Moyen-Orient
-
L'extinction du réseau 2G débute mardi en France
-
Sans GPS à cause de la guerre, comment se guider dans le futur?
-
Xi Jinping invite la cheffe de l'opposition taïwanaise à venir en Chine
-
Air China reprend les vols directs entre Pékin et Pyongyang
-
Des pesticides présents dans l'air un peu partout en France, selon Atmo France
-
Hausse des carburants : début de l'opération escargot des routiers sur le périphérique à Paris
-
"Humaniser l'IA": quand des outils peu fiables cherchent à vous faire payer
"Si tu protestes, tu meurs": en Equateur, les pêcheurs sous la coupe des narcos
Face à un paysage côtier idyllique entouré d'immeubles luxueux, la station balnéaire de Salinas, au sud-ouest de l’Équateur, cache une guerre qui échappe aux touristes. Les gangs ont enrôlé les pêcheurs dans le trafic de drogue, leur imposant la loi du silence et des balles.
"Si tu protestes, tu meurs", confie à l'AFP un pêcheur de 35 ans qui ne veut pas donner son nom pour raisons de sécurité.
Il travaille au quai de Santa Rosa, situé dans cette ville de 35.000 habitants de la province de Santa Elena. L'atmosphère dans le port est celle d'un silence quasi-total. Les regards méfiants ajoutent à la tension.
"Nous ne pouvons pas rester longtemps ici", prévient l'homme inquiet. Comme d'autres pêcheurs de la côte pacifique équatorienne, il a été pris dans un dilemme pervers : transporter de la cocaïne en échange de fortes sommes d'argent, ou tout simplement mourir pour avoir refusé de le faire.
Sa grosse barque à moteur serpente entre des dizaines de bateaux colorés qui flottent le long du quai, avant de se perdre en mer.
- "Trafic plus artisanal" -
Salinas est situé à 150 kilomètres à l'ouest de Guayaquil, principal port commercial du pays et épicentre des violences entre les gangs qui se disputent les routes du trafic de drogue vers les États-Unis et l'Europe.
Autrefois un havre de paix, l’Équateur est aujourd'hui en proie à la violence et les homicides sont passés de 6 pour 100.000 habitants en 2018 à un record de 47 en 2023.
Santa Elena est un fief politique et lieu de résidence personnelle du président Daniel Noboa. Depuis son arrivée au pouvoir en 2023, il mène une guerre sans merci contre le trafic de drogue, qui ne cesse de se renforcer dans un pays situé entre Colombie et Pérou, les plus grands producteurs de cocaïne au monde.
Contrairement à Guayaquil, d'où la drogue est expédiée par tonnes dissimulées dans les grands conteneurs de bananes ou autres produits, à Santa Elena, le trafic vers l'océan Pacifique se fait "de manière plus artisanale", explique Glaeldys Gonzalez, chercheuse du think-tank Crisis Group pour l'Équateur.
Les pêcheurs transportent les ballots de cocaïne vers le nord, le long des côtes vers des pays d'Amérique centrale où ils sont récupérés par des cartels mexicains et envoyés aux États-Unis.
"Ils utilisent des bateaux de pêche", mais aussi des navires plus grands, des semi-submersibles, confirme Boris Rodas, capitaine de la marine équatorienne qui commande la zone.
A Santa Elena, opèrent principalement Los Choneros, l'un des plus puissants groupes criminels du pays, et d'autres gangs moins influents dans la région, tels que Los Lagartos, Los Tiguerones, Los Chone Killers et même Los Lobos.
- "De l'argent ou du plomb" -
"Nous ne savons jamais qui nous embauche. Il y a des intermédiaires et nous ne connaissons jamais le +capo+", assure le pêcheur déjà cité.
Le transport de la cocaïne représente pour eux un revenu d'environ 10.000 dollars par cargaison, une manne qu'il est bien difficile de refuser
Le poisson n'est plus aussi abondant qu'avant, et les quelques bénéfices qu'ils réalisent s'évaporent "dans les frais de réparation des bateaux", déplore un autre pêcheur, lui aussi sous couvert d'anonymat.
Mais ce pacte est loin d'être gratuit et anodin.
"Ces personnes et leurs familles sont menacées par des acteurs armés" qui ont adopté la maxime du célèbre baron colombien de la drogue Pablo Escobar: "plata o plomo" (de l'argent ou du plomb), selon Mme Gonzalez.
"La moitié de l'argent est remise avant notre départ et l'autre moitié lorsque nous revenons au port une fois le travail effectué", explique encore le pêcheur du quai de Santa Rosa.
Ils ne reçoivent parfois qu'une fraction de ce qui a été convenu. Réclamer peut signifier la mort.
- Tirs croisés et extorsion -
"Il y a quelques jours, ils ont tué un homme qui était pêcheur", dit le marin à voix basse.
Tout le monde sait, mais personne ne veut parler. Au large, les gangs se disputent les routes comme sur le continent.
Il y a quelques jours, un groupe de pêcheurs a retrouvé un corps décapité dans l'eau. "Quand (les gangs rivaux) se croisent en mer, ils se tirent dessus dans tous les sens".
Les pêcheurs sont également pris entre deux feux, accusés par l'un ou l'autre gang de collaborer avec leurs rivaux. Ils sont souvent obligés payer les groupes criminels en échange d'une prétendue sécurité.
En avril 2023, à Esmeraldas (nord-ouest), une trentaine d'hommes armés ont ouvert le feu dans un port de pêche artisanale, tuant neuf personnes. Le carnage a été filmé par des caméras de sécurité.
Malgré l'état d'urgence imposé depuis janvier et la "guerre" déclarée par le président Noboa aux gangs, avec le déploiement des militaires dans la rue, la violence se poursuit sans relâche. Rien qu'au cours des quatre premiers mois de l'année, quelque 1.900 meurtres ont été enregistrés.
H.Romero--AT