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Trump, combatif, se défend au procès civil qui menace son empire immobilier
Donald Trump, combatif et offensif, se défend sous serment lundi au tribunal de New York lors d'un procès civil à hauts risques pour son empire immobilier, un moment quasi inédit pour la démocratie américaine, et le premier d'une longue série de rendez-vous judiciaires pour le milliardaire qui rêve de retourner à la Maison Blanche.
Depuis 10H00 (15H00 GMT), l'ancien président des Etats-Unis, âgé de 77 ans, accusé d'avoir gonflé de manière colossale la valeur de ses actifs immobiliers, comme la Trump Tower à New York, pour séduire les banques, se défend pied-à-pied et répond longuement à chaque question que lui pose le procureur Kevin Wallace, dans une salle d'audience bondée du tribunal de Manhattan , où il a prêté serment, main levée.
Au bout de deux heures, le tempétueux milliardaire a fini par lancer plusieurs invectives contre la procureure générale Letitia James, "une petite politicienne" et contre le juge Arthur Engoron.
"C'est un procès vraiment très injuste, et j'espère que les gens voient ça", a-t-il lancé, alors que le juge, avec lequel il entretient des relations exécrables depuis le début des audiences le 2 octobre, lui a demandé à plusieurs reprises de faire des réponses plus courtes.
- "Républiques bananières" -
Dans cette affaire, la procureure générale Letitia James, une élue démocrate, a intenté un procès civil contre l'état-major de la Trump Organization, accusant les Trump père et fils d'avoir surévalué les actifs du groupe – une myriade de sociétés gérant des gratte-ciel, hôtels et résidences de luxes ou golfs dans le monde entier – pour décrocher de meilleurs prêts bancaires et des conditions d'assurance plus favorables.
En arrivant au tribunal, Donald Trump, grand favori des primaires républicaines pour la présidentielle de 2024, s'est de nouveau posé en victime d'une "guerre politique" et d'une machination judiciaire digne selon lui de "pays du tiers-monde et de républiques bananières".
Mais dans la salle d'audience solennelle du tribunal, M. Trump, costume bleu marine, chemise et cravate assorties, argumente, bras croisés. Très volubile, il discute de la valeur des bijoux de son empire, comme son opulente résidence Mar-a-Lago en Floride, et assure que les actifs étaient au contraire "sous-évalués" et que les banques ont fait de bonnes affaires en lui prêtant "beaucoup d'argent".
- La "marque Trump" -
Homme d'affaires milliardaire avant d'entrer en politique et de bouleverser les institutions américaines, il a mis en avant la valeur de la "marque Trump". "Je suis devenu président (des Etats-Unis) grâce à ma marque", a-t-il lancé.
"C'est un procès fou", a-t-il lâché.
C'est la première fois depuis plus de 100 ans qu'un ancien président est appelé à témoigner pour sa défense lors d'un procès, depuis Theodore Roosevelt dans les années 1910.
Contrairement aux quatre autres affaires pénales dans lesquelles il est inculpé, Donald Trump ne risque pas de peine de prison lors de ce procès civil, mais il joue gros et l'affaire est mal engagée.
Avant même son ouverture, le juge a estimé que le parquet général de l'Etat de New York présentait "des preuves concluantes qu'entre 2014 et 2021, les prévenus ont surévalué les actifs" du groupe de "812 millions (à) 2,2 milliards de dollars" selon les années, dans les chiffres inscrits sur les états financiers annuels de Donald Trump.
En conséquence de "fraudes répétées", il a ordonné la liquidation des sociétés gérant ces actifs, comme la Trump Tower sur la 5e Avenue de New York ou le gratte-ciel de style néo-gothique et bientôt centenaire du 40 Wall Street.
En d'autres termes, si la décision, suspendue en appel, était appliquée, le milliardaire républicain perdrait le contrôle d'une partie de son empire immobilier, lui qui s'était lancé en politique sur son image de bâtisseur à succès.
- Père et fils -
L'ancien président des Etats-Unis succède comme témoin à ses deux fils adultes Donald Jr et Eric, vice-présidents exécutifs de la Trump Organization, poursuivis eux aussi, et auditionnés la semaine dernière.
La fraude ayant déjà été établie, le procès porte notamment sur le montant de l'amende. La procureure générale Letitia James réclame 250 millions de dollars et des interdictions de diriger des entreprises pour le milliardaire républicain et ses enfants.
Depuis un mois, Donald Trump a assisté régulièrement aux débats.
Sur le fond du dossier, ses avocats réfutent toute fraude, arguant que des évaluations immobilières sont forcément subjectives et que les banques prêteuses n'ont pas perdu un dollar.
Ce procès n'est qu'une des premières épreuves judiciaires qui attendent Donald Trump. Il doit notamment comparaître à partir de mars 2024 devant la justice fédérale à Washington pour ses tentatives présumées d'inverser le résultat de l'élection de 2020.
O.Gutierrez--AT