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Présidentielle : les Guatémaltèques votent dans le calme après une campagne tendue
Les Guatémaltèques votent dans le calme dimanche pour élire leur prochain président entre deux candidats de gauche dont le favori, qui a promis de s'attaquer à la corruption, a fait l'objet de tentatives de disqualification dans ce pays miné par la pauvreté et la violence.
Quel que soit le vainqueur entre Bernardo Arevalo et Sandra Torres, tous deux sociaux-démocrates, il mettra fin à douze ans de gouvernements de droite, dont celui du sortant Alejandro Giammattei, marqué par la répression contre les magistrats et les journalistes qui dénonçaient la corruption.
Dans la ville indigène de San Juan Sacatepéquez, à une trentaine de kilomètres de la capitale, les cloches sonnent la fin de la messe. Des centaines d'indigènes maya sortent lentement de l'église pour se rendre dans les bureaux de vote.
Efrain Boch, un camionneur de 47 ans, dit à l'AFP espérer que le nouveau président "s'attaque à la corruption qui nous affecte". Maria Rac, une femme au foyer de 66 ans, se désole, elle, de la violence. On ne peut plus vivre nulle part car il y a beaucoup de criminalité", déplore-elle.
Les résultats partiels sont attendus à partir de 21H00 (03H00 GMT lundi). Le nouveau président prendra ses fonctions le 14 janvier 2024.
Selon le dernier sondage mercredi, Bernardo Arevalo, 64 ans, était crédité de 50% des intentions de vote, largement devant Sandra Torres, 67 ans, avec 32%.
- "Le peuple du Guatemala" -
"Nous sommes confiants: le gagnant sera le peuple du Guatemala", a déclaré Bernardo Arevalo après avoir voté dans un lycée de la capitale.
Sandra Torres n'a elle fait aucune déclaration après avoir introduit son bulletin dans l'urne.
Qualifié à la surprise générale lors du premier tour, Bernardo Arevalo cristallise les espoirs d'un changement, notamment chez les jeunes qui représentent 16% des 9,4 millions d'inscrits.
"Nous avons été les victimes, les proies, de politiciens corrompus pendant des années", a-t-il déclaré mercredi. "Voter, c'est dire clairement que c'est le peuple guatémaltèque qui dirige ce pays, et non les corrompus", a-t-il assuré.
Ce sociologue et ancien diplomate est le fils du premier président démocratiquement élu du pays, Juan José Arevalo (1945-1951).
Plusieurs fois candidate malheureuse à la présidence par le passé, Sandra Torres, ancienne épouse de l'ex-président de gauche Alvaro Colom (2008-2012), a focalisé sa campagne sur la lutte contre les bandes criminelles et contre la pauvreté.
Celle qui bénéficie du soutien silencieux du président sortant et de la puissante élite économique alliée au gouvernement, a multiplié les attaques contre son rival, qu'elle a qualifié d'étranger" car né en Uruguay durant l'exil de son père.
"Nous ne pouvons pas permettre que le Guatemala tombe entre les mains de radicaux. Nous ne pouvons pas permettre que le Guatemala devienne un Venezuela ou un Cuba", a ajouté Mme Torres, qui a fait l'objet des mêmes accusations de la part de rivaux de droite lors de ses deux campagnes précédentes.
- "Altération des données" -
Dans la dernière ligne droite de la campagne, vendredi, elle a même mis en doute la partialité du processus électoral, se disant "préoccupée par toute altération des données" de comptage des voix par les personnes habilitées du Tribunal suprême électoral (TSE).
La spectaculaire percée de Bernardo Arevalo le 25 juin lors du premier tour suscite des préoccupations parmi les élites économiques et politiques du pays, qui le voient comme un danger pour leurs intérêts, et le ministère public a multiplié les procédures à son encontre.
Et jeudi, le procureur Rafael Curruchiche, sanctionné pour "corruption" par Washington, a annoncé de possibles arrestations à venir de dirigeants de Semilla.
Communauté internationale et analystes considèrent les actions du ministère public comme une tentative d'écarter M. Arevalo de l'élection.
Trois décennies après la fin de sa brutale guerre civile, le pays le plus peuplé d'Amérique centrale est enlisé dans la pauvreté, la violence et la corruption, ce qui pousse chaque année des milliers de Guatémaltèques à émigrer.
M.Robinson--AT