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Avec le socialisme, la candidate Gonzalez veut ramener la paix en Equateur
Pour ramener la paix en Equateur, aujourd'hui l'un des pays les plus violents d'Amérique latine, la candidate à la présidence Luisa Gonzalez a sa formule : le retour au pouvoir des forces socialistes de l'ancien président Rafael Correa, son parrain politique, qui, en cas de victoire, fera partie de ses "conseillers".
Avocate de 45 ans, marathonienne, cycliste et amatrice de tatouages, Mme Gonzalez se présente à l'élection présidentielle de dimanche avant tout comme étant le défenseur de l'héritage de Rafael Correa (au pouvoir de 2007 à 2017), en exil en Belgique depuis six ans et qui a été condamné en 2020 par la justice équatorienne à huit ans de prison pour corruption.
Le vainqueur de ce scrutin, convoqué par le président conservateur Guillermo Lasso, acculé par un procès en destitution, gouvernera jusqu'en 2025.
Proche de M. Correa, Mme Gonzalez aspire à perpétuer le legs de son mentor, à un moment où l'Equateur fait face à une violence sans précédent due au trafic de drogue et aux gangs. La présidentielle a été marquée par l'assassinat, le 9 août, du candidat Fernando Villavicencio, un fervent opposant au Corréisme.
Dans un entretien avec l'AFP à Quito, Mme Gonzalez assure que sa priorité sera de combattre la "très grave infiltration du trafic de drogue" en Equateur et de retrouver les faibles taux de morts violentes enregistrés du temps du gouvernement de Rafael Correa, accusé par ses opposants d'avoir pactisé avec les bandes criminelles.
- Taux record d'homicides -
En 2016, l'Équateur comptait six homicides pour 100.000 habitants. Ce taux a atteint un record de 26 en 2022 et les analystes estiment que cette année se terminera avec un taux allant jusqu'à 40 meurtres pour 100.000 habitants.
Les partisans du candidat assassiné, l'un des favoris du scrutin avec Mme Gonzalez, ont dénoncé - sans preuves jusqu'à présent - les liens supposés de M. Correa avec l'attentat.
"Ils ont voulu attribuer cette mort à notre parti politique, des gens ont dit que c'était la faute de Correa mais les proches de M. Villavicencio eux-mêmes accusent le gouvernement", botte en touche la candidate.
Donnée jusqu'à mi-juillet en tête des sondages, cette "chrétienne" affichée affirme ne pas craindre pour sa vie et refuse de porter un gilet pare-balles.
Q : L'Équateur est-il aujourd'hui un pays contrôlé par les trafiquants de drogue ?
R : "Oui, il y a une infiltration très sérieuse du gouvernement par les trafiquants de drogue. L'Equateur n'a jamais été un pays exportateur de cocaïne. Aujourd'hui, 60% de la drogue qui entre en Europe passe par le port d'Anvers (Belgique) à partir du port de Guayaquil (sud-ouest). Pourquoi ? Parce qu'aucune force publique ne contrôle la frontière (avec la Colombie, le principal producteur de cocaïne). Le président Rafael Correa s'est déjà réuni avec le président (de gauche) colombien (Gustavo) Petro pour commencer à travailler".
- "Un pays à genoux" -
Q : Pourquoi cette situation, selon vous ?
R : "C'est malheureux, mais lorsque vous construisez une maison, il vous faut des mois ou des années (...) Combien de temps vous faut-il pour la détruire ? Cela peut prendre une heure, deux heures, c'est ce qu'ils nous ont fait en Equateur (...) ils ont généré du chômage. Et quand le chômage augmente, la criminalité et la violence augmentent".
Q : Comment comptez-vous juguler la violence en seulement un an et demi de gouvernement ?
R : "Je l'ai dit clairement, il y a très peu de temps pour résoudre les problèmes du pays (...) Tout ce que nous avons fait en dix ans a été détruit en deux heures. Je trouve un pays à genoux, nous allons commencer à le remettre sur pied. En un an et demi, nous allons contrôler la sécurité dans le pays, les prisons, les frontières, nous allons aussi commencer à générer de la santé, de l'emploi, de l'éducation et nous allons aussi réduire la violence commune".
Q : Serez-vous indépendante de votre mentor Rafael Correa ?
R : "J'ai dit publiquement que l'un de mes conseillers serait Rafael Correa (...) le fait d'avoir un leader dans un parti politique ne signifie pas que ce leader va tout imposer. Dans (le parti) Révolution citoyenne, Rafael Correa n'a jamais rien imposé".
E.Flores--AT