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Sunak à Washington pour pousser les ambitions britanniques sur l'intelligence artificielle
L'Ukraine, le commerce et les ambitions du Royaume-Uni dans l'intelligence artificielle: le Premier ministre britannique Rishi Sunak est à Washington pour une visite de deux jours, destinée à réchauffer encore la relation avec le président Joe Biden.
Londres et Washington partagent déjà la même ligne sur le conflit en Ukraine, ou encore une position ferme contre la Chine, manifestée au travers d'une toute nouvelle alliance militaire à trois avec l'Australie.
La visite du chef de l'exécutif britannique doit marquer que la page est vraiment tournée, après ses prédécesseurs Boris Johnson et Liz Truss qui ont fait tanguer la relation bilatérale.
Il entend aussi affirmer plus généralement les ambitions du Royaume-Uni après le Brexit: sur le front en pleine ébullition de l'intelligence artificielle (IA), Rishi Sunak souhaiterait que le futur régulateur mondial du secteur soit basé à Londres, selon des médias britanniques.
"Le Royaume-Uni est bien placé pour jouer un rôle moteur. Après les Etats-Unis, nous sommes sans doute le pays démocratique le plus avancé en la matière. Nous avons une compétence en matière de régulation pour nos citoyens", a dit le dirigeant britannique à TalkTV.
Londres devra toutefois trouver sa place entre les Etats-Unis et l'Union européenne, qui tente de se positionner comme la grande entité productrice de normes pour la tech. Les Européens ont déjà engagé le dialogue avec Washington sur la régulation de l'intelligence artificielle.
La première étape de Rishi Sunak a été lourde en symboles: au lendemain du 79e anniversaire du débarquement allié en Normandie, le chef de l'exécutif britannique a déposé une gerbe sur la tombe du soldat inconnu au cimetière militaire d'Arlington, "en mémoire de ceux qui ont fait l'ultime sacrifice afin que nous vivions libres."
- Baseball -
Son programme mercredi prévoit une rencontre avec de grands patrons américains, des entretiens avec des élus du Congrès, et un match de baseball - où cet amateur de cricket se gardera toutefois de lancer la première balle.
C'est jeudi qu'il se rendra à la Maison Blanche pour affirmer à nouveau avec Joe Biden le soutien sans faille des deux pays à l'Ukraine après la destruction d'un important barrage hydroélectrique dans le sud du pays, dont s'accusent mutuellement Moscou et Kiev.
Dans un entretien avec ITV, tout en se gardant de désigner des responsables, Rishi Sunak a estimé que la Russie avait "une stratégie délibérée visant à attaquer les infrastructures civiles."
Sur le front du commerce, Rishi Sunak a renoncé à concrétiser rapidement l'ambition affichée depuis le Brexit par Londres d'arriver à un accord commercial avec l'administration Biden, qui a adopté une nouvelle doctrine industrielle peu propice au libre-échange.
"La relation (entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis) est très forte sur les fondamentaux: la défense, la sécurité, l'attitude face à la Chine", analyse Leslie Vinjamuri, directrice du programme sur les Etats-Unis et les Amériques au sein du groupe de réflexion Chatham House.
- Otan -
"Mais sur des sujets précis comme l'IA et le commerce, il est peu probable que (Joe) Biden lâche grand-chose à l'approche d'une année électorale décisive", estime-t-elle.
"Comme l'interopérabilité de nos armées nous a donné un avantage sur nos adversaires sur le champ de bataille, une plus grande interopérabilité économique nous apportera un avantage crucial pour les prochaines décennies", a toutefois plaidé dans un communiqué Rishi Sunak, ancien banquier d'affaires qui a étudié aux Etats-Unis et possède une propriété en Californie.
La direction future de l'Otan pourrait également être un sujet.
Selon plusieurs médias britanniques, Rishi Sunak va pousser la candidature de son ministre de la Défense Ben Wallace pour succéder au Norvégien Jens Stoltenberg, dont le mandat s'achève en octobre, et qui sera d'ailleurs reçu lundi prochain par Joe Biden.
La Maison Blanche se garde bien jusqu'ici de se prononcer officiellement sur le sujet. Sa porte-parole Karine Jean-Pierre, interrogée sur une prolongation du mandat de Jens Stoltenberg, a seulement déclaré mercredi que ce dernier avait fait un "travail remarquable" à la tête de l'alliance de défense occidentale.
Ch.P.Lewis--AT