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L'astronaute Sophie Adenot "au pied de l'Everest" en attendant, peut-être, la lune
"Je suis au pied de l'Everest" : la nouvelle astronaute française Sophie Adenot garde les pieds sur terre, même si elle pourrait un jour décrocher la lune.
Son premier voyage dans l'espace ne prendra pas corps avant 2026, au mieux, mais l'aventure commencera dès ce printemps, à Cologne (Allemagne), où cette quadra bardée de diplômes va "retourner à l'école".
"Je commence les cours le 3 avril, avec mes cahiers et mes classeurs. Je n'ai aucune autre certitude. C'est un grand bon dans l'inconnu. J'ai tellement de choses à apprendre", a-t-elle expliqué lundi lors d'une conférence de presse sur la base aérienne de Cazaux en Gironde.
C'est là, près du Bassin d'Arcachon, que cette lieutenant-colonel de l'armée de l'Air s'est formée comme pilote d'hélicoptère et a exercé comme pilote d'essai, totalisant 3.000 heures de vol.
Avec ses quatre camarades de la nouvelle promotion de l'Agence spatiale européenne (ESA), la deuxième astronaute française de l'histoire, après Claudie Haigneré, a trois ans pour se préparer à une mission sur la station spatiale internationale (ISS).
"L'ISS, c'est l'une des plus grandes avancées de l'humanité. C'est mon premier objectif. Ce ne sera pas avant 2026 mais ça pourrait aussi être 2030", relève Sophie Adenot en rappelant que "Thomas Pesquet a attendu sept ans" avant d'aller dans l'espace.
Le Français, qui a accédé à la célébrité avec sa mission sur l'ISS en 2016/2017, est désormais sur les rangs pour aller sur la lune.
S'il n'est pas exclu que Sophie Adenot, cheveux châtains attachés en queue de cheval et yeux noisette, foule un jour la surface de l'unique satellite naturel de la Terre, elle ne sera pas le premier "moonwalker" européen.
Ce privilège doit revenir à un membre de la promotion ESA 2009, celle de Pesquet, dans le cadre du programme américain Artemis qui vise à mettre un humain sur la lune pour la première fois depuis 1972.
- "Déclic" -
"La lune, bien sûr j'en rêve mais je n'ai pas envie d'en faire un objectif. On est tous là pour qu'un Européen aille sur la lune. Il n'y a pas de compétition entre nous, ce sera un travail d'équipe", confie la nouvelle astronaute, "passionnée de yoga" et de "sports d'extérieur", en montagne notamment.
Quant au voyage vers Mars, "ce sera plus sa génération!", s'exclame-t-elle en désignant Arnaud Prost, pilote de chasse de 30 ans assis à ses côtés et choisi par l'ESA comme astronaute de réserve.
Si la Bourguignonne de 40 ans, mariée et mère d'un jeune enfant, s'est sortie des impitoyables sélections de l'ESA parmi plus de 20.000 candidats, c'est peut-être en partie grâce à son "esprit d'équipe".
"Je sais que ça a été très regardé. On a vraiment été poussé dans nos retranchements dans ce domaine", souligne-t-elle, sans s'étendre.
Sophie Adenot qui ponctue ses réponses de chiffres -"J'aime ça, je suis une scientifique"- et même d'un anglicisme -"c'est surréel"- peut-être hérité d'études au prestigieux MIT près de Boston ou de sa formation au Royaume-Uni, entend être une "ambassadrice" de la science et de la technologie, notamment auprès des filles.
Elle assure qu'un voyage spatial de l'Italienne Samantha Cristoforetti, devenue récemment la première Européenne à prendre les commandes de l'ISS, avait entraîné une hausse de "15%" des inscriptions dans les filières scientifiques et techniques.
Pour elle, c'est le vol de la Française Claudie Haigneré qui a été un "déclic". Elle avait 14 ans. "Je me suis dit: +Tiens, il y a une femme!+ Je pensais que c'était inatteignable".
Au-delà de ce rôle, Sophie Adenot se réjouit aussi de pouvoir aider, de tout là-haut, à une meilleure marche de la planète, en contribuant à développer de nouvelles technologies.
"Dans l'ISS, un astronaute utilise cinq litres d'eau par jour, contre 100 litres pour quelqu'un sur Terre. C'est parce que presque tout est recyclé, même l'urine. Demain, ces technologies seront peut-être dans nos maisons."
F.Ramirez--AT