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Mondial féminin de basket: cette fois, pas de regrets pour les Bleues écrasées par les Américaines
Deux ans après avoir perdu d'un souffle en finale des Jeux olympiques de Paris (67-66), l'équipe de France féminine de basket-ball a été écrasée par les invincibles Américaines en finale de la Coupe du monde (97-79), dimanche à Berlin.
Le quatrième trophée dans la vitrine du basket français, aux côtés des trois championnats d'Europe (2001 et 2009 pour les femmes, 2013 chez les hommes), attendra.
Les Bleues devront se consoler par l'ovation du public et l'argent, la deuxième médaille de leur histoire, après celle en bronze ramenée du Chili par les pionnières de 1953.
Elle ne devrait pas les consoler, pas plus que le pedigree de leur bourreau, ces Américaines désormais quintuples championnes du monde de suite, et huit fois championnes olympiques de rang, séries en cours.
Les Françaises croyaient dur comme fer pouvoir être les premières à faire chuter les Etats-Unis en grande compétition (JO ou Mondial) depuis 2006.
Plus mûres individuellement et collectivement (8 des 12 joueuses étaient présentes aux JO), souveraines en attaque et en défense lors de leurs quatre premières rencontres, les Bleues étaient aussi gonflées de la confiance emmagasinée par leurs joueuses (8) évoluant en WNBA.
La grande majorité de leur première période, où elles ont été lancées par Gabby Williams (16 pts à la mi-temps, 20 au final) a nourri leurs espoirs d'exploit.
- Plusieurs tournants -
Mais un premier accroc a eu lieu en début de deuxième quart-temps, alors qu'elles menaient de 17 points (31-17, 13e). Migna Touré a commis une faute largement évitable après un tir primé de Jackie Young. Résultat: balle aux Américaines, fructifiée par la capitaine Breanna Stewart, impeccable (22 pts, 10 rebonds et 4 passes décisives), et retour facile sous les 10 points (31-22).
La fin de la première période a également été moins maîtrisée. Mais surtout les Bleues ont réalisé un troisième quart-temps catastrophique, perdu 30 à 12, où elles ont laissé les jouer dans un fauteuil les Américaines.
Celles-ci ont trouvé l'adressse à longue distance (8/19 dont 4/7 pour Jackie Young, 18 pts, et 2/3 pour Copper, 15 pts, et Caitlin Clark, 12 pts) recherchée depuis le début du tournoi et ont appuyé dans le secteur intérieur.
Pendant ce temps, l'équipe de France perdait son basket collectif, multipliant les approximations (16 pertes de balle) et les actions individuelles, et a laissé les Etats-Unis profiter d'un match offensif, alors qu'il y a deux ans elle était parvenue à les faire déjouer.
Dans une Uber Arena d'abord chauffée par les suppporters français puis réduite quasiment au silence, le match a été plié après une double faute, antisportive de Marine Johannès et Dominique Malonga. Elles ont offert quatre points d'un coup aux Américaines juste avant la fin du troisième quart-temps (71-54).
- Williams s'est éteinte -
Rayonnante et enfin constante lors des cinq premiers matches de la Coupe du monde, Johannès est elle complètement passée à côté de son match (5 pts et 5 pertes de balle), alors que Williams, ovationnée à sa sortie du court, a inscrit ses premiers points de la seconde période à un peu plus d'1 min 30 sec de la fin.
Malonga (21 pts et 6 rebonds), du haut de ses 20 ans, aura bien sonné en vain la révolte, rapprochant les Bleues à 14 longueurs (88-74) à un peu moins de trois minutes du buzzer.
L'hypothétique et improbable remontée aura fait long feu, puisque Kahleah Copper a dégainé dans la foulée une banderille de loin (91-74).
Au moins l'équipe de France a évité une véritable déroute qui n'aurait pas rendu justice à son parcours, et repart de Berlin avec beaucoup moins de regrets qu'elle n'avait quitté le parquet de Bercy il y a deux ans.
Cette défaite en finale a également pour conséquence de la priver d'un billet direct pour les Jeux Olympiques, où elles espèrent retrouver les Américaines chez elles, en 2028 à Los Angeles.
A.Moore--AT