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JO de Paris: les bateliers veulent savoir à "quelle sauce ils vont être mangés"
Pas question de rester à quai trop longtemps et de regarder passer les clients. Si les bateliers de la Seine ont conscience de "participer à un moment historique" avec les JO de Paris ils s'impatientent d'en savoir plus sur leurs conditions de travail estivales.
"On ne veut pas que notre effort soit sacrificiel", résume à l'AFP Olivier Jamey, président de la communauté portuaire de Paris (CPP), qui regroupe tant les bateaux mouche, que les restaurants ou encore les cimentiers du fleuve.
La Seine sera fermée à la navigation plusieurs jours car elle sera au coeur des JO.
D'abord le 26 juillet lors de la cérémonie d'ouverture qui se déroulera sur six kilomètres du fleuve, mais aussi lorsqu'elle accueillera deux épreuves olympiques, la natation en eau libre et le triathlon, sous l'un des ponts les plus célèbres de Paris, le pont Alexandre III.
- "Long et pénible" -
"C'est un moment historique pour la Seine mais on a fait d'énormes efforts", dit M. Jamey. "Ce qui est un peu long et pénible c'est la durée de gestation des informations", explique-t-il. "On atteint un peu nos limites, on a besoin d'anticiper pour bosser", renchérit Didier Leandri auprès de l'AFP, président d'entreprises fluviales de France (acteurs du transport fluvial).
Il faut dire que les déboires survenus pendant les tests de l'été 2023 avec l'annulation d'épreuves de natation en eau libre début août notamment pour cause de pollution du fleuve ont compliqué l'équation.
Fin janvier, explique Olivier Jamey, "les organisateurs nous ont annoncé qu'il y aura quatre après-midi supplémentaires" bloqués au titre des jours de report. En clair, pour parer à l'aléa qualité de l'eau, il faut prévoir plus de jours de décalage pour les épreuves.
Cela signifie, pour les bateaux promenades et touristiques qui travaillent beaucoup l'après-midi, qu'ils ne pourront pas caler de réservations ces jours là.
D'un autre coté, sous les coups de boutoir des céréaliers, la période de fermeture avant la cérémonie d'ouverture a été réduite à six jours et demi.
"Entre le contrat de départ et ce qui est en train de se passer on sent une vraie dérive", claque M. Leandri, qui pointe des "contraintes qui ne cessent d'augmenter" comme des "inspections techniques" de bateaux par exemple. "On a l'impression d'être pris dans un engrenage", décrit-il.
La question des "accès" aux ports, aux installations, aux quais est aussi une information très attendue notamment pour la filière BTP. "Nous n'avons pas non plus le périmètre de l'arrêt de navigation, on nous a dit que cela sera arrêté dans Paris mais on ne nous dit pas de où à où", ajoute M. Jamey.
De nombreuses discussions ont eu lieu avec la préfecture de région Ile-de-France (PRIF) qui gère le fleuve. La PRIF a précisé à l'AFP qu'elle "a donné les informations" concernant la navigation qui seront formalisées dans un document remis prochainement.
- Compensation financière ? -
De son côté, Evrard de La Haymade, co-fondateur de la compagnie Green River Cruises, dont cinq de ses bateaux électriques participeront à la cérémonie d'ouverture, est convaincu qu'elle "sera magique". Néanmoins, il commence lui aussi à s’inquiéter: "On nous a promis que ce serait une très belle année mais plus on avance dans le temps moins on en est sûr, car on ne sait pas a quelle sauce on va être mangé", dit-il à l'AFP.
"Entre mi-juillet et fin août c'est les mois où l'on travaille le plus", ajoute-t-il, craignant de devenir "la variable d'ajustement".
Peuvent-ils obtenir une compensation financière ? "On veut des réponses sur les questions d'indemnisation", confirme M. Leandri.
Côté Etat, soucieux de ne pas alourdir la facture publique des JO et de sortir le carnet de chèques, le mot d'ordre est uniquement des indemnisations a posteriori en cas de "préjudice anormal et spécial". "Le juste prix on est plus a l’aise pour le faire après", explique à l'AFP une source gouvernementale.
Mais tout le monde à intérêt à ce que les négociations se passent bien alors que Paris va accueillir le monde entier: "Au bord de l'eau, c'est le seul endroit où le Parisien sourit !", glisse Olivier Jamey.
Ch.P.Lewis--AT