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Handball: "Quand on vit sa dernière saison, il y a une forme de libération", dit Karabatic
"Quand on vit sa dernière saison, il y a une forme de libération", a reconnu vendredi Nikola Karabatic, 39 ans, qui prépare l'Euro de handball (10-28 janvier) avec l'équipe de France, premier sommet d'une année 2024 qui atteindra son paroxysme à Paris pour la quête d'un 4e sacre olympique.
QUESTION: Comment vous sentez-vous physiquement à ce stade de la saison ?
REPONSE: "J'ai eu la grippe il y a deux semaines et j'ai dû manquer deux matches, contre Aalborg et Cesson-Rennes, mais après j'ai pu bien reprendre, donc ça va. Je me sens très bien."
Q: La France n'a plus gagné l'Euro depuis dix ans, pourquoi cette compétition vous résiste plus que les autres ?
R: "Je ne sais pas... La dernière fois (en 2022, les Bleus avaient fini 4e, NDLR), c'était un Euro sous Covid, on avait beaucoup de blessés. Mais nous avions le niveau pour aller en finale, je ne sais pas pourquoi elle nous a échappé. Alors, on est certainement moins dominants qu'on a pu l'être, mais on reste toujours parmi les favoris. Et cet Euro, avec l'équipe qu'on a, on peut prétendre aux médailles, on peut aller chercher le titre."
Q: Le sélectionneur voit en vous un grand frère pour vos coéquipiers. Comment embrassez-vous ce rôle ?
R: "Je ne me considère pas ainsi, ni vieux ou pas vieux... Je n'ai jamais considéré que l'âge est un marqueur de différence entre les joueurs. Bien sûr, j'ai une longue histoire avec l'équipe de France, qui fait que je suis respecté et écouté par mes coéquipiers. On est là du fait de nos compétences et c'est comme ça que je me positionne, sur un même pied d'égalité par rapport aux autres. Mon rôle a finalement toujours été un peu le même, car j'ai eu le privilège d'entrer en équipe de France à 18 ans et suis devenu deux, trois ans après, un des leaders. La seule différence, c'est qu'avant je jouais une heure et maintenant ce n'est plus le cas. La charge est répartie et ça ne me pose aucun souci, je savoure toujours autant."
Q: Avec les Jeux olympiques de Paris en ligne de mire dans huit mois, cet Euro est-il différent des autres ?
R: "Non. Ce qui fait que cet Euro est spécial, c'est que si j'y vais, ce sera mon dernier. On essaie avec l'équipe et le staff de le rendre très important, bien qu'on soit en année olympique. On pourrait croire que les JO viendraient enlever un peu de pression dans l'approche de cet Euro, mais c'est tout l'inverse."
Q: Ce sera votre 11e Euro, en Allemagne, un pays que vous connaissez bien (il a joué à Kiel, NDLR). De quoi vous retourner vers le passé ?
R: "Non pas du tout. J'évite d'y penser. Ce n'est pas ce que j'aime faire, je veux me concentrer sur le présent, plutôt que passer à côté du bonheur que c'est de vivre pleinement cette ultime saison."
Q: Vous semblez la croquer à pleines dents, vous sentez-vous libéré de tout poids ?
R: "C'est sûr que quand on vit sa dernière saison il y a une forme de libération, car on sait que ça va s'arrêter ensuite. Quand on est sportif professionnel, on est toujours là à penser au match suivant, à la compétition suivante, on se met de la pression sur les performances personnelles, sur celles de l'équipe, donc oui là je me sens un peu libéré de tout ça et c'est agréable."
Q: Ce sentiment vous rend-il plus fort ?
R: "Non, car on ne peut pas être aussi fort à 40 ans qu'à 30, lorsque je pouvais jouer une heure par match, à faire de l'attaque-défense, sur 70 rencontres dans la saison. Ce n'est d'ailleurs pas ce qu'on me demande aujourd'hui. Là où je me sens très fort, c'est mentalement. Je gère beaucoup mieux la pression qu'avant, celle que je me mettais tout seul sur les épaules, quand je savais que je n'avais pas le droit à l'erreur, qu'à chaque match je devais être le meilleur joueur au monde. Ce n'est plus le cas, je goûte avec bien plus de plaisir d'être sur le terrain."
Propos recueillis en conférence de presse
D.Johnson--AT