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Mondial/Finale: le jour d'après !
Les Bleus avec un Kylian Mbappé héroïque rentrent en France lundi sans la couronne mondiale abandonnée à l'Argentine du génial Messi, à l'issue d'une extraordinaire finale à Doha.
La nuit risque d'être courte dans la capitale qatarie: bercée de rêves, de chants et de rires pour les Argentins, sacrés pour la troisième fois de leur histoire, et emplie de cauchemars, de regrets et de larmes pour les Français, qui ne rééditent pas l'exploit de 2018.
Cette finale de légende s'est jouée aux tirs au buts (4-2) à l'issue d'un scénario de folie : un doublé de Lionel Messi, meilleur joueur du tournoi, un triplé historique de Mbappé, meilleur buteur de la compétition, des Bleus menés 2 à 0 à la mi-temps mais qui reviennent au score en moins de deux minutes (80e et 81e, 2-2), une prolongation étouffante avec deux nouveaux buts (3-3).
- Messi comme Maradona -
Avec ce premier titre mondial, comme Maradona en 1986, Messi, 35 ans, va encore être un peu plus adulé chez lui en Argentine.
Le coéquipier de Mbappé au Paris SG a d'ailleurs confié qu'il comptait "vivre quelques matches de plus en étant champion du monde". En voyant la liesse des supporters argentins au pays et dans le stade de Lusail, le retour à Buenos Aires lundi soir promet des heures, voire des jours de festivités.
Car maintenant il va falloir rentrer et récupérer.
"On est vidé, on a tout donné, on est allé au bout de nous-mêmes. On est triste, mais fier", a glissé le défenseur Raphaël Varane après la rencontre.
Selon la Fédération française de football, les Bleus quittent Doha à 13h30 par un avion Air France spécialement affrété pour une arrivée à 18h00, heure française, à l'aéroport de Roissy.
Aucune information n'était disponible en revanche sur leur programme après l'arrivée. La suite sera "communiquée ultérieurement", a indiqué la même source.
Ils ne devraient pas faire de détour par l'Élysée, puisque Emmanuel Macron se rend lundi sur le porte-avions français Charles-de-Gaulle au large de l'Égypte pour la traditionnelle fête de Noël avec les troupes.
Le Président a toutefois assuré qu'il recevrait les Bleus mais sans préciser de date. Sûrement plus tard.
- Didier Deschamps a "la main" -
Plus tard, c'est également le rendez-vous qu'a donné, pour évoquer son avenir, Didier Deschamps, dont le contrat à la tête de l'équipe de France se termine fin décembre.
"J'aurai rendez-vous en début d'année avec mon président (de Fédération, Noël Le Graët, NDLR), et puis, vous saurez", a-t-il répondu en conférence de presse dimanche soir après la finale.
Noël Le Graët avait prévenu que Deschamps aurait "la main" en cas de qualification pour les demi-finales.
Mais ce match de légende, disputé devant 89.000 personnes en délire devant le scénario, ne doit pas faire oublier le reste.
Ce Mondial-2022 fut bien celui de la démesure, avec entre 200 et 300 milliards d'euros investis selon les estimations et sept des huit stades sortis du sable qatari pour l'occasion.
Pour que tout le monde se retrouve dans ce petit état gazier, grand comme la région parisienne, il a fallu mettre entre parenthèse les Championnats nationaux à l'approche de l'hiver et ainsi éviter les températures insupportables en plein été.
Et puis il y eut les polémiques.
- Cap sur les Amériques -
Des accusations de corruption, d'abord, liées à l'obtention surprise en 2010 de l'organisation du Mondial-2022 aux dépens des États-Unis. Des enquêtes judiciaires sont en cours dans plusieurs pays.
Les droits humains, notamment le traitement réservé aux travailleurs migrants d'Asie du Sud et d'Afrique employés dans les chantiers, la sécurité et les services, ont aussi été au cœur des discussions, malgré les démentis qataris.
Les autorités de Doha nient que des milliers d'entre eux aient trouvé la mort sur les chantiers du Mondial, avançant le chiffre d'un total de 414 décès dans des accidents du travail (principalement hors Mondial) entre 2014 et 2020.
Les droits LGBT+ ont été également un sujet de controverses dans un pays très conservateur où homosexualité et relations sexuelles hors mariage sont illégales.
Enfin, l'environnement a aussi été un sujet de reproches, avec notamment l'empreinte carbone laissée au Qatar avant et pendant la Coupe du monde.
Et au moment de tourner la page de ce Mondial et avant de penser au suivant qui promet aussi quelques polémiques, entre trois pays organisateurs, les États-Unis, le Mexique et le Canada et 48 pays qualifiés, contre 32 au Qatar, les joueurs vont devoir se reconcentrer sur leur quotidien en club.
Après quelques jours de congés, Messi et Mbappé devraient avoir de quoi discuter dans les vestiaires du Paris SG dans les prochaines semaines.
G.P.Martin--AT