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Dans un hôpital dévasté du sud du Liban, "un message de vie et d'espoir"
A l'hôpital Jabal Amel de Tyr dans le sud du Liban, dévasté par une frappe israélienne qui a blessé 39 membres du personnel, le docteur Nasser Masri porte mardi dans ses bras un bébé qui vient de naître: "un message de vie et d'espoir".
"Malgré tout ce qu'il s'est passé hier, un accouchement programmé était prévu (...) et la mère a tenu à mettre au monde son bébé ici envers et contre tout", dit-il.
La frappe qui a détruit des bâtiments proches de l'hôpital a tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel: quatre médecins, 27 infirmiers et huit membres du personnel, selon le ministère de la Santé.
Parmi eux, quatre sont aux soins intensifs dans un état critique.
Dans des chambres de l'hôpital, des éclats de verre et débris jonchent le sol, et les câbles électriques pendent de plafonds éventrés.
A l'instar du médecin, les membres du personnel de l'hôpital Jabal Amel se disent déterminés à poursuivre leur travail, malgré les frappes israéliennes qui dévastent la ville millénaire de Tyr.
Des employés nettoient les couloirs, d'autres récupèrent les médicaments et équipements encore intacts.
"Deux heures après les frappes, nous avons recommencé à travailler normalement", assure le médecin.
- "Nous tenons bon" -
Aux abords de l'hôpital, un immeuble est entièrement effondré, d'autres sont gravement endommagés et des pelleteuses dégagent les décombres.
Le toit du parking de l'établissemet s'est effondré sur plusieurs véhicules qui étaient stationnés et la devanture de l'hôpital est soufflée.
"Ce ne sont pas les bâtiments résidentiels qui étaient ciblés, mais l'hôpital Jabal Amel, pour le mettre hors service", soutient le chef du service de maintenance de l'hôpital, Mohammad Derbage, qui inspecte les dégâts dans la cour.
"Mais nous tenons bon et ce qui s'est passé renforce notre détermination", ajoute-t-il.
La direction "a pris la décision hier de rouvrir l'hôpital (...) Nous travaillons jour et nuit pour le remettre sur les rails", poursuit M. Derbage.
"Deux des trois hôpitaux de Tyr - Jabal Amel et Hiram – sont endommagés mais continuent de fonctionner, et le troisième est submergé par un afflux de patients", a indiqué mardi Abdinasir Abubakar, le représentant au Liban de l'Organisation mondiale de la Santé.
La ville côtière a été visée par des violentes frappes israéliennes dimanche, qui ont blessé 13 membres du personnel de l'hôpital Hiram.
Malgré des ordres d'évacuation répétés de l'armée israélienne, plusieurs milliers de personnes sont restées, des habitants mais aussi des déplacés des villages voisins.
Le troisième établissement de Tyr, l'hôpital libano-italien, avait été endommagé par deux frappes israéliennes début avril.
Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars, 17 hôpitaux ont été endommagés par les frappes israéliennes et trois autres ont fermé, selon le ministère de la Santé, qui recense 128 secouristes et personnels de santé tués.
L'unité de soins intensifs de l'hôpital Jabal Amel a été particulièrement endommagée par la frappe lundi et des patients qui s'y trouvaient ont dû être transférés, explique le chef de cette unité, Hassan Kassir.
"Je ne m'attendais pas à de tels dégâts", dit le médecin, "mais malgré tout nous continuons (..) c’est notre devoir".
Zainab Fakih, qui travaille au laboratoire de l'hôpital, est encore sous le choc de la frappe.
"On pensait qu'ils ne frapperaient pas les environs d'un hôpital. Nous avons eu très peur (..) nous avons ouvert les portes et les pierres sont tombées sur nous, heureusement personne n'a été blessé", dit la jeune femme en blouse blanche.
"Malgré cela, nous somme venus (mardi) parce que c'est notre travail".
R.Lee--AT