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Les Etats-Unis accusent la Corée du Nord de "tourner en ridicule" le Conseil de sécurité de l'ONU
Les Etats-Unis ont dénoncé vendredi les tirs répétés de missiles par la Corée du Nord qui "tournent en ridicule" le Conseil de sécurité de l'ONU, avec la complicité de la Russie et de la Chine proches de Pyongyang.
Plus tôt, l'armée sud-coréenne avait annoncé avoir déployé des avions furtifs, après avoir détecté 180 avions de combat nord-coréens, nouvel épisode de la spectaculaire montée des tensions dans la péninsule coréenne où Séoul et Washington conduisent des exercices militaires conjoints.
Juste avant cette réunion, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait exhorté, par la voix de son porte-parole, à ce que "la Corée du Nord s'abstienne immédiatement de tout acte de provocation et se conforme pleinement à ses obligations découlant des résolutions du Conseil de sécurité".
- Confrontation -
Le chef de l'ONU "est profondément préoccupé par les tensions sur la péninsule coréenne et la poussée d'une rhétorique de confrontation", a insisté son porte-parole Stéphane Dujarric.
De fait, l'état-major interarmées de Séoul a affirmé que ses forces avaient "détecté environ 180 avions de combat nord-coréens" mobilisés dans l'espace aérien de Pyongyang.
Séoul a "déployé 80 avions de chasse, dont des F-35A". Les avions mobilisés pour les exercices militaires avec les Etats-Unis sont également "prêts" à décoller, selon la même source.
Ces exercices aériens conjoints ont été prolongés jusqu'à samedi après le tir apparemment raté jeudi d'un missile balistique intercontinental (ICBM) par la Corée du Nord.
Ils sont parmi les plus importants jamais réalisés, avec des centaines d'avions de guerre impliqués de part et d'autre.
La prolongation de ces exercices est "un choix très dangereux et mauvais", a fustigé le régime nord-coréen qui a tiré trois missiles balistiques à courte portée jeudi soir.
Peu après, à partir de 23H28 en Corée jeudi, l'armée du Sud a détecté environ 80 tirs d'artillerie par le Nord dans une "zone tampon" maritime depuis la région de Kumkang, dans la province de Kangwon sur la côte est du pays.
Ce tir de barrage est "une claire violation" de l'accord inter-coréen de 2018 qui a établi ces zones tampon afin de réduire les tensions entre les deux parties, a tonné l'état-major sud-coréen.
Pyongyang a tiré une trentaine de missiles mercredi et jeudi, dont un a terminé sa course près des eaux territoriales du Sud pour la première fois depuis la fin de la guerre de Corée en 1953.
Le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a parlé d'une "invasion territoriale de fait".
- Provocations continues -
Baptisés "Vigilant Storm" ("Tempête vigilante"), les exercices américano-sud-coréens constituent "une manœuvre militaire agressive et provocatrice visant la République populaire et démocratique de Corée", a dénoncé mercredi de son côté le régime nord-coréen qui a menacé Séoul et Washington de "payer le plus horrible prix de l'histoire".
La Corée du Nord considère depuis toujours les manœuvres militaires américano-sud-coréennes comme des répétitions générales à une invasion de son territoire ou à un renversement de son régime.
Des analystes attribuent la réaction particulièrement furieuse de Pyongyang cette fois-ci à l'utilisation, pendant "Tempête Vigilante", d'avions furtifs de pointe F-35A et F-35B, perçus comme un outil idéal pour mener des "frappes de décapitation" éclair contre des dirigeants nord-coréens.
La Corée du Nord avait déjà, en septembre, révisé sa doctrine nucléaire pour s'autoriser à mener des frappes préventives en cas de menace existentielle contre le régime de Kim Jong Un.
Si le "système de commandement et de contrôle" nucléaire de la Corée du Nord est "mis en danger par une attaque de forces hostiles, une frappe nucléaire sera lancée automatiquement et immédiatement", précise la nouvelle doctrine.
Séoul et Washington avertissent depuis des mois que la Corée du Nord s'apprête à réaliser un essai nucléaire, qui serait son septième.
L'armée sud-coréenne va aussi procéder la semaine prochaine à son exercice annuel "Taegeuk" destiné à "améliorer la performance en temps de guerre" et la gestion de crise.
Il s'agit d'un exercice simulé par ordinateur mené pour renforcer "la capacité à mener des missions pratiques en prévision de diverses menaces telles que les armes nucléaires, les missiles et les récentes provocations de la Corée du Nord", selon l'armée sud-coréenne.
burs/nr/rle
J.Gomez--AT