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Au Danemark, la Garde nationale s'entraîne face à une menace plus réelle
A l'orée d'une forêt, une compagnie de la Garde nationale danoise dirigée par Jess Nielsen entend un bruit suspect : c'est le signal d'une attaque, point d'orgue d'un week-end d'entraînement.
Les soldats se dispersent en deux groupes à travers les arbres et répondent aux tirs des assaillants dont ils finissent par venir à bout.
Cet exercice fait partie de la mission "Blåtand" (Bluetooth) qui a rassemblé plus d'un millier de soldats de la Garde nationale à travers le pays, à l'heure où la situation géopolitique génère de nouvelles missions et ravive l'intérêt pour cette force militaire de réserve.
Depuis début 2026, 1.500 bénévoles ont rejoint la force, un afflux comparable à celui enregistré dans les années 80.
Sur l'île de Funen, où opère la compagnie de Jess Nielsen, les hommes se sont entraînés à la protection des infrastructures critiques et au combat.
A Odense, troisième ville du Danemark, ils ont notamment protégé la station de télévision TV2 Fyn avant de monter un camp dans un champs pour la nuit.
"Nous avons travaillé d'après plusieurs scénarios au cours desquels nous nous sommes améliorés en nous exerçant", explique Daniel Sommer, 26 ans, ouvrier du bâtiment dans le civil.
Pour son chef, le weekend a été "très, très bon".
"Il y a de petites choses sur lesquelles nous pouvons nous améliorer", reconnaît Jess Nielsen.
"Notamment la façon d'agir dans un poste de contrôle (...) et s'il se produit des actes d'agression contre notre zone, comment nous réagissons face aux menaces qui se présentent".
- "Plus de sérieux" -
Pour le chef de la Garde nationale danoise dans la région, l'implication des soldats se renforce.
"C'est de l'entraînement, mais l'idée même que cela puisse réellement arriver est devenue plus présente", constate Gert Knudsen.
"Tout le monde comprend que lorsque les menaces sont plus élevées, c'est sérieux. Et c'est pour ça que nous le faisons probablement avec un peu plus de sérieux qu'auparavant, parce que maintenant, nous savons que d'ici peu, nous pourrions devoir être là dehors et être réellement capables de faire cela", ajoute-t-il.
Grand soutien de l'Ukraine, le Danemark a récemment accru ses dépenses de défense.
"Avec les nouvelles unités que les forces armées sont en train de mettre en place, par exemple une défense aérienne au sol, il y a toute une série de nouveaux éléments à intégrer à l'exercice", note le militaire.
Fondée en 1949, la Garde nationale est le quatrième pilier des forces armées danoises et agit en soutien des forces armées régulières.
Elle compte actuellement 13.400 soldats bénévoles.
- Une force qui trouve sa place -
Jess Nielsen a rejoint la Garde nationale il y a 14 ans, après avoir servi plusieurs années dans l'armée.
Pour ce blond débonnaire, l'opinion des gens sur la force a considérablement changé ces dernières années.
"Les gens ont ouvert les yeux sur le fait que nous ne sommes pas juste des types qui courent partout en jouant à des jeux", souligne-t-il.
L'an dernier, il a consacré 1.200 heures à la garde nationale.
"Nous avons réellement une mission et nous pouvons être mobilisés si quelque chose se produit", insiste le gradé.
Pour Daniel Sommer, s'engager il y a deux ans a permis de garder un lien avec la vie militaire à la fin de sa conscription.
"Le service me manquait un peu (...) j'ai pensé que c'était un bon endroit pour commencer et tenter l'expérience, puisque je pouvais faire cela en parallèle de mon travail".
D'une manière générale, la situation sécuritaire dans le monde a eu un effet positif sur le recrutement.
"Beaucoup de personnes s'engagent parce qu'elles voient bien à quoi ressemble le monde, et elles souhaitent faire leur part", conclut Gert Knudsen.
N.Mitchell--AT