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Les JO-2030, champ de bosses devenu infranchissable pour Edgar Grospiron
Plombé par une crise de gouvernance, Edgar Grospiron a démissionné jeudi de la tête du comité d'organisation des JO-2030, estimant que "les conditions n'étaient plus réunies" pour lui permettre de mener le projet, à trois ans et demi de la cérémonie d'ouverture.
"Oui, il y a eu des obstacles. Oui, il y a eu des accrochages. Oui, il y a eu des décisions difficiles à prendre", a admis l'ancien champion olympique de ski de bosses sur son profil LinkedIn, tenant à rappeler la "temporalité extrêmement courte" de ces Jeux d'hiver obtenus en juillet 2024 par la France après une candidature express.
Edgar Grospiron n'était pas présent lors de la réunion jeudi après-midi des parties prenantes d'Alpes 2030 - l'Etat, les comités olympique et paralympique ainsi que les régions organisatrices Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur - qui devaient se prononcer sur son avenir.
Réunis en bureau exécutif, les principaux acteurs de ces Jeux ont estimé que sa décision "de quitter la présidence s'inscrit dans une transition choisie, organisée et assumée, dans l'intérêt du projet et de sa gouvernance. Elle traduit une volonté partagée avec les parties prenantes de permettre à l'organisation d'entrer rapidement dans cette nouvelle phase opérationnelle".
Un an et demi après son arrivée à la tête du Cojop, le Haut-Savoyard, âgé de 57 ans, a été poussé vers la sortie en raison d'une perte de confiance des parties prenantes, usées par une crise de gouvernance sans fin.
En décembre dernier, la démission de la directrice des opérations, Anne Murac, avait marqué le début d'une série noire de départs qui avait culminé avec celui du numéro deux de l'instance Cyril Linette, annoncé en pleins Jeux d'hiver de Milan-Cortina et justifié par des "désaccords insurmontables" avec Edgar Grospiron.
- Organiser l'intérim -
Mission d'inspection générale, recommandations d'un ancien de Paris-2024, intérim de l'ex-préfet Michel Cadot puis arrivée du préfet Vincent Roberti comme nouveau directeur général: aucun remède n'aura réussi à remettre la gouvernance sur de bons rails.
Et les bonnes nouvelles du début d'été - dévoilement des emblèmes, annonce d'EDF comme premier sponsor premium, bouclage de la carte des sites olympiques - n'auront pas réussi à sauver le siège d'Edgar Grospiron.
Au-delà de tensions en interne, il a dû affronter des luttes d'influence politique et des crispations avec certains acteurs en région vivant mal la volonté de certains responsables parisiens de transplanter dans leurs territoires de montagne l'expérience de Paris-2024.
Sa gestion managériale et sa vision de la gouvernance sont aussi pointées par ses détracteurs qui le décrivent comme "n'en faisant qu'à sa tête" et "n'écoutant rien".
Le dernier bureau exécutif avant la trêve estivale, fin juillet, avait achoppé sur deux nominations de cadres proposées par Edgar Grospiron. Les parties prenantes des JO avaient exprimé des désaccords sur les profils pressentis, le président de la région Aura Fabrice Pannekoucke ayant même claqué la porte avant d'assister à la suite de la réunion en visio.
Un audit sur le climat social a été mené auprès de la centaine de salariés de l'instance ces dernières semaines, et ses conclusions doivent être rendues cette semaine.
Le Cojop a précisé jeudi qu'une assemblée générale extraordinaire se tiendrait lundi afin "d'organiser l’intérim, jusqu’à la désignation prochaine d’une ou d’un nouveau président pour les JO".
W.Moreno--AT