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La pluie d'hommages se poursuit pour Elizabeth II
La pluie d'hommages pour saluer la mémoire d'Elizabeth II se poursuit vendredi dans le monde, au lendemain de son décès.
Adressant "leurs pensées" à la famille royale et aux Britanniques, chefs d'Etat ou de gouvernement se sont dits personnellement affectés par la mort de la souveraine qui, en 70 ans de règne, a rencontré quasiment tous les grands responsables de la planète.
Minute de silence à l'ONU, tour Eiffel privée de ses lumières, drapeaux en berne sur la Maison Blanche mais aussi au Japon ou au sultanat d'Oman, jours de deuil au Brésil, en Jordanie ou à Cuba... les marques de respect se sont multipliées aux quatre coins du globe.
- "Grâce", "dignité", "sens du devoir" -
Le président américain Joe Biden a salué "une femme d'Etat d'une dignité et d'une constance incomparables" qui était "plus qu'une monarque. Elle incarnait une époque".
Son règne est défini par la "grâce, l'élégance et un sens du devoir inaltérable", a renchéri l'ex-locataire de la Maison Blanche Barack Obama.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a également noté "la grâce, la dignité et le dévouement" d'Elizabeth II.
"Il n'y a pas de mots pour rendre hommage, même partiellement, à l'importance primordiale de cette reine, à son sens du devoir, à son intégrité morale, à son dévouement et à sa dignité", selon l'ex-chancelière allemande Angela Merkel.
- Consensus -
La mort d'Elizabeth II a mis d'accord même les pires ennemis.
Pour le président russe Vladimir Poutine, "pendant de nombreuses décennies, Elizabeth II jouissait à juste titre de l'amour et du respect de ses sujets, ainsi que d'une autorité sur la scène mondiale".
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déploré "une perte irréparable".
Aux Etats-Unis l'ex-président républicain Donald Trump a abondé dans le sens des démocrates Joe Biden et Barack Obama, estimant qu'elle laisse "un extraordinaire héritage de paix et de prospérité".
- "Amie" -
"Je garde le souvenir d'une amie de la France, une reine de coeur qui a marqué à jamais son pays et son siècle", a réagi le président français Emmanuel Macron.
Elle était aussi "une amie remarquable de l'Irlande", selon son président Michael D. Higgins, et "une présence constante" dans la vie des Canadiens qui la "chériront toujours", d'après le Premier ministre Justin Trudeau.
- "Tristesse" -
"Profondément attristé", le pape François a fait savoir qu'il priait pour Elizabeth II et Charles III.
En Inde, le Premier ministre Narendra Modi s'est dit "peiné par sa disparition". Le gouvernement argentin a exprimé son "chagrin", les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et cubain Miguel Diaz-Canel leur "tristesse".
"Elle nous manquera terriblement", a prédit la reine du Danemark Margrethe II.
"Son décès est une immense perte pour le peuple britannique", a estimé le président chinois Xi Jinping.
Le Maroc perd "une grande amie spéciale", a assuré son roi Mohammed VI, exprimant sa "profonde tristesse" et rappelant l'attachement de la reine à "renforcer l'amitié de longue date entre nos deux monarchies séculaires".
- Historique -
Le roi des Belges Philippe et son épouse ont rendu hommage à "une monarque d'exception qui a profondément marqué l'Histoire".
Le grand-duc Henri du Luxembourg s'est dit "profondément attristé", assurant que son pays n'a "jamais oublié" le soutien du Royaume-Uni à sa famille, accueillie à Londres après l'invasion allemande en 1940.
Pour le roi d'Espagne Felipe VI, elle a "écrit les chapitres les plus pertinents de l'Histoire" depuis 70 ans.
Elle a symbolisé "la réconciliation" avec l'Allemagne, contribuant à "panser les plaies" de la Seconde guerre mondiale, a souligné le président allemand Frank-Walter Steinmeier.
Au Japon, l'empereur Naruhito a salué ses "nombreuses réalisations et contributions" et le Premier ministre Fumio Kishida a rappelé qu'elle avait "joué un rôle extrêmement important pour la paix et la stabilité mondiales".
Son souvenir "restera gravé en lettres d'or dans les annales de l'histoire mondiale", pour le président du Pakistan Arif Alvi.
"Sa vie et son héritage resteront gravés dans les mémoires à travers le monde", a renchéri le président sud-africain Cyril Ramaphosa.
- "Modèle" -
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué "un modèle de continuité".
"Tout au long de sa riche carrière, elle a été une source d'inspiration et de noblesse", a renchéri l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani. Pour le roi Salmane d'Arabie Saoudite, c'"était un modèle de leadership qui restera immortel dans l'histoire".
Elle "symbolisait la dévotion et l'amour pour sa patrie", selon le Premier ministre israélien Yaïr Lapid.
Pour le président philippin Ferdinand Marcos, "elle a montré au monde l'exemple de la grande dignité d'un vrai monarque, de son sens du devoir et de son dévouement envers tous ses sujets".
Au Kénya, où elle avait appris la mort de son père en 1952, le président sortant Ujuru Kenyatta l'a qualifiée d'"immense icône du service désintéressé pour l'humanité" et le président élu William Ruto a souhaité "que son souvenir continue de nous inspirer".
- Souvenirs -
De Joe Biden, qui l'avait rencontrée pour la première fois en 1982, à Angela Merkel qui a évoqué "l'honneur de la recevoir" une dernière fois à la fin de son mandat l'an dernier, plusieurs personnalités ont partagé leurs souvenirs de la reine, y compris dans des enceintes inattendues.
Le footballeur Pelé a ainsi révélé être un "grand admirateur" de la reine depuis son séjour au Brésil en 1968, où elle avait assisté à un match dans un stade Maracana bondé.
"Nous nous rappellerons toujours d'elle avec affection, surtout qu'elle a vécu ici quand elle était une petite princesse", a tweeté le Premier ministre de Malte Robert Abela.
Nelson Mandela et la reine s'appelaient par leurs prénoms, rare privilège, a rappelé la fondation du héros de la lutte contre l'apartheid. Il l'avait surnommée "Motlalepula", qui signifie "venue avec la pluie", évocation d'une visite d'Etat en 1995 assortie de pluies torrentielles.
A.Ruiz--AT