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L'Ukraine revendique des avancées dans le nord-est, réunion des ministres de la Défense alliés
L'armée ukrainienne revendique des avancées sur le front du nord-est, avec la reprise de plusieurs localités de la région de Kharkiv, au moment où s'ouvre jeudi en Allemagne une réunion des ministres de la défense des pays alliés pour organiser leur soutien aux capacités militaires ukrainiennes.
"Cette semaine, nous avons de bonnes nouvelles de la région de Kharkiv", a déclaré le président Volodymyr Zelensky dans son discours vidéo du soir diffusé sur les réseaux sociaux. Refusant de les nommer, il a évoqué des "localités où le drapeau ukrainien est revenu".
Des observateurs avaient fait état ces derniers jours d'une percée des forces ukrainiennes dans la région de Kharkiv, sans que ces informations soient toutefois vérifiables de source indépendante.
La région de Kharkiv est en partie occupée par l'armée russe depuis le début, le 24 février, de l'invasion. La ville du même nom, la deuxième plus grande d'Ukraine, est régulièrement visée par des bombardements meurtriers, mais les forces de Moscou n'ont jamais réussi à s'en emparer.
Jeudi, le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin accueillera sur la base américaine de Ramstein, dans l'ouest de l'Allemagne, ses homologues des pays alliés pour discuter de la situation en Ukraine et organiser le soutien aux forces de Kiev.
L'Ukraine mène depuis la semaine dernière une contre-offensive dans le sud de son territoire, et le président Zelensky a affirmé à maintes reprises vouloir reprendre "toutes les régions sous occupation russe", y compris la Crimée, annexée par la Russie en 2014.
- "Transferts forcés d'enfants" -
Mecredi, devant le conseil de sécurité de l'ONU, la sous-secrétaire générale des Nations unies pour les droits de l'Homme, Ilze Brands, a par ailleurs fait état d'"accusations crédibles" sur des "transferts forcés d'enfants non accompagnés vers le territoire occupé par la Russie ou vers la Fédération de Russie elle-même".
"Nous sommes inquiets du fait que les autorités russes aient adopté une procédure simplifiée pour accorder la nationalité russe aux enfants qui ne sont pas sous la garde de leurs parents, et que ces enfants soient éligibles à l'adoption par des familles russes", a-t-elle ajouté.
Les Etats-Unis, à l'origine de cette réunion du Conseil de sécurité avec l'Albanie, ont accusé mercredi le bureau du président russe Vladimir Poutine d'organiser directement le déplacement forcé de milliers d'Ukrainiens vers la Russie.
Des opérations réalisées "dans le cadre de ses efforts visant à annexer des parties de territoires de l'Ukraine sous son contrôle", a estimé un porte-parole adjoint de la diplomatie américaine.
L'ambassadeur russe à l'ONU Vassili Nebenzia a rejeté en bloc toutes ces accusations "infondées", qu'il a qualifiées de "légende".
A Moscou, le parti de Vladimir Poutine, Russie Unie, a proposé d'organiser le 4 novembre des référendums dans les territoires sous contrôle russe en Ukraine, en vue de les rattacher à la Russie.
- Gaz: nouvelles tensions UE-Russie -
La tension est encore montée mercredi entre Moscou et l'UE sur les livraisons de gaz russe, Vladimir Poutine menaçant de cesser toute livraison d'hydrocarbures en cas de plafonnement des prix, un projet relancé le même jour par Bruxelles.
Plafonner les prix des hydrocarbures russes serait "une bêtise", a-t-il lancé au cours d'un forum économique à Vladivostok (Extrême-Orient russe).
"Nous ne livrerons rien du tout si c'est contraire à nos intérêts, en l'occurrence économiques. Ni gaz, ni pétrole, ni charbon (...). Rien", a ajouté le président russe.
"Au début de la guerre, le gaz russe par gazoduc représentait 40% de tout le gaz importé (par l'UE). Aujourd'hui, il n'en représente que 9%", a souligné Mme von der Leyen.
Dans son intervention, Vladimir Poutine s'en est également pris à la "fièvre de sanctions" occidentales, qui ne parviendront pas selon lui à "isoler la Russie".
Il a insisté sur le renforcement des liens avec l'Asie, la Chine en particulier, face à "l'agression technologique, financière et économique de l'Occident".
M. Poutine a par ailleurs affirmé que les exportations de céréales ukrainiennes allaient majoritairement vers les pays européens et non pas vers les pays pauvres, ce qui crée selon lui un risque de "catastrophe humanitaire".
L'Ukraine a réfuté mercredi ces accusations, rétorquant que les deux tiers des livraisons partaient vers des pays d'Afrique et d'Asie.
Les craintes autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée depuis six mois par les forces russes continuent par ailleurs de rester vives.
Dans un communiqué, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a déclaré mercredi soir que "de nouveaux bombardements ont endommagé une ligne électrique de secours" de cette centrale, "sans impact immédiat sur les opérations courantes" de ce complexe de six réacteurs.
Un accident nucléaire aurait "des conséquences non seulement pour l'Ukraine, mais aussi, clairement, des conséquences au-delà des frontières", a averti Oleg Korikov, le responsable de l'agence ukrainienne de sécurité nucléaire.
Plus grande centrale nucléaire d'Europe, Zaporijjia subit des frappes dont Kiev et Moscou s'accusent mutuellement.
Le patron de l'opérateur public ukrainien Energoatom, Petro Kotine, a souhaité mercredi que cette centrale soit placée sous la protection d'un "contingent de maintien de la paix".
T.Sanchez--AT