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Royaume-Uni: face à la crise, Liz Truss refuse de taxer les compagnies énergétiques
Face à l'ampleur de crise du coût de la vie au Royaume-Uni, la nouvelle Première ministre Liz Truss a promis d'annoncer des mesures dès jeudi mais exclu de taxer les compagnies énergétiques pour les financer, lors de son premier duel avec le chef de l'opposition.
Au lendemain de sa prise de fonction à Downing Street, elle a assuré mercredi devant les députés qu'elle comptait faire face aux "défis" du Royaume-Uni "à une période vitale". Elle a indiqué qu'elle reviendrait le lendemain avec un plan pour lutter contre l'envolée des factures d'énergie qui écrase les ménages avec une inflation dépassant déjà les 10%.
Jusque-là restée muette sur la nature concrète de ses projets, Liz Truss, qui en campagne a dit préférer les baisses d'impôts à la redistribution, pourrait décider selon la presse d'un gel des factures d'énergie -censées augmenter de 80% à partir d'octobre.
"L'argent doit bien venir de quelque part", l'a interpellée le chef du parti travailliste Keir Starmer. "Elle est la quatrième Première ministre conservatrice en six ans, le visage peut changer mais l'histoire reste la même", a-t-il déploré, l'accusant de vouloir faire porter le fardeau de son plan aux finances publiques plutôt que de ponctionner les profits des entreprises.
- Mauvais sondages -
"La vérité, c'est que ce pays ne trouvera pas le chemin de la croissance par les taxes (...) mais en attirant les investissements, en baissant les taxes et en agissant plus vite", a répliqué Liz Truss, plutôt à l'aise dans l'exercice, mettant en avant les dangers d'une fiscalité "au même niveau que la France".
"Deliver" ("Agir"), c'est ce que répète inlassablement depuis deux mois Liz Truss, fervente libérale âgée de 47 ans qui se revendique régulièrement de Margaret Thatcher.
Mardi lors de son premier discours au 10, Downing Street, elle a assuré que le pays pouvait "sortir de la tempête", une formule reprise mercredi en Une de nombreux journaux britanniques.
Le pari n'est pas gagné pour l'ancienne cheffe de la diplomatie, d'autant qu'elle ne doit plus convaincre seulement la base du parti conservateur qui l'a élue cet été, mais s'adresser à tous les Britanniques. Elle arrive au pouvoir avec une très faible popularité, et ce à deux ans d'élections législatives où les travaillistes sont donnés gagnants.
Alors que la majorité des députés conservateurs aurait préféré que son rival Rishi Sunak devienne chef du gouvernement, elle va aussi devoir rassembler tant bien que mal un parti divisé après 12 années au pouvoir.
- Grèves -
Elle doit aussi faire face à une grogne sociale inédite depuis les années Thatcher, les grèves se multipliant ces dernières semaines dans de nombreux secteurs pour réclamer des hausses de salaires à la hauteur de l'inflation.
A peine nommée cheffe du gouvernement lors d'une audience avec la reine Elizabeth II en Ecosse, Liz Truss a décliné mardi ses "trois premières priorités": "faire croître l'économie" et s'attaquer à "la crise énergétique causée par la guerre de (Vladimir) Poutine" ainsi qu'aux problèmes du système de santé publique.
Alors que le différend avec Bruxelles sur le statut post-Brexit de l'Irlande du Nord menace de se durcir, Liz Truss s'est aussi dite mercredi "déterminée" à travailler avec "toutes les parties" pour régler la crise, disant préférer une "solution négociée" mais avertissant qu'elle n'accepterait pas le statu quo, face au blocage politique dans la province.
Après avoir fait une campagne très à droite, Liz Truss était entourée à la Chambres des Communes par ses fidèles soutiens qu'elle a nommés au sein de son cabinet, à commencer par son ministre des Finances, Kwasi Kwarteng, jusqu'ici chargé des Entreprises et de l'Energie et partisan comme elle d'un Etat peu interventionniste et d'une économie de marché.
Pour la première fois, les trois principaux postes du cabinet seront occupés par des élus issus de la diversité - mais passés par l'enseignement privé classique de l'élite britannique.
Outre le Chancelier de l'Echiquier, le ministre des Affaires étrangères James Cleverly a ses racines maternelles en Sierra Leone, et la ministre de l'Intérieur, Suella Braverman, est d'origine indienne.
H.Romero--AT