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Brésil: au nom du père, Flavio Bolsonaro se lance dans la course présidentielle
Investi samedi candidat à l'élection d'octobre au Brésil contre le président Lula après des crises en rafale, Flavio Bolsonaro s'est assumé en héritier de son père, l'ex-chef de l'Etat d'extrême droite Jair Bolsonaro, détenu pour tentative de coup d'Etat.
La campagne qui s'ouvre est déjà marquée par les tensions commerciales et diplomatiques entre les gouvernement du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva et de son homologue américain Donald Trump, allié de la famille Bolsonaro.
Avec le président ultralibéral argentin Javier Milei en invité vedette, le Parti libéral a tenu devant un millier de personnes, dans la mégalopole Sao Paulo, sa convention pour mettre sur orbite le sénateur Bolsonaro, 45 ans.
"Je peux être plus calme, plus souriant, plus tranquille et modéré, mais ici coule le sang de Bolsonaro!", a-t-il lancé en se tapotant le bras.
Il a promis que son père, actuellement en résidence surveillée, "montera la rampe" du palais présidentiel de Planalto à ses côtés en janvier s'il l'emporte face à Lula, qui a 80 ans briguera un quatrième mandat non consécutif.
Flavio Bolsonaro avait été adoubé par son père (au pouvoir de 2019 à 2022) après l'incarcération de ce dernier en 2025.
Référence d'une droite en pleine ascension en Amérique latine, Javier Milei a mis en garde contre "le risque Lula".
Dans un discours enflammé, il a affirmé que le Brésil doit sortir de "sa soumission au gauchiste", après être monté sur scène sur fond de rock et avoir harangué le public avec ardeur.
"On aimerait que notre candidat soit Jair Bolsonaro, mais aujourd'hui Flavio est l'option la plus judicieuse", dit à l'AFP Fernando Moeno, policier militaire retraité de 50 ans venu assister à l'événement.
Flavio Bolsonaro a pleuré en évoquant son père, qui est apparu dans une vidéo réalisée par intelligence artificielle. La justice lui interdit de s'exprimer publiquement depuis qu'il purge à domicile une peine de 27 ans de prison.
Souvent vêtus du maillot de l'équipe brésilienne de foot, adopté comme symbole par les bolsonaristes, les sympathisants ont crié à plusieurs reprises "Lula voleur!", dans un hangar attenant au stade du Pacaembu.
Après un bon démarrage, le fils aîné de Jair Bolsonaro a perdu de son élan. Selon une enquête publiée vendredi par l'institut Datafolha, Lula obtient 48% d'intentions de vote, et lui 43%.
- Réconciliation familiale -
La mauvaise passe a commencé lorsque le site Intercept Brasil a révélé en mai un message audio que Flavio Bolsonaro avait envoyé à Daniel Vorcaro, banquier arrêté depuis pour une vaste fraude financière, afin de lui demander de l'argent pour financer un film sur son père.
Flavio Bolsonaro a récusé toute malversation et toute "intimité" avec le banquier.
Un autre front s'est ouvert au sein même de sa famille en juin, lorsque sa belle-mère Michelle Bolsonaro s'est plainte sur les réseaux sociaux d'une "humiliation" qu'il lui aurait fait subir lors d'une conversation téléphonique.
L'ex-première dame est essentielle au camp conservateur pour attirer les électrices et le puissant courant évangélique.
Jeudi, après des excuses de son beau-fils, elle lui a solennellement accordé son pardon, scellant une réconciliation.
Toutefois absente samedi, Michelle Bolsonaro lui a apporté son soutien dans une vidéo, de même que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
- Refus de visas -
Flavio Bolsonaro s'est aussi attiré des critiques cette semaine en mettant en doute la fiabilité du système de vote électronique utilisé au Brésil. Il a brandi des arguments similaires à ceux qui ont conduit à l'inéligibilité de son père.
Dans la foulée, le Brésil a refusé vendredi de délivrer des visas à deux responsables américains qui voulaient rencontrer les autorités électorales, a indiqué samedi une source diplomatique brésilienne à l'AFP, invoquant un "risque d'instrumentalisation politique".
C'est un épisode de plus dans les tensions entre Washington et Brasilia.
L'administration Trump vient d'infliger deux vagues de droits de douane au géant latino-américain pour de présumées pratiques commerciales déloyales.
Se campant en défenseur de la "souveraineté" brésilienne, Lula accuse Flavio Bolsonaro d'être un "traître" qui soutient la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis.
Flavio Bolsonaro avait demandé au gouvernement américain de renoncer à de nouvelles surtaxes, afin que Lula ne tire pas profit politiquement des pressions américaines. En vain.
W.Morales--AT