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La BCE tentée par le statu quo malgré la reprise de l'escalade au Moyen-Orient
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait s'accorder jeudi un répit estival malgré la reprise des hostilités au Moyen-Orient et le rebond des prix de l'énergie, après avoir relevé ses taux en juin pour la première fois depuis 2023.
Face au retour de l'inflation dans la zone euro avec la guerre entre l'Iran et les Etats-Unis, la BCE avait relevé le 11 juin le taux de dépôt, inchangé depuis juillet 2025, d'un quart de point à 2,25%.
Les données d'inflation de la zone euro pour le mois de juin ont certes de quoi rassurer l'institution de Francfort, avec une chute à 2,8% après le pic de 3,2% en mai.
Mais début juillet, l'Iran et les Etats-Unis ont mis fin à leur trêve, et les bombardements américains sur l'Iran et iraniens dans la région ont repris, conjugué à une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz, clé pour le commerce de pétrole notamment.
- Faucons versus colombes -
Pour la banque Metzler, les données de juin "étonnamment favorables [...] ne devraient guère inciter les responsables de la BCE à procéder à des relèvements de taux consécutifs".
Le taux d'inflation de juin est proche du scénario "optimiste" formulé par la BCE en juin, selon lequel la hausse des prix en 2026 s'établirait à 2,9% et la croissance à 0,8% en 2026.
"Nous ne nous attendons à aucune modification des taux lors de cette réunion", estime aussi auprès de l'AFP Felix Schmidt, économiste chez Berenberg, car le regain des prix du pétrole est resté, à ce stade, relativement limité.
Carsten Brzeski, économiste chez ING, juge néanmoins qu'il y a "une petite chance que la BCE augmente" ses taux.
La situation mouvante au Moyen-Orient devrait ainsi mener à "un dernier affrontement" estival entre partisans d'une politique monétaire plus stricte, les "faucons" plus favorables à une hausse, et défenseurs d'une politique plus souple, les "colombes".
Face au risque "imminent" d'escalade et de pression sur les hydrocarbures, le Conseil de la BCE "continuera de considérer que les risques pesant sur la stabilité des prix sont orientés à la hausse", préviennent aussi les analystes de la banque italienne UniCredit.
D'autant que désormais les Houthis, groupe de rebelles yéménites allié de l'Iran, veulent tenter de bloquer le trafic maritime en mer Rouge, autre passage essentiel pour le commerce mondial.
Néanmoins, l'hypothèse d'une hausse plus tard dans l'année est d'avantage probable selon la plupart des observateurs.
Elle est "presque certaine" pour la réunion suivante de la BCE en septembre, estiment des analystes de Deutsche Bank dans une note de conjoncture.
- "Propos fermes" -
Dans tous les cas, la présidente de la BCE Christine Lagarde devrait formuler jeudi des "propos fermes" en raison des "derniers développements géopolitiques", note la banque Metzler.
Son tour de vis décidé en juin avait été vivement critiqué par les commentateurs, certains pointant les risques d'une hausse des taux pour la croissance, déjà fragile, de la zone euro.
La BCE avait été la première grande banque centrale à prendre cette décision après le déclenchement de la guerre fin février.
La Banque du Japon lui avait emboîté le pas quelques jours plus tard en portant ses taux à leur plus haut niveau depuis 31 ans. La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque d'Angleterre se sont jusqu’ici abstenues.
Ces trois institutions se réuniront à leur tour au cours de la dernière semaine de juillet.
T.Sanchez--AT