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Sous pression pour désarmer le Hezbollah, le président libanais reçu par Trump
Le président libanais Joseph Aoun rencontre mardi à la Maison Blanche Donald Trump, dont l'administration fait pression sur Beyrouth pour désarmer le Hezbollah pro-iranien, condition d'Israël pour se retirer du sud du pays.
Les Etats-Unis, qui parrainent depuis avril des négociations entre le Liban et Israël, ont annoncé lundi le début d'application d'un accord confiant à l'armée libanaise le contrôle de "zones pilotes" dans le sud.
Les zones choisies sont situées en bordure des régions contrôlées par l'armée israélienne depuis sa dernière guerre avec le Hezbollah.
L'établissement de "zones pilotes" est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux.
Le président libanais a indiqué qu'il entendait demander à son homologue américain de faire pression sur Israël pour qu'il se retire du sud.
Or Israël refuse tout retrait tant que le mouvement chiite ne sera pas désarmé, une mesure exigée également par Washington.
"Tant que ce problème perdurera, le Liban ne connaîtra jamais une paix véritable", a dit le secrétaire d'Etat Marco Rubio, qui a rencontré dimanche le président Aoun.
Il a dans le même temps "salué le courage du gouvernement libanais (..) pour ses efforts déterminés à rétablir la souveraineté libanaise, à désarmer le Hezbollah et à démanteler son infrastructure terroriste".
- "Inquiétudes" -
La visite de Joseph Aoun est la première d'un président libanais à Washington depuis 2009.
"Cette réunion démontre un intérêt continu des Etats-Unis pour le Liban", mais "soulève de nombreuses inquiétudes quant aux demandes supplémentaires qui pourraient être adressées au Liban", affirme à l'AFP Maha Yehya, directrice du Carnegie Middle East Center.
Joseph Aoun, ancien commandant en chef de l'armée avait été élu en janvier 2025 avec le soutien de l'Occident, marquant un basculement dans la politique du Liban.
Depuis son accession au pouvoir, il s'est engagé à désarmer le puissant Hezbollah.
Mais la formation pro-iranienne refuse et a entraîné le pays début mars dans une nouvelle guerre avec Israël, en solidarité avec l'Iran.
Plus de 4.300 personnes ont été tuées depuis dans des frappes massives de l'armée israélienne, qui a également mené une offensive terrestre et occupe une large partie du sud du Liban.
Les violences ont baissé d'intensité depuis que le Liban et Israël ont entamé en avril des négociations dans une tentative de dissocier le dossier libanais de la guerre régionale.
Dans le même temps, Téhéran avait exigé l'arrêt des hostilités au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin, aujourd'hui menacé par la reprise des hostilités.
- "Contrepartie" -
Le président libanais va également demander à son homologne américain une aide substantielle pour l'armée libanaise.
En contrepartie, Donald Trump "voudra sans doute obtenir de nouvelles preuves du sérieux des engagements de Joseph Aoun" à désarmer le Hezbollah, révoquer les officiers de l'armée soupçonnés de collusion avec le mouvement, et parvenir à la paix avec Israël, énumère Robert Satloff, directeur exécutif du Washington Institute.
Selon lui, la rencontre donnera aussi "à Aoun l'occasion de mettre un terme à une idée dangereuse qui semble avoir séduit Donald Trump: autoriser la Syrie à déployer des troupes au Liban afin, prétendument, d'écraser le Hezbollah".
Donald Trump avait lancé des appels répétés en ce sens, en critiquant la stratégie du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au Liban. Mais le président islamiste syrien Ahmad al-Chareh a assuré n'avoir aucune intention d'intervenir au Liban et de rouvrir les plaies du passé.
A.O.Scott--AT