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Royaume-Uni: Andy Burnham dévoile son gouvernement, écartant les fidèles de Starmer
Le travailliste Andy Burnham, qui a promis des "changements profonds", a dévoilé lundi son gouvernement en écartant des proches de son prédécesseur Keir Starmer, après avoir pris ses fonctions comme septième Premier ministre britannique depuis 2016.
A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier, a succédé au démissionnaire Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire écrasante du Labour aux législatives.
Après avoir pris ses fonctions lundi matin, il a dévoilé en fin de journée son gouvernement, que le roi Charles III lui avait demandé de former comme le veut la tradition.
Décision inattendue, l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves au ministère des Finances. Une lourde tâche dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.
Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à son poste de ministre de l'Intérieur.
Les fidèles de Keir Starmer - comme le ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, Rachel Reeves ou Peter Kyle au Commerce - ont été écartés.
- Appel avec Trump -
Lors de sa première allocution, Andy Burnham a affirmé vouloir engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir" aux gens.
S'exprimant sans notes et sans pupitre devant Downing Street, en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, il a dit vouloir réindustrialiser le pays, alors que la croissance économique reste atone, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.
Mettant l'accent sur les enjeux sociaux, Andy Burnham a promis des mesures rapides pour aider les Britanniques à "faire face au coût de la vie", dont certaines seront dévoilées mardi.
Il a aussi érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après un premier déplacement réservé lundi matin à un refuge pour personnes sans domicile fixe.
Andy Burnham, devenu vendredi chef du Labour après avoir été plébiscité par les députés travaillistes, a reçu les félicitations de plusieurs dirigeants étrangers, notamment le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre canadien Mark Carney ou encore le Premier ministre australien Anthony Albanese.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a affirmé sur X se réjouir de travailler avec lui "pour renforcer le partenariat entre l'UE et le Royaume-Uni".
Andy Burnham s'est déjà entretenu lundi avec Donald Trump, et l'a assuré de son engagement en faveur de la "défense et la sécurité" du Royaume-Uni et ses alliés, selon Downing Street.
Le président américain s'était félicité dimanche sur sa plateforme Truth Social du projet - encore non confirmé - d'Andy Burnham pour autoriser le développement de champs pétroliers et gaziers en mer du Nord.
Le nouveau dirigeant travailliste a également échangé avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui s'est dit encouragé par sa promesse d'apporter un soutien "inébranlable" à son pays.
- Gouverner "différemment" -
Keir Starmer avait annoncé son départ le 22 juin, impopulaire dans le pays et fortement contesté au sein de son parti après des décisions maladroites, des polémiques et des défaites électorales locales.
"Le Royaume-Uni est plus fort et plus juste qu'il y a deux ans", a-t-il déclaré lundi dans une courte allocution devant le 10, Downing Street, se disant "fier" du travail accompli, avant d'aller présenter officiellement sa démission au roi.
Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.
Ce dernier a appelé à l'organisation d'élections législatives, estimant qu'Andy Burnham ne "devrait pas être autorisé" à agir "sans mandat".
La cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch a, elle, déploré dans un courrier adressé à Andy Burnham qu'il "prenne ses fonctions sans avoir défini de plan clair" pour le pays.
Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester, dont il était maire depuis 2017.
Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord", basé à Manchester.
D.Johnson--AT