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Le tarif préférentiel accordé par EDF à ses salariés épinglé par la Cour des comptes
Le tarif préférentiel de l'énergie accordé aux salariés d'EDF a été mis en cause vendredi par un rapport de la Cour des comptes, alors que le gouvernement envisage de rogner cet avantage, suscitant une levée de boucliers des syndicats qui appellent à la grève le 15 septembre.
Ce "tarif agent", une réduction sur les prix de l'électricité et du gaz accordée aux employés d'EDF, "représente un coût démesuré" pour EDF SA, maison mère du groupe, a jugé vendredi la Cour des comptes dans un rapport, estimant qu'il ne pouvait "perdurer en l'état".
"L'avantage en nature énergie représente un coût démesuré, soit plus de 700 millions d'euros en 2024 à l'échelle du groupe, obligeant également à la constitution de passifs sociaux au titre de son maintien après l'emploi (3,9 milliards d'euros à fin 2024). Il ne peut perdurer en l'état", jugent les Sages de la rue Cambon dans ce rapport consacré plus largement à la gestion des ressources humaines d'EDF.
Cette composante historique du statut des électriciens et gaziers concerne les salariés mais aussi les retraités des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF (dont Engie, Enedis, GRDF, etc.) et d'autres entreprises, dont des distributeurs locaux d'énergie.
- "Futiles économies" -
Le gouvernement réfléchit à rogner ce "tarif agent", indiquant avoir reçu "une mise en demeure de la Cour des comptes" de se "mettre en conformité sur la valorisation de cet écart (...) entre ce tarif et la valeur réelle de l'énergie", selon le ministère de l'Energie.
La question devrait être tranchée dans un arrêté ministériel.
Réunies en intersyndicale, les quatre grandes fédérations (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) de l'énergie ont appelé vendredi "à la mobilisation massive des électriciens et des gaziers", lors d'une "journée d'actions et de grève le mardi 15 septembre 2026".
"A compétences et à ancienneté égales, (...) les niveaux d'embauche sont bien moindres dans nos entreprises que souvent dans le privé", a indiqué à l'AFP Fabrice Coudour, secrétaire général de la FNME-CGT, qui voit dans le projet de réforme "une provocation" (...) "en période de canicule, là où les agents se démènent". Selon lui, "le tarif agent ne pèse pas plus de 1% de la facture des usagers".
"On s'opposera à toute remise en question de cet avantage en nature", a déclaré à l'AFP Sandrine Tellier, secrétaire générale du syndicat FO Mines-énergie, dénonçant une "méthode totalement irrespectueuse" à la recherche de "futiles économies".
- Un facteur d'"attractivité" -
La Cour recommande de "réduire par étapes l'avantage énergie, en priorité en plafonnant les consommations prises en compte" et de "revaloriser le barème fiscal et social" de cet avantage "sur la base des moyennes annuelles des tarifs réglementés de vente de l'électricité et des tarifs repères du gaz, toutes taxes comprises".
Elle affirme que ses bénéficiaires "acquittent désormais moins de 2% des tarifs moyens de l'électricité ou du gaz payés par les consommateurs", un chiffre contesté par certains syndicalistes.
Au sujet du barème fiscal et social, l'entreprise "souhaite que les différentes parties prenantes puissent prendre le temps d'examiner les évolutions possibles et sera attentive aux choix qui seront retenus", rappelant que ses salariés "sont attachés" à cet avantage "qui fait partie du cadre social".
"Je partage avec la Cour la nécessité d'examiner en priorité les mesures visant une meilleure maîtrise de la consommation dans le cadre de la politique de transition énergétique", a déclaré le ministre de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, dans une réponse à ce rapport, prônant "un calendrier social adapté" pour cette réforme.
L'institution tire également à boulets rouges sur ce qu'elle qualifie de "politique de rémunération déconnectée des performances de l'entreprise", et "d'importantes revalorisations salariales" en particulier au cours de l'année 2022 pour 2023 (+11%).
Hormis cet épisode, marqué par une crise énergétique accentuée par la guerre en Ukraine, l'évolution de la rémunération moyenne des salariés d'EDF "ne met pas en évidence de dynamique plus rapide" que pour les salariés du privé ou de la fonction publique, a souligné son PDG, Bernard Fontana, dans sa réponse à la Cour des comptes.
T.Sanchez--AT