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Cuba: retour partiel de l'électricité après une troisième coupure totale en moins de dix jours
Cuba rétablit peu à peu son réseau électrique mercredi, après une troisième déconnexion totale en moins de dix jours mettant à rude épreuve le quotidien des habitants de cette île de 9,6 millions d'habitants, en manque de carburant en raison du blocus pétrolier américain.
Le pays a de nouveau été privé d'électricité en raison d'une "oscillation" du système, provoquée par la mise hors service soudaine d'une centrale thermoélectrique, ce qui a entraîné un déséquilibre "brusque" entre la production et la demande.
L'Union électrique de Cuba (UNE) a annoncé que 24% des foyers de La Havane étaient à nouveau connectés, notamment les infrastructures de santé. "Le rétablissement s'effectue progressivement", a souligné l'entreprise sur Telegram. Mardi soir, seuls 11,5% des foyers de La Havane (soit 1,7 million d'habitants) disposaient d'électricité.
Les deux dernières coupures ont eu lieu la semaine passée. Il avait fallu à chaque fois plus de 24 heures à la compagnie nationale pour rétablir le réseau sur l'ensemble du pays, même si les très longs délestages sont quasi permanents en raison de la faible production d'électricité.
"Je n'ai pas de mots", se lamente auprès de l'AFP Maria Caridad Alvarez, une femme au foyer de 62 ans. "Quand je me suis levée ce matin, le courant était revenu et j'ai pu cuisiner des haricots, mais maintenant que je sors, il est de nouveau coupé. On dirait qu'il n'y a pas de solution", poursuit-elle.
La crise énergétique est "en train de tuer chez l'être humain l'enthousiasme de vivre", témoigne la sexagénaire.
- Réseau plus vulnérable -
Ces dernières semaines, les délestages ont duré plus de 30 heures d'affilée à La Havane et plusieurs jours en province, malgré un vaste programme de construction de parcs solaires lancé il y a deux ans.
Les habitants expriment régulièrement leur exaspération dans les quartiers les plus affectés en mettant le feu à des tas d'ordures ou en tapant sur des casseroles.
En proie à une grave crise économique depuis cinq ans, le pays subit régulièrement des coupures électriques générales ou partielles en raison de la vétusté des infrastructures et de la pénurie de carburant.
Mais la situation s'est encore aggravée depuis que Washington empêche les livraisons de carburant pour alimenter des groupes électrogènes.
Ces derniers complètent la production de sept centrales thermiques vieillissantes, qui subissent des pannes fréquentes ou doivent être arrêtées pour maintenance.
"Cette situation est principalement due à l'état de notre système électrique, aggravé par les décisions des États-Unis", a abondé mardi le ministre de l'Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, lors d'une conférence de presse.
- Réserves épuisées -
"C'est pratiquement une guerre que nous vivons", a-t-il ajouté, soulignant qu'il y a une "absence totale de carburant" et que le gouvernement ne peut pas obtenir de pièces de rechange pour ses centrales.
Selon la compagnie d'électricité, la pénurie de carburant rend aussi le réseau plus vulnérable aux pannes et ralentit les travaux de rétablissement en empêchant l'utilisation des générateurs de secours.
Depuis janvier, Washington n'a autorisé l'arrivée en mars que d'un seul pétrolier russe chargé de 100.000 tonnes de pétrole brut. Ces réserves sont depuis épuisées.
Les relations entre les États-Unis et Cuba se sont considérablement tendues depuis le début de l'année, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, un allié du gouvernement cubain.
Donald Trump estime que l'île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de Floride, constitue "une menace extraordinaire" pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a plusieurs fois averti qu'il pourrait en "prendre le contrôle".
Les deux pays mènent de difficiles pourparlers. Fin juin, le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, a reconnu qu'il n'y avait "aucun progrès" dans les négociations en cours.
A.O.Scott--AT