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Les Européens renforcent leur soutien à Kiev, Moscou dénonce leur "coalition va-t-en-guerre"
Emmanuel Macron a réuni lundi les 37 pays de la "coalition des volontaires" à Paris pour accentuer le soutien militaire à l'Ukraine, notamment dans la défense antiaérienne, et afficher le "réveil stratégique" de l'Europe, au grand dam de Moscou qui dénonce une "coalition va-t-en guerre".
Une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement, dont les Premiers ministres britannique Keir Starmer et polonais Donald Tusk ainsi que le chancelier allemand Friedrich Merz, sont arrivés peu avant 17H00 (15H00 GMT) à l'Hôtel des Invalides, bâtiment militaire historique qui abrite le tombeau de Napoléon.
Les autres pays étaient représentés au niveau ministériel ou par leur ambassadeur. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky était également présent, de même que les deux têtes de l'exécutif européen, Antonio Costa et Ursula von der Leyen, ainsi que le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.
Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu, afin de dissuader la Russie de toute nouvelle offensive.
"Cette action n'est orientée contre aucun peuple, mais en défense du nôtre", ont souligné les dirigeants du Danemark, de la France, l'Allemagne, l'Italie, la Norvège, l'Espagne, la Suède, l'Ukraine, des Pays-Bas et et du Royaume-Uni dans une déclaration commune.
"Créer un bouclier puissant sur l'Europe toute entière est une manière de compléter notre défense", a réagi sur X le président ukrainien, en soulignant que cette coalition le permettrait "plus rapidement et à moindre coût".
- "Au prix du sang"-
Avant de retrouver ses pairs, le président français a vanté le "réveil stratégique" des Européens et leur détermination à "se défendre", un message en direction de la Russie mais aussi de l'allié américain.
"L'Europe est en train de devenir une puissance", s'est félicité le chef de l'Etat, qui quittera l'Elysée l'an prochain et n'a cessé de porter cette ambition depuis 2017.
"Oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s'il le faut", a martelé Emmanuel Macron lors de son traditionnel et dernier discours aux Armées à la veille de la fête nationale du 14-Juillet, tout en réaffirmant une "ligne claire de non-belligérance".
"Il s'agit d'une coalition d'illuminés et de va-t-en-guerre (...) qui se bercent d'une profonde illusion quant à la possibilité d'infliger une défaite stratégique à notre pays", a répliqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Outre le soutien militaire à l'Ukraine, la réunion de la coalition des volontaires vise aussi à augmenter la "pression" sur la Russie, y compris sur sa flotte fantôme de pétroliers, pour la priver des ressources qui financent son effort de guerre.
Cette réunion vise à "montrer que l'engagement de tous les pays reste constant", a aussi relevé le commandant suprême des forces armées suédoises, le général Michael Claesson, à quelques journalistes dont l’AFP.
- Exercices -
La Force multinationale pour l'Ukraine, appelée à être déployée sur place une fois que les armes se seront tues, va commencer des exercices pour démontrer sa "crédibilité", a précisé le Palais de l'Elysée. Le premier devrait se dérouler à l'automne, selon des sources concordantes.
Emmanuel Macron a par ailleurs appelé à poursuivre les projets industriels européens en matière de défense et à ne pas céder à "l'absurdité" du "nationalisme" après l'échec du projet d'avion de combat franco-allemand SCAF, qu'il a "profondément regretté".
La réunion de la coalition doit amplifier un "moment très fort de reconvergence et d'unité transatlantiques" mais aussi de "dynamiques plus favorables sur le terrain pour l'Ukraine", a également souligné l'Elysée.
Le président Donald Trump, longtemps plus à l'écoute de son homologue russe Vladimir Poutine que de Volodymyr Zelensky, se montre désormais plus enclin à soutenir l'Ukraine.
L'Ukraine a aussi changé la donne avec des frappes quasi-quotidiennes sur les raffineries et les dépôts de pétrole de la Russie qui désorganisent ses approvisionnements et génèrent de sévères pénuries de carburant. Elle opère également de multiples frappes en Crimée.
L'armée russe piétine de son côté dans le Donbass (est de l'Ukraine), et perd plus de 1.000 hommes, morts ou blessés, par jour selon des évaluations occidentales.
T.Wright--AT