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Au Moyen-Orient, frappes les plus massives depuis la trêve d'avril, le pétrole en hausse
Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.
Au coeur de la reprise des hostilités, le détroit d'Ormuz, sur lequel Téhéran veut garder le contrôle instauré dans les premiers jours de la guerre.
L'annonce ce week-end par la République islamique d'une nouvelle fermeture de ce passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures a fait repartir en forte hausse les cours du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, référence internationale, bondissait de plus de 4% à 79,13 dollars peu après 04H30 GMT.
Après quasiment 40 jours de bombardements dans un conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur en avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord signé par Washington et Téhéran malgré des escarmouches régulières autour du détroit.
Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines.
A partir de 00H30 heure de Téhéran (21H00 GMT), l'armée américaine a effectué une nouvelle série de frappes. Un peu plus de cinq heures plus tard, elle a annoncé y avoir mis fin.
Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a rapporté le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.
D'après des médias d'Etat iraniens, ces bombardements ont visé de vastes zones de l'ouest et du sud de l'Iran, notamment l'île de Qeshm et Bandar Abbas, au niveau d'Ormuz, mais aussi la province du Khouzistan frontalière de l'Irak.
Quant à Mahchahr (sud-ouest), une frappe américaine y a tué au moins une personne et fait quatre blessés, selon un responsable local cité par l'agence officielle Irna. Dimanche en fin de journée, cette agence avait par ailleurs fait état d'un mort et deux blessés dans l'île de Farur, dans le Golfe.
L'objectif affiché de Washington est identique à celui de dimanche: tenter d'empêcher Téhéran "d'attaquer les équipages civils et navires commerciaux" dans le détroit d'Ormuz, selon le Centcom.
- Efforts "réduits à néant" -
Les Etats-Unis accusent en particulier l'Iran d'avoir touché pendant le week-end le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote, dans le détroit. Vingt-trois membres d'équipage ont été secourus et un autre porté disparu, a annoncé dimanche le sultanat d'Oman, qui poursuit les recherches.
La diplomatie iranienne a "fermement condamné" les tout derniers bombardements américains et reproché à Washington d'avoir "réduit à néant tous les efforts de ces derniers mois" visant à rétablir la paix dans la région.
En représailles, les puissants Gardiens de la Révolution ont dit avoir bombardé des bases militaires du Golfe utilisées par l'armée américaine, en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït.
L'armée jordanienne a annoncé avoir abattu quatre missiles iraniens au-dessus du pays, ajoutant qu'aucun blessé ni dégât matériel n'était à signaler.
Bahreïn a activé, comme dimanche, les sirènes d'alerte aérienne, et le Koweït a dit combattre "des cibles aériennes hostiles". Dimanche, le gouvernement avait fait état d'une attaque contre trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore, sans l'attribuer.
Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, avait exhorté plus tôt Washington et Téhéran à "la plus grande retenue" et à "reprendre d'urgence les négociations.
- "Retour de l'insécurité" -
La diplomatie iranienne accuse les Etats-Unis d'avoir "ouvertement violé quasiment tous les termes" du protocole d'accord de mi-juin et causé le "retour de l'insécurité" dans le détroit d'Ormuz.
Ce texte d'accord prévoyait une réouverture du détroit, par lequel transitait auparavant un cinquième du brut mondial. Téhéran n'autorise toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, en menaçant les navires contournant cet itinéraire, et souhaite instaurer des droits de passage, refusant un retour à la situation d'avant-guerre.
Après la signature du protocole, le trafic avait atteint son plus haut niveau depuis fin février mais il a chuté de nouveau après ces nouvelles frappes et l'Iran a annoncé dimanche refermer le détroit jusqu'à nouvel ordre.
"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", a averti le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, cité par l'agence Isna.
Le Centcom a, lui, assuré qu'il restait ouvert: "l'Iran ne contrôle pas le détroit" et la circulation maritime s'opère, selon lui.
W.Stewart--AT