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Expulsés par Trump malgré leur statut: le cauchemar des "Dreamers" aux Etats-Unis
Lors d'un rendez-vous routinier avec l'immigration, José Contreras apprend son expulsion immédiate des Etats-Unis, pays dans lequel il est pourtant protégé par le programme pour les "Dreamers" ("rêveurs") destiné aux personnes arrivées mineures aux Etats-Unis.
Le 2 janvier dernier, les autorités "me reçoivent et me disent, nous allons vous expulser maintenant", raconte à l'AFP cet Hondurien qui est arrivé aux Etats-Unis à l'âge de 8 ans avec sa famille.
Il est alors expulsé vers son pays natal où il reste pendant 118 jours.
Dans ce laps de temps, il manque la naissance de son fils au Texas. "J'ai craqué, je me suis effondré par terre et j'ai pleuré. Parce que je n'avais pas prévu de ne pas être là pour mon fils", explique-t-il.
Le président américain Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration clandestine une des grandes priorités de son deuxième mandat.
Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, les agents de la police de l'immigration (ICE) ont multiplié les arrestations à travers les Etats-Unis, jusque dans les entreprises, lors de raids dénoncés par des organisations de défense des droits humains et l'opposition démocrate.
José Contreras fait pourtant partie des 500.000 personnes protégées de l'expulsion par le programme "Dreamers" ("rêveurs") mis en oeuvre en 2012 par le président Barack Obama.
Mais l'administration du républicain a arrêté 343 personnes sous ce statut et en a expulsé au moins 86, selon l'ONG Home is Here, citant une lettre adressée par le ministère de la Sécurité intérieure au Congrès.
- "Prendre ma fille dans mes bras" -
Maria de Jesus Estrada, 42 ans, est elle arrivée aux Etats-Unis à 15 ans et y a vécu jusqu'à aujourd'hui.
Lors d'un rendez-vous avec les autorités, elle se retrouve encerclée par six agents de l'immigration qui l'arrêtent et lui annoncent son expulsion.
"Je ne vais opposer aucune résistance. J'ai juste besoin d'une minute. J'ai besoin de prendre ma fille dans mes bras", répond-elle alors aux autorités. Elle est expulsée vers le Mexique le même jour.
Dans les deux affaires, les autorités américaines ont déclaré qu'ils avaient été expulsés en raison d'une décision datant d'une époque où ils étaient beaucoup plus jeunes.
Et dans les deux cas, les tribunaux américains ont finalement jugé leur expulsion illégale et demandé leur retour aux Etats-Unis.
"Les cas de José Contreras et Maria Jesus Estrada témoignent de la manière illégale et inhumaine avec laquelle ce gouvernement déforme la loi", affirme à l'AFP leur avocate Stacy Tolchin.
- "Menace considérable" -
Lors de son précédent mandat, Donald Trump avait signé un décret pour se débarrasser du programme "Dreamers", avant que la Cour suprême n'annule cette décision à cause d'un vice de forme.
L'administration démantèle le programme "par des manoeuvres dilatoires, des refus, des détentions et des expulsions", a déclaré Todd Schulte de FWD.us, groupe de défense de l'immigration.
"C'est notre rôle de veiller à ce que les gens prennent conscience de la menace considérable qui pèse sur les bénéficiaires" de ce programme, a-t-il ajouté.
Jessica Trevino, qui est arrivée à l'âge de 7 ans aux Etats-Unis, n'a toujours pas pu revenir aux Etats-Unis après avoir été expulsée.
Elle a été arrêtée au Texas après s'être rendue à l'église avec sa famille.
Son mari a été victime de violences de la part de l'ICE. Une vidéo prise au moment des faits a par ailleurs largement circulé sur internet. Ils ont tous les deux été expulsés vers le Mexique et attendent encore qu'un tribunal américain se saisisse de leur affaire.
Leurs trois enfants mineurs sont toujours aux Etats-Unis et vivent avec de la famille.
"Même si je ne suis pas née aux Etats-Unis, j'y ai vécu toute ma vie", raconte-t-elle à l'AFP.
"Parfois, il m'arrive de m'endormir en me disant que je vais me réveiller chez moi", ajoute-t-elle.
O.Brown--AT