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Législatives en Arménie: Pachinian en tête, selon de premiers résultats partiels
Le parti du Premier ministre arménien Nikol Pachinian devance nettement ses opposants selon les premiers résultats encore très partiels des élections législatives de dimanche en Arménie, qui ont valeur de test quant au soutien de la population à la réorientation de la politique d'Erevan vers les Occidentaux.
Selon la Commission électorale centrale, les premiers résultats montrent que le parti Contrat civil de M. Pachinian fait la course en tête devant l'alliance Arménie forte du milliardaire russo-arménien Samvel Karapetyan, avec 56% et 21,9% des voix respectivement, après le dépouillement de 6,5% des bureaux de vote.
Le taux de participation s'est élevé à 58,97%, selon la Commission.
Le président américain Donald Trump a apporté son soutien "total" à Nikol Pachinian, alors que la Russie a mis Erevan en garde contre une trajectoire qu'elle rapproche de celle de l'Ukraine.
A la sortie de son bureau de vote à Erevan, le Premier ministre a affirmé que l'Arménie poursuivrait une politique d'équilibre entre la Russie et l'Occident.
"Nous accepterons le choix du peuple, quel qu'il soit" dans ce scrutin, a déclaré M. Pachinian à des journalistes.
Le scrutin de dimanche intervient après des années de profonds bouleversements en Arménie depuis l'arrivée au pouvoir de M. Pachinian à l'issue de manifestations en 2018.
Ce petit pays à majorité chrétienne du Caucase est encore sous le choc de sa défaite militaire contre l'Azerbaïdjan en 2020 et de la perte du Karabakh en 2023, qui a provoqué l'exode de dizaines de milliers d'Arméniens de ce territoire montagneux disputé depuis des décennies.
Nikol Pachinian, ancien journaliste âgé de 51 ans, a présenté ce scrutin comme un choix entre une paix durable, quoique controversée, avec Bakou, et un retour à la guerre.
Le parquet a indiqué avoir ouvert 165 enquêtes pour "cas présumés d'obstruction du processus électoral", tandis que le parti d'opposition Alliance arménienne de l'ex-président Robert Kotcharian a accusé les forces de l'ordre d'avoir interpellé des membres de son équipe de campagne.
- Rancœur envers Moscou -
M. Pachinian avait reproché à Moscou de ne pas avoir apporté son aide à l'Arménie lors de la guerre de 2020. La Russie avait déployé des forces de maintien de la paix au Karabakh, mais n'était pas intervenue directement, soucieuse de préserver ses relations avec l'Azerbaïdjan, autre ancienne république soviétique.
Prenant acte, M. Pachinian a gelé la participation arménienne à une alliance régionale chapeautée par Moscou et a cherché à renforcer les liens avec Bruxelles et Washington, allant même jusqu'à évoquer une potentielle adhésion de son pays à l'UE.
Le président russe a, lui, mis en garde contre le "scénario ukrainien" fin mai, estimant que l'intention de l'Ukraine de rejoindre l'UE avait mené in fine à l'invasion russe en 2022. Kiev, en 2014, s'apprêtait en réalité à signer un simple accord d'association avec l'Union européenne.
La Russie a interdit l'importation d'une série de produits agricoles arméniens, et le Kremlin a aussi été accusé de chercher à influencer le scrutin.
Les Arméniens sont nombreux en Russie, principal partenaire commercial de l'Arménie et marché clef pour ses exportations, alors qu'Erevan est dépendant de Moscou pour ses fournitures d'armements et d'énergie.
- Soutien européen -
Nikol Pachinian affirme ne pas souhaiter rompre avec Moscou ni vouloir "nuire aux intérêts de la Russie".
Pour autant, la campagne électorale a pris des airs de combat pour l'avenir géopolitique de l'Arménie.
Samvel Karapetyan a mis en garde contre toute "ruée imprudente" vers l'Occident. "La Russie est et restera notre partenaire stratégique et notre principal partenaire économique", a-t-il déclaré.
Les Européens, de leur côté, ne cachent guère leur souhait de voir Nikol Pachinian l'emporter, et sont venus soutenir le partenariat UE-Arménie lors d'un sommet à Erevan début mai.
Contrat civil était donné en tête dans les sondages, mais avec 19 partis et blocs en lice pour 101 siège, le scrutin risque d'aboutir à un Parlement fragmenté.
Huit ans après son arrivée au pouvoir sur la promesse de démanteler le système oligarchique post-soviétique arménien, le Premier ministre fait face à des critiques croissantes.
L'Arménie dérive "du populisme vers des méthodes de gouvernance autoritaires", affirme l'analyste indépendant Gevorg Poghosyan.
Pour autant, pour de nombreux Arméniens, l'opposition reste associée à l'influence russe et aux oligarques.
L.Adams--AT