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Elections locales en Corée du Sud: la domination du parti progressiste ternie par un échec à Séoul
En Corée du Sud, le parti progressiste du président Lee Jae Myung, en fonction depuis un an, a dominé dans l'ensemble les élections locales sans réussir à emporter la mairie de Séoul, restée dans le giron de l'opposition conservatrice, selon les résultats publiés jeudi.
Le Parti démocrate (centre-gauche) a remporté 12 des 16 scrutins pour les postes de maires métropolitains et gouverneurs provinciaux, à l'issue des scrutins tenus mercredi.
Ce scrutin était vu comme un test pour la première année de présidence de Lee Jae Myung, élu en juin 2025 après six mois de la crise politique déclenchée par son prédécesseur, Yoon Suk Yeol, qui avait brièvement déclaré la loi martiale en décembre 2024 avant d'être destitué.
Alors que le parti de M. Yoon reste divisé, sa popularité s'est effondrée et mercredi, le Parti du pouvoir au peuple a cumulé les revers contrastant avec sa victoire écrasante aux élections locales il y a quatre ans. Son chef Jang Dong-hyeok a présenté ses "sincères excuses" pour ce résultat "décevant".
Le Parti démocrate a, lui, profité de la bonne image du président Lee, dont la cote de popularité de 60% est dopée par une ligne diplomatique pragmatique (réchauffement des relations avec Pékin et Tokyo, accord commercial avec Washington) et la bonne résistance de l'économie. Avec le boom des puces pour l'intelligence artificielle, la Bourse s'envole.
Pour autant, le Parti démocrate a échoué à conquérir Séoul: le conservateur Oh Se-hoon est parvenu à conserver la mairie, battant la jeune étoile montante démocrate Chong Won-o, dans une course extrêmement serrée et perturbée par des pénuries de bulletins dans certains bureaux de vote.
-"Filet de sécurité"-
"Cette élection marque la victoire du bon sens", a commenté M. Oh, estimant que les Sud-Coréens "ont laissé Séoul comme dernier filet de sécurité de la démocratie pour empêcher (le pays) de basculer complètement d'un seul côté".
Selon les analystes, l'échec du candidat progressiste à Séoul pourrait révéler un mécontentement latent envers le parti de Lee.
Pour Shin Yul, professeur à l'université Myongji, "chaque élection est in fine un référendum sur le parti au pouvoir" : or, "perdre à Séoul, où il y a beaucoup d'électeurs volatils", suggère qu'au moins une partie des électeurs centristes ont pu vouloir envoyer un avertissement à l'administration Lee, analyse-t-il.
Jeudi, le président Lee Jae Myung a déclaré jeudi que le gouvernement "accepterait humblement la volonté du peuple" et travaillerait avec les administrations locales nouvellement élues, indépendamment de leur appartenance politique.
Le vote dans la capitale était très scruté.
"Depuis l'élection de l'ancien président Lee Myung-bak, qui fut un maire de Séoul très médiatisé, ce poste est considéré comme un tremplin majeur pour les futurs candidats à la présidence: la moitié de l'électorat du pays vit dans la région métropolitaine de Séoul", explique à l'AFP Byunghwan Son, du Korean Studies Center de l'Université George Mason.
Oh Se-hoon, reconduit à Séoul, est "un vétéran de la politique et éternel présidentiable doté d'une notoriété que peu de membres de son parti peuvent égaler", confirme Gi-Wook Shin? professeur à l'université Stanford. "Mais il donne une impression de fatigue politique, sans offrir d'image nouvelle ni de programme inédit pour soutenir une candidature nationale", tempère-elle.
-"Préserver l'équilibre"-
Le PPP a en revanche perdu la deuxième ville du pays Busan (sud-est) et la tête de plusieurs provinces-clés. Et il n'a gagné que 4 sièges parlementaires lors d'élections partielles, alors que le parti de Lee en a remporté 9.
Un autre siège parlementaire a été décroché par l'ex-ministre conservateur de la justice Han Dong-hoon, qui se présentait en indépendant. Autrefois proche allié de Yoon, il avait rompu avec lui sur la loi martiale. Sa victoire devrait alimenter les spéculations sur une future candidature à la présidence.
"Les électeurs cherchent à tenir l'ex-président Yoon pour responsable de la loi martiale, tout en préservant un mécanisme de contrôle et d'équilibre vis-à-vis de l'actuelle administration" qui n'obtient pas un blanc-seing total, confie Lee Jae-mook, professeur de l'université Hankuk des études étrangères. "Le sentiment public est nuancé et complexe".
E.Rodriguez--AT