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Le Liban annonce l'accord du Hezbollah à un plan de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël
Les autorités libanaises ont annoncé lundi que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël, après que Donald Trump a affirmé que les deux camps lui avaient promis l'apaisement au Liban, à la veille de négociations israélo-libanaises à Washington.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a lui affirmé avoir dit au président américain que l'armée frapperait Beyrouth en cas de tirs du Hezbollah contre des cibles israéliennes.
"Dans le même temps, l'armée continuera à opérer comme prévu dans le sud du Liban", a-t-il affirmé.
"Les autorités libanaises ont reçu la confirmation de l’acceptation par le Hezbollah de la proposition américaine prévoyant une cessation mutuelle des attaques", indique un communiqué de l’ambassade du Liban aux Etats-Unis, diffusé par le bureau de la présidence libanaise peu avant une réunion en urgence du Conseil de sécurité sur le Liban à la demande de Paris.
"Dans le cadre de l’arrangement proposé, les frappes israéliennes sur Dahiyeh (la banlieue sud de Beyrouth) cesseraient en échange de l’engagement du Hezbollah à s’abstenir de lancer des attaques contre Israël, le cadre du cessez-le-feu devant être élargi pour couvrir l’ensemble du territoire libanais", ajoute le texte.
Peu avant, le président américain avait assuré sur son réseau Truth Social que M. Netanyahu s'était engagé, lors d'un entretien téléphonique, à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et que le Hezbollah allait "cesser totalement le feu".
M. Trump a fait état d'un "très bon" échange avec le Hezbollah via des intermédiaires. "Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.
Alors que la diplomatie américaine s'activait, M. Netanyahu avait demandé dans la matinée à l'armée de frapper "des cibles terroristes" dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement chiite, arguant des "violations répétées du cessez-le-feu" par le Hezbollah et d'attaques contre les "villes et citoyens" de son pays.
L'armée israélienne a ensuite appelé à l'évacuation de cette zone densément peuplée, tout en intensifiant son offensive terrestre au Liban où elle mène son incursion militaire la plus profonde depuis 26 ans.
- "Panique générale" -
Accusant Israël de franchir ainsi des "lignes rouges", alors que les négociations patinent pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, l'Iran a de son côté menacé d'ouvrir de "nouveaux fronts", malgré la trêve en vigueur depuis le 8 avril.
Téhéran avait plus tôt réaffirmé conditionner tout accord pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient à un cessez-le-feu au Liban, entraîné dans le conflit régional le 2 mars, et où une trêve est censée être en vigueur depuis le 17 avril.
Des journalistes de l'AFP ont vu des centaines de familles fuir la banlieue sud, à pied, à moto ou dans des voitures chargées d'affaires.
En milieu de journée, les rues de la banlieue sud étaient désertes et les magasins fermés, selon un photographe de l'AFP.
Deux ministres européens, allemand et norvégien, en route pour Beyrouth ont rebroussé chemin et annulé leur voyage, ont annoncé leurs services respectifs.
L'Union européenne a aussi appelé Israël, qui s'était retiré du Liban en 2000 après 18 ans d'occupation, à y cesser son "escalade militaire", tandis que l'ONU s'affirmait "très inquiète".
Dans la journée, les hostilités se sont poursuivies.
Le Hezbollah a revendiqué lundi des attaques aux missiles contre des objectifs militaires dans le nord d'Israël et l'armée israélienne a frappé plus de 40 localités dans le sud, notamment à Tyr près d'un hôpital, faisant des dégâts et plusieurs blessés, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
Un correspondant de l'AFP a constaté d'importants dégâts et un incendie dans le secteur. Selon des vidéos du ministère de la Santé, un service hospitalier a été endommagé.
- "Agression féroce" -
Dénonçant une "agression féroce" du pays voisin, le président Joseph Aoun a cependant affirmé que les négociations entre les deux pays, auxquelles s'oppose le Hezbollah, et dont une quatrième session doit se tenir mardi et mercredi à Washington, restaient "le seul moyen de mettre fin à la guerre".
Depuis le 2 mars, plus de 3.412 personnes ont été tuées au Liban et plus d'un million déplacées, selon Beyrouth. Le bilan est de 26 morts côté israélien, 25 soldats et un contractuel civil.
L'armée israélienne s'est emparé dimanche de la forteresse médiévale stratégique de Beaufort, surplombant le sud du Liban et une partie du nord d'Israël, dont les troupes israéliennes avaient fait une base avant leur retrait en 2000.
Le nouveau conflit au Liban a débuté avec une attaque du Hezbollah contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines contre l'Iran.
bur-at/cab/apz/
W.Morales--AT