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Trump et Xi concluent le sommet des superpuissances, Trump revendique ses premiers gains
Donald Trump et son homologue Xi Jinping mènent vendredi à Pékin une ultime journée de discussions pour assurer la détente recherchée lors d'un sommet où le président américain a dit avoir décroché une offre d'aide pour rouvrir le détroit d'Ormuz et la promesse d'une importante commande de Boeing.
Après un déjeuner de travail avec M. Xi, M. Trump reprend l'avion en début d'après-midi au terme de deux jours de visite placés, malgré le faste et les amabilités, sous le signe des tensions globales et bilatérales.
M. Trump repartira avec des paroles encourageantes de M. Xi sur la crise dans laquelle il est empêtré au Moyen-Orient, a-t-il dit selon un extrait d'un entretien accordé à la chaîne Fox News.
M. Xi lui a déclaré "avec force" qu'il ne fournirait pas de matériel militaire à l'Iran, a-t-il indiqué. Quant au détroit d'Ormuz, "il a dit: +Si je peux être d'une quelconque aide, je serai ravi d'aider", a ajouté M. Trump.
Le dirigeant chinois lui a aussi promis l'achat de 200 "gros" Boeing, a-t-il dit. C'est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d'une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois.
M. Trump a aussi assuré que la Chine voulait acheter du pétrole et des produits agricoles américains, sans donner de chiffres.
La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l'Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l'effet des blocus iranien et américain, du détroit d'Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d'hydrocarbures, d'Iran mais aussi d'autres pays du Golfe.
L'Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois.
Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s'employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue.
- "Nation en déclin" -
Le compte rendu officiel chinois des entretiens entre MM. Xi et Trump évoque sans aucune autre précision des échanges sur le Moyen-Orient, l'Ukraine et la péninsule coréenne.
La situation au Moyen-Orient est l'un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d'accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle (IA) et propriété intellectuelle...
Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de "conflit" entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan.
Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite.
La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu'il a cité l'historien de l'Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu'une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante.
M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social.
"Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin", a-t-il dit. Mais selon lui, l'homme fort de Pékin avait à l'esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l'Amérique actuelle.
"Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd'hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète", a-t-il dit.
- "Stabilité constructive" -
Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples.
MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre. Mais ce cessez-le-feu commercial reste exposé à l'instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par M. Trump.
Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l'Iran.
M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une "relation de stabilité stratégique constructive", selon la diplomatie chinoise.
"Nous devons être des partenaires, pas des rivaux", a affirmé M. Xi à M. Trump.
Le président chinois a promis d'ouvrir "toujours plus grand" la Chine aux entreprises étrangères.
Les obstacles à l'accès au marché chinois sont l'un des grands griefs des Etats-Unis, comme d'autres pays développés, à l'encontre de Pékin.
M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. La Maison Blanche espère repartir avec un certain nombre d'accords, par exemple dans le domaine de l'agriculture, ou de promesses d'investissements chinois aux Etats-Unis.
O.Gutierrez--AT