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Trump arrive en Chine pour un sommet avec Xi Jinping aux lourds enjeux
Donald Trump est arrivé mercredi en Chine pour un sommet avec son homologue Xi Jinping aux lourds enjeux mondiaux, du commerce international à la guerre en Iran en passant par Taïwan.
Accompagné de son fils Eric et de Lara, l'épouse de ce dernier, le président américain, suivi du secrétaire d'Etat Marco Rubio et du ministre de la Défense Pete Hegseth, a été accueilli à sa descente d'avion à l'aéroport international Pékin Capitale au son d'une fanfare militaire par des rangées de jeunes en blanc agitant des drapeaux chinois et américains et scandant "bienvenue, chaleureuse bienvenue !", ont constaté des journalistes de l'AFP.
Il s'agit de la première visite d'un président américain depuis celle que M. Trump lui-même a effectuée en novembre 2017.
M. Xi le recevra en grande pompe jeudi à 10H00 heure locale (02H00 GMT) au Palais du Peuple sur la place Tianamen, haut lieu du pouvoir au coeur de la capitale, placée sous haute protection.
Le faste de l'accueil et les marques d'attention témoignées envers un invité qui a reporté ce voyage initialement prévu pour fin mars à cause de la guerre en Iran ne feront pas disparaître les multiples désaccords qui attendent les deux présidents pendant leurs discussions à huis clos.
Donald Trump, apparemment concentré sur le business, a emmené avec lui un certain nombre de chefs d'entreprise, dont Elon Musk, le patron de Tesla et de SpaceX et l'homme le plus riche de la planète, les patrons d'Apple et Boeing Tim Cook et Kelly Ortberg, et celui du géant américain des puces électroniques Nvidia, Jensen Huang.
En route vers la Chine, M. Trump a écrit sur son réseau Truth Social qu'il presserait M. Xi, un "dirigeant hors pair, d'ouvrir la Chine afin que ces personnes brillantes puissent opérer leur magie".
- "Longue conversation" sur l'Iran -
En haut de la liste de voeux américaine figure l'annonce d'accords dans des domaines comme l'agriculture et peut-être la confirmation d'une commande massive d'appareils auprès de Boeing.
"La Chine salue la visite d'Etat du président Trump", a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun.
Et elle est prête à "élargir la coopération et gérer les différends".
M. Guo a répété le mantra de Pékin à l'approche du sommet : la recherche de "plus de stabilité et de certitude dans un monde en proie aux changements et aux turbulences".
MM. Trump et Xi devraient ainsi chercher à prolonger la trêve conclue en octobre dans la guerre des droits de douane.
Mais les autres points de friction abondent : restrictions sur les approvisionnements en terres rares ou en semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle, Taïwan.
La guerre avec l'Iran s'y est ajoutée fin février avec ses retombées mondiales.
Selon le gouvernement américain, Donald Trump entend faire pression pour que la Chine, un partenaire stratégique et économique primordial de l'Iran - elle est le principal pays importateur de son pétrole -, use de son influence pour une sortie de crise dans le Golfe.
"Nous aurons une longue conversation à propos de l'Iran", a dit le président américain aux journalistes qui assistaient à son départ de la Maison Blanche, tout en assurant qu'il n'avait besoin de l'aide de personne à ce propos.
La quasi-fermeture du détroit d'Ormuz sous l'effet des blocus iranien et américain impacte directement la Chine.
La veille de l'arrivée de M. Trump, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a appelé le Pakistan à "intensifier" ses efforts de médiation entre Téhéran et Washington, selon ses services.
- Position de force -
Etats-Unis et Chine sont engagés depuis des années dans une compétition acharnée, stratégique, technologique et économique, entre eux.
Derrière les politesses, "sur le plan tactique", le sommet donnera lieu à "un match de rugby au cours duquel chaque partie voudra prendre l'avantage", prédit Melanie Hart, une spécialiste de la Chine à l'Atlantic Council.
Les deux superpuissances se sont livré en 2025 une farouche guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples, dès après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Le sommet survient à un moment difficile sur le plan intérieur de part et d'autre.
M. Trump fait face à des sondages catastrophiques et à une accélération de l'inflation nourrie par la guerre contre l'Iran.
L'économie chinoise est quant à elle confrontée à un ralentissement de sa croissance ces dernières années, à une faible consommation intérieure et à une crise de la dette persistante dans l'immobilier.
Les experts estiment que Xi Jinping aborde le sommet en relative position de force face à un Donald Trump empêtré au Moyen-Orient et soumis à la pression grandissante des élections américaines de mi-mandat en novembre. Mais le président chinois n'a pas intérêt à ce que la situation dans le Golfe dure trop longtemps, nuancent-ils.
R.Lee--AT