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Keir Starmer va-t-il partir? Ce que l'on sait
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, dont le sort politique semble ne tenir qu'à un fil, a exprimé mardi sa volonté de "continuer à gouverner", malgré les appels à sa démission de plus de 70 députés de son camp travailliste et de certains ministres.
Une secrétaire d'Etat a même démissionné pour pousser le chef du gouvernement à partir. Voici ce que l'on sait de la situation.
- Qui veut son départ ? -
La pression sur le dirigeant travailliste n'a fait que s'accroître depuis son discours de lundi censé relancer son mandat, après des élections locales désastreuses pour le Labour jeudi dernier. Selon un décompte des médias britanniques, au moins 72 députés travaillistes l'appellent à quitter ses fonctions ou à fixer un calendrier pour son départ.
Mais l'a dit à ses ministres réunis en conseil mardi: il veut continuer à gouverner. "Le Parti travailliste dispose d'une procédure pour contester la direction du parti mais celle-ci n'a pas été enclenchée", a-t-il fait valoir.
Une telle procédure requiert en effet qu'un candidat se déclare formellement et qu'il obtienne le soutien de 81 députés (20% du groupe parlementaire).
Et des poids lourds de son gouvernement l'ont aussi appelé à se retirer, selon les médias britanniques. Parmi eux, la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood, selon plusieurs médias.
Même Darren Jones, un proche de Keir Starmer, a fait preuve d'une grande prudence: "Je ne vais pas devancer une décision que le Premier ministre pourrait ou non prendre", a-t-il déclaré sur Sky News.
- Les arguments pour qu'il reste -
Ses soutiens sont plus discrets, mais toujours présents.
Le Premier ministre peut ainsi compter sur le soutien du vice-Premier ministre et ministre de la Justice David Lammy ainsi que du ministre du Commerce, Jonathan Reynolds, selon Sky News. Tandis que le ministre du Travail Pat McFadden l'a encouragé à "continuer à se battre".
"Ces dernières 48 heures ont été source d'instabilité pour le gouvernement, ce qui a un coût économique réel pour notre pays et pour les familles", a argumenté Keir Starmer.
Ce contexte d'incertitude politique a des conséquences concrètes: les taux d'intérêt des emprunts d'Etat ont atteint mardi un plus haut à 5,797%, dépassant son sommet de la semaine dernière et retrouvant des niveaux inédits depuis 1998.
Beaucoup de responsables travaillistes souhaitent éviter de reproduire une situation comparable à celle de 2022, lorsque les conservateurs avaient enchaîné trois Premiers ministres en seulement quatre mois.
- Comment en est-on arrivé là ?
La popularité du dirigeant travailliste de 63 ans s'est effondrée depuis son arrivée au pouvoir à l'issue de la large victoire du Labour aux élections législatives de 2024, qui a mis fin à 14 ans de gouvernements conservateurs.
Ses détracteurs mettent en avant ses multiples faux pas, revirements, et polémiques - notamment le scandale autour de la nomination comme ambassadeur à Washington de la figure travailliste contestée Peter Mandelson.
Le mécontentement au sein de son parti est encore monté après les élections locales de jeudi dernier. Le Labour a perdu du terrain face au parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage jusque dans ses bastions du nord populaire de l'Angleterre et du pays de Galles. Et les Verts, plus à gauche, lui ont pris des voix à Londres.
Cette tempête politique intervient dans un contexte de turbulences internationales exacerbées par la guerre au Moyen-Orient, et au plan national à un moment particulièrement délicat, à la veille d'un discours du roi Charles III qui doit exposer le programme législatif de l'année à venir.
- Qui pourrait remplacer Starmer ?
Un éventuel départ de Keir Starmer n'entraînerait pas d'élections législatives mais son remplacement par une autre figure du Labour.
Les médias britanniques évoquent plusieurs noms depuis des semaines. Celui de Wes Streeting, l'actuel ministre de la Santé, apparaît comme l'option la plus simple. M. Streeting, 43 ans, étant élu à la chambre des Communes, condition sine qua non pour pouvoir être chef du gouvernement.
Un sérieux prétendant est Andy Burnham, 56 ans, maire de l'agglomération de Manchester et personnalité travailliste la plus populaire selon les sondages. Mais il ne peut pas se présenter faute de siège au Parlement. L'organisation d'une élection pourrait prendre plusieurs mois et impliquerait qu'un député d'une circonscription "sûre" démissionne pour lui laisser la place.
Le nom de l'ancienne vice-Première ministre Angela Rayner, 46 ans, est aussi régulièrement évoqué dans la presse.
M.White--AT