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L'Otan "n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui", selon la cheffe de la diplomatie canadienne à l'AFP
L’Alliance atlantique, "résiliente", peut encaisser les critiques du président américain Donald Trump et reste cruciale pour assurer la "sécurité collective" occidentale face à la Russie, a déclaré lundi la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand à l'AFP.
"L’Otan, en tant qu’alliance défensive engagée en faveur de la sécurité collective, n'a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui", a-t-elle affirmé lors d’un entretien depuis le siège de l'Alliance à Bruxelles.
La cheffe de la diplomatie canadienne rencontrait ses homologues des 27 pays de l'UE, dernière illustration en date de l’approfondissement des liens avec l'Europe, au moment où Donald Trump ne cesse de bousculer l’ordre mondial, y compris économique.
"L’UE a une place extrêmement importante dans les efforts du Canada pour diversifier ses échanges commerciaux et nous continuerons de bâtir des chaînes d'approvisionnement, de développer des relations commerciales afin de doubler, au cours des dix prochaines années, le volume du commerce hors États-Unis", a-t-elle déclaré.
Mme Anand, qui s'est également entretenue avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a rejeté l’idée selon laquelle Donald Trump aurait porté un coup fatal à l’alliance de défense, créée en 1949.
- "Alliance résiliente" -
'L’Otan est une alliance résiliente", a-t-elle assuré. "Il est normal que les États membres aient des opinions divergentes, mais la résilience de l’organisation signifie que nous nous réunissons, que nous menons des discussions difficiles et que nous sortons de ces discussions déterminés à défendre la sécurité collective".
Le président américain a fustigé les alliés européens pour leur refus de s'impliquer dans la guerre qu'il a lancée avec Israël contre l'Iran.
Washington a également mis les nerfs des Européens à rude épreuve en annonçant le retrait de 5.000 soldats d’Allemagne, sur fond de polémique entre Donald Trump et le chancelier Friederich Merz.
En réponse, Mme Anand a évoqué des domaines comme la lutte contre les activités russes dans l’Arctique parmi les enjeux importants pour l’Otan, où son pays joue un rôle clé. L’Alliance atlantique a promis de renforcer son attention sur la région arctique, dans le cadre d’un accord avec le président américain visant à le convaincre d’abandonner ses revendications sur le territoire danois du Groenland.
"Nous devons prendre du recul et nous demander quels sont les intérêts des 32 États membres du point de vue de la sécurité collective, à un moment où l’environnement mondial des menaces évolue si rapidement", a expliqué la ministre canadienne.
Mme Anand, qui a coorganisé avec l’UE une conférence sur le retour des enfants ukrainiens déportés par la Russie, a également salué la "résilience" de Kiev pour avoir inversé une situation très difficile sur le champ de bataille.
"L’Ukraine parvient toujours à défendre son intégrité territoriale", a-t-elle déclaré.
Mais les États-Unis ont toujours un rôle clé à jouer. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky "lui-même a déclaré qu’il était important que les États-Unis restent à la table, qu'ils étaient indispensables dans ce processus de négociation", a-t-elle souligné.
"La position du Canada a toujours été la suivante : nous soutenons le président Zelensky. Ses vues sur ce qui est le mieux pour l’Ukraine sont également nos vues sur ce qui est le mieux pour l’Ukraine", a-t-elle conclu.
A.Clark--AT