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Turquie: le chef de la guérilla kurde veut toujours croire à une "nouvelle ère"
Le chef de la guérilla kurde du PKK Abdulah Öcalan veut toujours croire à "l'ouverture d'une nouvelle ère politique" en Turquie, un an après avoir appelé son mouvement à se dissoudre, mais appelle l'Etat à agir.
Dans un discours lu en son nom, sous son portrait, par une responsable du parti prokurde DEM à Ankara à l'occasion de cet anniversaire, M. Öcalan s'est dit vendredi résolu à "ouvrir un processus fondé sur une société démocratique et l'Etat de droit".
Abdullah Öcalan, 76 ans, chef toujours respecté du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), est détenu à l'isolement depuis 1999 sur une île-prison au large d'Istanbul, sans que le gouvernement turc n'ait assoupli ses conditions de détention ni évoqué une possible libération depuis son appel à renoncer à la lutte armée.
"La porte s'ouvre sur une nouvelle ère politique", déclare-t-il néanmoins, affirmant à nouveau vouloir "tourner la page d'une politique fondée sur la violence" tout en soulignant que "la transition démocratique nécessite de nouvelles lois" pour temps de paix.
Une commission parlementaire turque a rendu le 18 février un rapport plaidant pour la "réintégration dans la société turque" des combattants du PKK, excluant néanmoins toute amnistie en leur faveur et sans se prononcer sur le sort du chef historique du parti armé.
Pour les élus du DEM, troisième force au parlement, pleinement investis dans ce processus, il est maintenant temps que le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan réprenne l'initiative.
Pour la coprésidente du parti prokurde, Tulay Hatimogullari, s'exprimant sous la photo de M. Öcalan, qui apparait le visage amaigri, le chef du PKK a fait preuve du "courage de reconstruire l'avenir. Désormais, il incombe aux hommes politiques de prendre des mesures".
- "La responsabilité de l'Etat" -
L'autre coprésident du DEM, Tuncer Bakirhan, a parlé d'une "volonté historique de dénouer un nœud vieux de cent ans": "Mais une paix véritable ne peut être obtenue par des démarches unilatérales, la paix ne peut être construite sur des sacrifices unilatéraux", a-t-il prévenu.
"Désormais, la responsabilité incombe à l'Etat et à l'exécutif", a-t-il insisté. "Il est temps de passer à des mesures concrètes et pratiques (...) Le rôle et le statut juridique d'Öcalan doivent être clairement garantis. Une république ne peut exister sans les Kurdes" dont la communauté constitue environ 20% de la poulation turque, a-t-il martelé.
"Le Parlement doit adopter rapidement les lois nécessaires au processus" a dit à l'AFP la vice-présidente du groupe DEM au Parlement, Gulistan Kilic Kocyigit, réclamant "une loi spéciale, une loi distincte, dès que possible, en particulier concernant la participation à la vie politique et sociale de ceux qui ont déposé les armes".
Une délégation du parti prokurde DEM a été autorisée à plusieurs reprises à rencontrer le chef du PKK en prison depuis la fin 2024.
Abdullah Öcalan avait ainsi, par son intermédiaire, appelé le 27 février 2025 le PKK à "déposer les armes et (...) à se dissoudre", affirmant "assumer la responsabilité historique de cet appel".
"Je crois au pouvoir de la politique et de la paix sociale, et non des armes. Et je vous appelle à mettre ce principe en pratique", avait lancé M. Öcalan.
Le 12 mai suivant, le mouvement réuni en congrès avait confirmé sa dissolution et commencé en juillet à déposer les armes lors d'un cérémonie symbolique dans le nord de l'Irak, où sont retranchés la plupart de ses combattants.
Ce processus entamé en octobre 2024 à l'initiative du parti nationaliste MHP, allié du gouvernement, vise à mettre un terme à plus de quatre décennies de combats qui ont fait au moins 50.000 morts.
N.Mitchell--AT