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Au Salon de l'agriculture, les cloches et la viande mais pas les vaches
Le son enregistré des cloches d'alpage accueillant le visiteur dès l'entrée pourra-t-il faire oublier l'absence de vaches au Salon de l'agriculture ? Visiteurs et agriculteurs voulaient y croire samedi, même si l'ambiance au Hall 1 avait perdu de sa "chaleur" habituelle.
"Il reste les autres animaux", soulignait Jérôme Tessiaut, venu de Soissons pour la deuxième année avec son garçon de 7 ans, impatient de "revoir les lapins et les lamas": ce qui compte "c'est la balade".
Cette absence, décidée par les organismes de sélection des races en raison de la crise de la dermatose, est devenue la grande préoccupation des organisateurs tant les bovins sont une attraction populaire.
Sujets de défilés, de concours d'élevage ou de boucherie, ils sont aussi l'incarnation même du salon, via la "vache égérie" que les politiques aiment tant saluer.
"Venir, c'est soutenir!" proclamait le slogan 2026 dans les travées parcourues samedi par des milliers de visiteurs, dont beaucoup de familles et de jeunes.
A défaut de caresser le poil de Biguine, la vache martiniquaise de race brahman choisie pour mascotte, elle aussi privée de salon, Emmanuel Macron est lui-même longuement resté sur les stands des Outre-Mer, prenant dans ses bras un petit mouton.
Après avoir dégusté du rhum saveur banane flambée et cacahuète sur le stand de la Guadeloupe et des cannelés à la vanille de Tahiti puis assisté à du tamure, danse tahitienne, le président de la République a appelé à être "fier des Outre-Mer" et de leur production.
Mais, dans le Hall 1, traditionnellement le plus fréquenté, quelque chose manquait indéniablement, que ne remplacent pas la poignée de vaches grandeur nature en plastique et les photos.
- "Toujours à manger" -
"On n'a pas le bruit, la paille, les odeurs... L'ambiance est moins chaleureuse", souligne le président du Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel), Pascal Le Brun.
Les éleveurs sont souvent absents, les travées ont été élargies, l'"allée de prestige" où étaient présentées les plus belles bêtes à tour de rôle a disparu, de même que le rituel de la traite matinale. Et il n'y aura pas de 20e anniversaire pour les enchères des viandes limousines...
"Le salon est un moment important pour les éleveurs, qui ont à coeur de montrer leurs animaux", explique Adrien Féau, de l'association Prim'Hosltein France, sur un stand bien vide. Habituellement, plus de 80 éleveurs et 115 bêtes viennent pour représenter la première race laitière du pays (2,5 millions).
"C'est l'occasion de rencontrer des bouchers ou des visiteurs par exemple d'Afrique ou d'Europe de l'Est qui s'intéressent à la race. Les éleveurs expliquent au public, le prix du lait etc... On parle souvent du fossé entre monde urbain et agricole, on manque là une occasion d'expliquer et de fédérer", regrette-t-il.
Eleveur de vaches parthenaises présent au salon depuis 2004, Jérémy Guillemet a quand même fait le déplacement depuis le Maine-et-Loire.
"J'avoue qu'on s'ennuie un peu, c'est un peu triste. L'animal est un point de contact avec le public. Là, les gens ne s'arrêtent pas. On espère que ce sera la seule année" à ce régime, dit-il, tandis qu'un confrère a choisi de proposer sa viande cuisinée au pavillon des régions de France.
Malgré tout, le public était au rendez-vous en ce premier jour.
"Il n'y a pas de vaches mais il y a toujours à manger et c'est délicieux", commente Coralie Journé, qui vient chaque année.
L'absence des vaches profitera cette année aux chevaux, qui vont pouvoir parader jusqu'au grand ring du Hall 1.
La famille Pereira, arrivée de Béziers, comptait elle se rabattre sur les cochons et les poules - cependant absentes elles aussi depuis des années pour cause de grippe aviaire.
Pour sa première fois, Jean-Yves Pacotte est venu de Dijon "pour la gastronomie" et aussi avec une pensée "pour les agriculteurs et les producteurs locaux", qu'il faut soutenir.
L.Adams--AT