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Les Etats-Unis "dirigeront" provisoirement le Venezuela après la capture de Maduro
Le président américain Donald Trump a déclaré samedi que les États-Unis "dirigeraient" le Venezuela jusqu'à ce qu'une transition politique "sûre" puisse avoir lieu, après l'opération américaine de capture du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas.
"Nous allons diriger le pays jusqu'à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse", a dit le président américain lors d'une conférence de presse en Floride.
Il n'a cependant pas précisé pour l'heure comment les Etats-Unis allaient diriger le pays. Et dans les rues de Caracas, aucun signe d'une présence militaire américaine n'était visible, a constaté l'AFP.
Le président américain a ajouté que les Etats-Unis étaient prêts à lancer "une seconde attaque plus importante". "Nous n'avons pas peur d'envoyer des troupes sur le terrain si besoin. En fait, nous avions des troupes au sol à un très haut niveau la nuit dernière", a-t-il ajouté.
Donald Trump avait annoncé à l'aube sur son réseau Truth Social que les forces américaines avaient capturé et exfiltré son homologue vénézuélien, Nicolas Maduro, ainsi que son épouse, après une "attaque de grande envergure" contre le pays sud-américain.
Présent au côté de Donald Trump, le chef d'état-major américain, le général Dan Caine, a donné quelques détails sur l'opération militaire baptisée "Absolute Resolve" (Détermination absolue).
L'opération "discrète, précise et menée pendant les heures d'obscurité maximale du 2 janvier, est le point culminant de mois de préparation et d'entraînement", a déclaré le général Caine. Elle a mobilisé plus de 150 avions, a-t-il précisé.
Les Etats-Unis ont affirmé qu'aucun Américain n'a été tué lors de l'opération, dont le bilan humain côté vénézulien reste inconnu.
Première dans l'ordre de succession au pouvoir, la vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, a réagi en direct à la télévision, affirmant que Nicolas Maduro était "l'unique président" du pays et exigeant sa "libération immédiate".
"Nous sommes prêts à défendre le Venezuela, nous sommes prêts à défendre nos ressources naturelles qui doivent servir au développement national", a déclaré Mme Rodriguez, à la tête d'un Conseil de défense.
En conférence de presse, Donald Trump a assuré que la vice-présidente avait dit au secrétaire d'Etat américain Marco Rubio être prête à coopérer avec les Etats-Unis après l'éviction de Nicolas Maduro.
Il a également déclaré qu'il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre dans le pays sud-américain pour exploiter ses réserves de brut, ajoutant que l'embargo américain sur le pétrole vénézuélien restait en vigueur.
- "Sans résister" -
"Maduro et son épouse, tous deux inculpés, se sont rendus sans résister et ont été placés en détention par le ministère de la Justice, avec l'aide de notre incroyable armée américaine", a précisé le général Caine.
Nicolas Maduro, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, sont à bord d'un navire en route vers New York pour y être présentés à la justice, selon le président américain.
Il a affirmé avoir regardé en direct la capture, dans une sorte de "forteresse", du dirigeant vénézuélien.
Lui et son épouse sont accusés par la justice américaine de "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis, selon un nouvel acte d'accusation rendu public samedi.
Sans préciser comment Washington envisageait la transition du pouvoir au Venezuela, Donald Trump a d'ores et déjà rejeté sèchement toute possibilité d'une accession à la présidence de la cheffe de l'opposition vénézuelienne et prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado.
"Je pense qu'il lui serait très difficile d'être à la tête du pays. Elle ne bénéficie ni du soutien ni du respect au sein de son pays", a-t-il lancé, ajoutant que les Etats-Unis n'avaient pas eu de contact avec elle.
"L'heure de la liberté est arrivée", avait réagi l'opposante après l'annonce de la capture du président vénézuélien, estimant que le candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, devait "assumer immédiatement" la présidence.
La France a plaidé pour une transition assurée "au plus vite" par M. Gonzalez Urrutia, tandis que Madrid a appelé à une transition "juste et dans le dialogue". Londres a annoncé des discussions avec Washington "dans les jours à venir" sur le sujet.
Un silence presque sépulcral et une odeur de brûlé ont envahi samedi Caracas, la capitale du Venezuela, a constaté l'AFP. Les rideaux métalliques des magasins sont baissés. Les rues, et même les grandes avenues, sont désertes ou presque.
Quelque 500 partisans du président vénézuélien, se sont rassemblés non loin du Palais de Miraflores, le palais présidentiel à Caracas, brandissant des portraits de Nicolas Maduro et des drapeaux vénézuéliens.
"Comment se fait-il qu'un gouvernement étranger vienne s'ingérer dans le pays et en expulse le président? (...) C'est la force du puissant, c'est la force du caïd de quartier", a déploré Katia Briceño, une professeure d'université de 54 ans.
- "Serrer les rangs" -
Moscou a "exhorté" les Etats-Unis à "libérer le président légalement élu d'un pays souverain ainsi que son épouse". Pékin, un autre allié de Caracas, a "condamné fermement le recours flagrant à la force par les Etats-Unis contre un Etat souverain et leur action contre son président".
En pleine nuit, les frappes nocturnes ont embrasé le ciel de Caracas et de ses environs, tirant les habitants brutalement de leur sommeil.
De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 02H00 du matin (06H00 GMT) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu'à 03H15 (07H15 GMT), a constaté l'AFP.
Des témoins ont rapporté avoir entendu des explosions à l'aéroport et au port de Caracas, ainsi qu'à Higuerote, à une centaine de kilomètres à l'est de Caracas. Des explosions suivies de panaches de fumée et d'incendies ont visé le Fuerte Tiuna, le complexe militaire le plus important du Venezuela, qui abrite le ministère de la Défense et l'Académie militaire.
L'offensive américaine survient alors que Donald Trump avait évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président Maduro étaient "comptés", après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes contre le narcotrafic et mené des frappes meurtrières contre des bateaux.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est inquiété "que le droit international n'ait pas été respecté", déplorant un "dangereux précédent".
Le Mexique et le Brésil ont condamné les frappes américaines, saluées à l'inverse par le président argentin pro-Trump, Javier Milei, et par Israël.
Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a appelé les pays d'Amérique latine à "serrer les rangs" après l'"enlèvement" du président Maduro, au moment où Marco Rubio a estimé que le gouvernement communiste à La Havane devrait désormais s'inquiéter pour son avenir.
O.Gutierrez--AT