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Sortie de prison des deux derniers Français détenus en Iran
Les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, qui étaient détenus en Iran depuis trois ans et demi, accusés d'espionnage au profit des renseignements français et israélien et qui ont toujours clamé leur innocence, "sont sortis de la prison d'Evin", a annoncé mardi Emmanuel Macron sur X, évoquant une "première étape".
"Le dialogue se poursuit pour permettre leur retour en France le plus rapidement possible", ajoute le président français, exprimant son "soulagement".
Condamnés mi-octobre à respectivement 20 et 17 ans d'emprisonnement, ils étaient les deux derniers Français officiellement détenus en Iran.
Ils sont actuellement "en sécurité" à la résidence de l'ambassadeur de France, à Téhéran, "dans l'attente de leur libération définitive", a dit le ministre français des Affaires étrangères.
"J'ai échangé avec leur famille et dépêché sur place une équipe qui les accompagnera personnellement, aux côtés des agents de l'ambassade", a écrit sur X Jean-Noël Barrot.
Les avocats des deux Français, maîtres Martin Pradel, Chirinne Ardakani, Emma Villard et Karine Rivoallan, ont salué un "jour nouveau" pour Cécile Kohler et Jacques Paris, "mettant fin à leur détention arbitraire qui a duré 1277 jours", dans un communiqué transmis à l'AFP.
Le 24 septembre, Emmanuel Macron avait suscité l'espoir en évoquant une "perspective solide" vers la libération de ces citoyens français, que Paris considérait être des "otages d'Etat".
Quelques semaines plus tard, son chef de la diplomatie avait réitéré ces mêmes propos. Mais c'est finalement un autre Français, Lennart Monterlos, également de nationalité allemande, qui avait été libéré début octobre.
Professeure de lettres de 41 ans, et enseignant retraité de 72 ans, Cécile Kohler et Jacques Paris avaient été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d'un voyage touristique en Iran.
Ils avaient été incarcérés dans la sinistre section 209, réservée aux prisonniers politiques, de la prison d'Evine de Téhéran, avant d'être transférés vers un autre centre de détention, en juin lors de la guerre des douze jours entre Israël et l'Iran. Mais leur nouvelle localisation n'avait jamais été rendue publique.
Le ministère français des Affaires étrangères n'avait eu de cesse de déplorer les conditions de détention "inhumaines", estimant qu'elles relevaient de "la torture" au point de déposer un recours contre la République islamique iranienne auprès de la Cour internationale de justice "pour violation du droit à la protection consulaire".
Pendant plus de trois ans, le renseignement extérieur français (DGSE) a également oeuvré à leur libération.
- Echange de prisonniers ? -
Lumière allumée 24 heures sur 24, 30 minutes de sortie deux ou trois fois par semaine, rares et courts appels sous haute surveillance à leurs proches, les deux Français, qui avaient été contraints à des "aveux forcés" diffusés sur la télévision d'Etat iranienne quelques mois après leur arrestation, n'ont reçu que quelques visites consulaires.
Depuis une dizaine d'années, l'Iran multiplie les arrestations de ressortissants occidentaux, notamment français, les accusant le plus souvent d'espionnage, afin de les utiliser comme monnaie d'échange pour relâcher des Iraniens emprisonnés dans des pays occidentaux ou afin d'obtenir des gages politiques.
Au moins une vingtaine d'Occidentaux seraient encore détenus, selon des sources diplomatiques.
Dans le cas de Cécile Kohler et Jacques Paris, Téhéran avait rendu publique le 11 septembre la possibilité d'un accord de libération des deux Français en échange de Mahdieh Esfandiari, une Iranienne arrêtée en France en février pour avoir fait la promotion du terrorisme sur les réseaux sociaux.
Celle-ci avait été libérée sous contrôle judiciaire dans l'attente de son procès prévu en janvier.
La libération de Cécile Kohler et Jacques Paris intervient moins d'un mois après celle de Lennart Monterlos, un Franco-Allemand de 19 ans été arrêté le 16 juin alors qu'il faisait un périple à vélo.
En mars dernier, deux autres Français, Olivier Grondeau et un homme dont le nom n'a jamais été révélé, avaient été libérés.
Au plus fort de la crise des "otages d'Etat" avec Paris, Téhéran a détenu jusqu'à sept ressortissants français simultanément.
N.Walker--AT