-
Sur les plages de Kiev en pleine vague de chaleur, oublier la guerre
-
Onze librairies Furet du Nord et Decitre doivent fermer, jusqu'à 163 postes touchés
-
Au Mondial, des stars sur le terrain et en tribunes
-
Nombre record de "nouveaux millionnaires" dans le monde en 2025, selon UBS
-
Nombre record de "nouveaux millionaires" dans le monde en 2025, selon UBS
-
Papouasie-Nouvelle-Guinée: un projet minier fait craindre un désastre environnemental
-
Japon : adoption d'un projet de loi interdisant la profanation du drapeau national
-
France: "Sans doute un nouvel épisode caniculaire à partir de ce week-end", annonce Météo-France à l'AFP
-
Mondial-2026: le foot se joue à 11 et désormais l'Allemagne perd à la fin
-
"Promesse tenue": les produits américains détaxés à partir de mercredi dans l'UE
-
Royaume-Uni: sur le départ, Starmer muscle le budget militaire pour moderniser l'armée
-
Petits colis: la France change de stratégie et suspend sa taxe au nom de l'harmonisation européenne
-
Emissaires américains et iraniens au Qatar après des frappes: ce que l'on sait
-
Des milliers de Sud-Africains dans la rue pour demander le départ des sans-papiers
-
IA : les centres de données émettent bien plus de CO2 qu'estimé, selon Allianz Trade
-
Plus d'une centaine de plaintes contre Epil House, chaîne d'épilation au laser
-
Canicule: près de 16.000 clients restent privés d'électricité, selon Enedis
-
L'OFB dévoile une plateforme pour signaler les comportements inappropriés de ses agents
-
Monaco, royaume du luxe et terre d'accueil des exilés fiscaux
-
La loi visant à relancer les investissements dans l'hydroélectricité parue au JO
-
France: l'assagissement des prix de l'énergie soulage l'inflation en juin
-
TotalEnergies "concentre" le plafonnement des carburants dans les stations rurales
-
Indonésie: un ex-champion de la tech devenu ministre condamné à 10 ans de prison pour corruption
-
Espagne: plus d'un million de demandes de régularisation ont été déposées par des sans-papiers
-
Mondial-2026: le Maroc en liesse après la qualification des Lions de l'Atlas pour les 8es
-
La Bourse de Paris montre un appétit mesuré pour le risque
-
Le pape lance un dernier appel à la Fraternité Saint-Pie X pour éviter un schisme
-
L'enquête visant Adriana Karembeu, pour soustraction aux obligations parentales, classée sans suite
-
Tour de France: Pogacar-Vingegaard, rivalité exclusive
-
Des élus locaux protestent contre le projet gouvernemental de consigne des bouteilles en plastique
-
Chasse à l'homme après l'attaque qui a touché un homme d'affaires d'origine ukrainienne à Monaco
-
EDF: action en justice des salariés pour connaître les rémunérations de ses dirigeants
-
Le taux du Livret A "va augmenter", annonce Roland Lescure
-
Nette augmentation des tarifs bancaires cette année
-
En Inde, le très attendu projet de train à grande vitesse accélère enfin
-
L'Île-de-France prépare l'ouverture à la concurrence de quatre lignes de train et sept de tramway
-
Des réunions entre Téhéran et Washington attendues au Qatar
-
Chasse à l'homme après l'attaque qui a touché un oligarque ukrainien à Monaco
-
Afrique du Sud: cinq choses à savoir sur les manifestations antimigrants
-
Séisme au Venezuela: une morgue improvisée sur le port de la Guaira
-
Mardi à risque en Afrique du Sud en pleine campagne contre l'immigration
-
Trop de chômeurs et trop de postes vacants: le casse-tête du marché du travail allemand
-
La Nasa à la rescousse d'un de ses télescopes
-
France: la consommation des ménages rebondit de 0,5% en mai, portée par l'énergie
-
Logement neuf : rebond des permis de construire accordés en mai
-
Comment va fonctionner la taxe européenne sur les petits colis ?
-
"Une torture": les Turcs dénoncent une "crise des visas" Schengen
-
France: l'inflation revient en juin à 1,8% sur un an après 2,4% en mai
-
À Oxford, le Schwarzman Centre symbole de l'essor des maxi-dons privés aux universités britanniques
-
Comment l'Otan compte s'y prendre pour rendre Trump heureux à Ankara
Au Kenya, des chasseurs-cueilleurs expulsés de leurs forêts ancestrales
De sa maison qui se fondait dans la forêt de Mau, Fred Ngusilo ne retrouve qu'un sac et une chaussure, sous des bouts de bois éparpillés. Sa communauté de chasseurs-cueilleurs Ogiek, l'une des dernières d'Afrique, se voit chassée de ses terres ancestrales et craint pour sa survie.
Fin 2023, des gardes-forestiers et forces de sécurité kényans ont débarqué par surprise, équipés de haches et marteaux, évinçant en quelques jours des centaines de personnes, relate à l'AFP ce militant des droits humains de 38 ans. Aucun motif ne leur a été donné, ni aucun préavis accordé, assurent plusieurs d'entre eux.
"Quand je viens ici, je suis tellement triste. J'en ai les larmes aux yeux", souffle M. Ngusilo en balayant du regard les restes de la maison familiale à quelques dizaines de kilomètres de la ville de Narok, dans la vallée du Rift.
Certains Ogiek persistent à y élever leur bétail, mais sont régulièrement chassés par les gardes-forestiers.
Le calme apparent de la plus grande forêt du pays, château d'eau qui abreuve des millions de Kényans, contraste avec les récits de décennies de persécutions et d’expropriations rapportés par ses autochtones, que les autorités kényanes justifient au nom de la préservation de la zone.
Un argument réfuté par la Cour africaine des droits de l'Homme et des peuples.
Des décisions rendues en 2017 et 2022 par cette juridiction continentale ont jugé les évictions illégales, ordonnant à Nairobi de payer aux Ogiek des réparations équivalant à plus d'un million d'euros et de reconnaître leurs terres ancestrales. Mais le Kenya ne s'est toujours pas exécuté.
- Quotidien difficile -
Le Programme de développement du peuple Ogiek (OPDP), une ONG protégeant ce sous-groupe de l'ethnie kalenjin, compte plus de 50.000 membres, qui étaient autrefois aussi disséminés sur les contreforts du Mont Elgon (Ouest).
Nombre d'entre eux sont désormais contraints de louer des maisons en dehors de la forêt, privés de leurs moyens de subsistance.
"Avant, c'était bien : pas de loyer, pas besoin d'acheter du bois ou de la nourriture. Maintenant, il faut tout acheter", regrette la grand-mère de Fred, Janet Sumpet Ngusilo, 87 ans.
Alors, outre leurs combats devant les juges, les Ogiek organisent ces dernières années des festivals culturels.
Des cérémonies, empreintes de nostalgie et d'appels à la justice, qui ont ressemblé plusieurs centaines de personnes ce mois-ci.
Avant, "je survivais de viande et de miel. Les jeunes d'aujourd'hui ne connaissent pas cette vie", raconte Salaton Nadumwangop à l'AFP.
"J'avais plus de 500 ruches (...) nous déposions des feuilles par terre, nous nous couvrions et dormions jusqu'au matin.
La forêt est notre vie", ajoute cet homme de 55 ans coiffé d'un chapeau en fourrure épinglé de perles évoquant des abeilles.
Avant de témoigner des violences des trois évictions qu'il a subies : en fuyant, certains ont été attaqués par des hyènes et des léopards et "de nombreuses personnes sont mortes", raconte-t-il.
- "Complètement perdus" -
Josphat Lodeya, à la tête de l'unité gouvernementale chargée des minorités et personnes marginalisées, a promis lors du dernier festival Ogiek l'application des verdicts de la cour située à Arusha, en Tanzanie, sans plus de précisions.
"Nous sommes un petit peuple. Même si nous essayons de voter, ils nous considèrent comme des moins que rien. Alors ils nous méprisent", estime M. Nadumwangop.
Les autorités "essaient de nous vendre", affirme Fred Ngusilo, qui se dit prêt à mourir pour retourner chez lui.
Lorsque l'AFP l'a accompagné en août dans les restes sa maison familiale, il s'est fait harceler par des gardes-forestiers qui ont menacé de l'arrêter.
Contacté par l'AFP, KFS, l'office forestier kényan, n'était pas disponible dans l'immédiat.
La cupidité des autorités, avides de l'argent tiré du bois, mène également à la disparition des forêts, déplorent certains Ogiek. Plus de 20% de la forêt de Mau a disparu depuis les années 1980, selon différentes études.
Plusieurs membres de la communauté accusent aussi des projets de crédit carbone, encouragés par le président William Ruto, d'être derrière les expropriations de 2023.
Des allégations dures à prouver, même si plusieurs avocats et observateurs les estiment plausibles.
Salaton Nadumwangop se dit "très inquiet". "Si les choses continuent ainsi, les Ogiek disparaîtront, se lamente-t-il. Nous serons complètement perdus."
O.Gutierrez--AT