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En Alaska, Trump et Poutine discuteront "en tête-à-tête" de l'Ukraine, selon Moscou
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump discuteront "principalement" en Alaska du règlement du conflit armé en Ukraine, lors d'une conversation "en tête-à-tête", a annoncé jeudi le Kremlin.
Ce sommet attendu vendredi se déroulera sans le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky qui a, lui, été reçu jeudi matin à Londres par le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Les retrouvailles entre Vladimir Poutine et Donald Trump sont considérées comme décisives pour tenter d'arrêter le pire conflit en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. Mais aucun dirigeant européen n'a été convié.
La conversation entre MM. Poutine et Trump se déroulera "en tête-à-tête", avec des interprètes, a indiqué le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.
"L'ordre du jour portera principalement sur le règlement de la crise ukrainienne", a ajouté M. Ouchakov, évoquant aussi les thèmes de la "paix" et de la "sécurité", les "questions internationales d'importance" et "la coopération bilatérale".
La rencontre doit débuter vendredi vers 19H30 GMT, a précisé le Kremlin et aura lieu à Anchorage sur la base militaire américaine d'Elmendorf-Richardson, dont l'importance stratégique avait culminé pendant la Guerre froide.
Les présidents russe et américain donneront ensuite une conférence de presse commune, une première depuis 2018.
- Espoir européen d'une trêve -
M. Zelensky et ses alliés européens, qui craignent que des décisions ne soient prises aux dépens de Kiev lors du sommet Trump-Poutine, ont accentué leur pression diplomatique ces derniers jours.
Jeudi, le dirigeant britannique Keir Starmer a chaleureusement accueilli le dirigeant ukrainien sur le perron de Downing Street avec une embrassade et une poignée de main. Aucun n'a fait de déclaration à l'issue de cette réunion.
Mercredi, Donald Trump avait assuré avoir eu un "très bon appel" avec le président ukrainien et des dirigeants des pays européens, de l'UE et de l'Otan. M. Zelensky s'était rendu à Berlin pour suivre ces réunions virtuelles, où il a été reçu par le chancelier allemand Friedrich Merz.
"Nous espérons que le thème central de la réunion" vendredi sera "un cessez-le-feu immédiat", avait alors déclaré le dirigeant ukrainien. Keir Starmer, avait pour sa part évoqué une chance "réelle" de cessez-le-feu.
Selon le président finlandais Alexander Stubb, présent à cette réunion, il n'y aura "pas de discussions concernant les territoires" lors du sommet d'Anchorage, ajoutant que Trump "ne chercherait pas à conclure un accord en Alaska".
Donald Trump avait dit lundi vouloir "tâter le terrain" en Alaska avec Vladimir Poutine. Et, mercredi, il a jugé que deux issues étaient possibles.
Si l'entretien se passe bien, il débouchera "presque immédiatement" sur une rencontre à trois entre le président russe, Volodymyr Zelensky et lui-même, pour mettre un terme à un conflit déclenché en février 2022 par l'assaut russe.
Mais si sa première réunion en personne avec le chef du Kremlin depuis 2019 tourne mal, Donald Trump a assuré qu'il n'y aurait pas de "seconde rencontre".
- Poutine salue des "efforts sincères" -
Piqué à vif par des commentaires de presse présentant la tenue du sommet comme une victoire diplomatique pour Vladimir Poutine, le président américain a aussi assuré que la Russie ferait face à des "conséquences très graves" si elle n'acceptait pas de mettre fin aux combats, sans toutefois préciser cette menace.
Vladimir Poutine a lui salué jeudi les "efforts assez énergiques et sincères" des Etats-Unis "pour mettre fin aux hostilités, sortir de la crise et parvenir à des accords qui satisfassent toutes les parties impliquées".
Sur le terrain, la pression s'accentue sur les troupes de Kiev, moins nombreuses, qui ont fait face ces derniers jours à une avancée rapide de l'armée russe sur le front dans la région orientale de Donetsk, où l'armée du Kremlin a revendiqué jeudi la prise de deux nouveaux villages.
L'Ukraine a tiré des dizaines de drones dans la nuit de mercredi à jeudi, incendiant une raffinerie et faisant trois blessés près de la ville russe Volgograd (sud), selon des responsables locaux.
Les positions officielles des deux belligérants sont toujours irréconciliables.
La Russie réclame que l'Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson), en plus de la Crimée annexée en 2014, et qu'elle renonce aux livraisons d'armes occidentales et à toute adhésion à l'Otan.
Pour Kiev, ces exigences sont inacceptables.
Lors des trois sessions de pourparlers au printemps et à l'été, dont la dernière s'est tenue à Istanbul en juillet, Russes et Ukrainiens avaient seulement réussi à s'entendre sur l'échange de prisonniers de guerre.
Dans ce cadre, Kiev et Moscou ont annoncé jeudi avoir échangé 84 prisonniers de chaque camp.
E.Rodriguez--AT