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Roumanie: Simion, confiant avant le second tour, accuse Macron d'ingérence
Le candidat nationaliste George Simion, persuadé qu'il "sera dimanche le prochain président de Roumanie" malgré des sondages prédisant un duel serré, a profité d'un passage à Paris pour accuser Emmanuel Macron d'ingérence dans le processus électoral.
"Mon message est clair: Bas les pattes!", a-t-il lancé au président français, dénonçant ses "tendances dictatoriales" et comparant la France à l'Iran, alors que le rôle de l'Elysée et de Bruxelles est pointé par l'extrême droite roumaine dans l'annulation du scrutin du 24 novembre sur fond de soupçons d'ingérence russe.
"Vous n'êtes pas un empereur, vous n'êtes même pas aimé par le peuple français, donc ces attaques et la manière dont vous essayez (...) de vous immiscer dans nos élections ne sont pas ce que nous devrions faire dans une Europe unie", a encore ajouté M. Simion lors d'une conférence de presse impromptue, diffusée en direct sur son compte Facebook.
Le vote de l'automne, dominé par le candidat surprise d'extrême droite Calin Georgescu désormais banni après une campagne massive sur TikTok, avait été annulé par la Cour constitutionnelle.
Un "coup d'Etat" ayant "humilié le peuple roumain", a répété George Simion, qui a repris le flambeau pour cette nouvelle élection.
Le chef du parti AUR (Alliance pour l'Unité des Roumains), âgé de 38 ans, a recueilli près de 41% des voix au premier tour du scrutin le 4 mai mais les sondages annoncent une bataille difficile au second tour face à son rival pro-européen de 55 ans, le maire de Bucarest, le mathématicien diplômé de l'université de Sorbonne, Nicusor Dan.
- "Pas l'ami de Poutine" -
Emmanuel Macron s'est de son côté entretenu jeudi par téléphone avec le rival de George Simion, a indiqué la présidence française.
"Si le candidat prorusse et anti-européen se positionnait et pouvait être élu, les conséquences sur la Moldavie seraient évidemment extrêmement dommageables", a-t-il estimé après avoir dénoncé les "ingérences russes" dans ce pays voisin de la Roumanie, lors du sommet de la Communauté politique européenne à Tirana.
Malgré "le soutien d'Emmanuel Macron à mon adversaire, dimanche je serai le prochain président de Roumanie", s'est vanté George Simion.
"Je ne suis pas nerveux. Les résultats ne font pas de doute si l'élection est libre et juste", a-t-il ajouté, mettant en garde contre le risque de "fraudes massives", une allégation aussitôt rejetée par les autorités roumaines.
Selon lui, les sondages de sortie des urnes, qui seront publiés à la fermeture des bureaux à 21H00 (18H00 GMT), "montreront un résultat 50-50". "Mais nous attendons une victoire avec 60% des voix" à l'issue du comptage final des votes, incluant la diaspora qui lui est largement favorable, a-t-il pronostiqué.
Avant de s'afficher vendredi à Paris aux côtés de l'eurodéputée d'extrême droite Marion Maréchal, ce détracteur des "politiques absurdes de l'UE" et "des bureaucrates sans visage" avait rencontré plus tôt cette semaine le président polonais Andrzej Duda à Varsovie, puis la Première ministre italienne Giorgia Meloni à Rome.
Dans l'Union européenne, où l'extrême droite enregistre ses meilleurs scores depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la victoire de George Simion viendrait renforcer le camp nationaliste.
"La vague MAGA", du nom du slogan trumpien Make America Great Again, est "la seule chose qui sauvera l'Europe", a estimé ce fan de Donald Trump.
Opposé à toute aide militaire à l'Ukraine, il a par ailleurs démenti toute proximité avec la Russie et dit souhaiter "un durcissement" de la position européenne s'il est élu.
"Je suis accusé d'être l'ami de Vladimir Poutine, c'est faux. Je viens d'un pays où la Russie n'a laissé que de mauvais souvenirs", a-t-il dit.
Au même moment, depuis le sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Tirana, le président français Emmanuel Macron a fustigé des "ingérences (...) qui sapent l'intégrité de nos démocraties", notamment en Roumanie.
W.Nelson--AT