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Le Pakistan prévient qu'il "vengera" les morts causées par les frappes indiennes
Le Pakistan a prévenu qu'il "vengera" les personnes tuées par les frappes aériennes indiennes qui, selon New Delhi, répondaient à une attaque au Cachemire, ce qui laisse présager une escalade imminente des pires violences depuis des décennies entre les deux voisins dotés de l'arme nucléaire.
L'Inde et le Pakistan ont échangé des tirs d'artillerie mercredi après des frappes de missiles indiennes dans la nuit, faisant au moins 31 morts côté pakistanais et 12 côté indien, la plus grave confrontation militaire entre les deux puissances nucléaires depuis deux décennies.
"Nous nous engageons à venger chaque goutte de sang de ces martyrs", a lancé mercredi soir le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dans un discours à la nation.
- "régler ses comptes" -
Le ministre pakistanais de la défense, Khawaja Muhammad Asif, a accusé le Premier ministre indien Narendra Modi d'avoir mené les bombardements pour "renforcer" sa popularité, ajoutant qu'Islamabad "ne tarderait pas à régler ses comptes".
Depuis que des tireurs ont abattu 26 personnes à Pahalgam, au Cachemire indien le 22 avril, le feu couvait entre les deux pays d'Asie du Sud, rivaux depuis la partition de l'ancien Inde britannique en 1947.
L'escalade des tensions a viré à l'affrontement militaire dans la nuit - déclenchant aussitôt les propositions de médiation de Pékin et de Londres, tandis que l'UE, l'ONU, Moscou, Washington et Paris appelaient à la retenue.
"Je veux qu'ils arrêtent. Et j'espère qu'ils peuvent arrêter maintenant", a déclaré le président américain Donald Trump à Washington.
Les deux armées ont échangé des tirs d'artillerie le long de leur frontière contestée au Cachemire, après des frappes indiennes sur le sol pakistanais en représailles à l'attentat de Pahalgam.
L'Inde a affirmé avoir détruit neuf sites présentés comme abritant des membres du groupe islamiste Lashkar-e-Taiba (LeT) auquel elle attribue la responsabilité de l'attentat au Cachemire indien, jamais revendiqué.
New Delhi accuse le Pakistan de soutenir le LeT, ce qu'Islamabad nie fermement.
Les missiles indiens qui ont plu sur six villes au Cachemire et au Pendjab pakistanais et les échanges de tirs qui ont suivi ont fait 31 morts et 57 blessés, selon un dernier bilan de l'armée pakistanaise. Un précédent bilan faisait état de 26 civils tués.
Un porte-parole de l'armée pakistanaise a déclaré mercredi soir que l'augmentation du nombre de morts était due "aux tirs non provoqués de l'Inde sur la ligne de démarcation et aux violations du cessez-le-feu".
L'armée a ajouté que les frappes indiennes avaient également endommagé un barrage hydroélectrique au Cachemire.
Le Pakistan affirme avoir "abattu cinq avions indiens" dans l'espace aérien de son voisin, tandis qu'une source sécuritaire indienne a indiqué à l'AFP que trois chasseurs de l'armée de l'air indienne s'étaient écrasés, pour des raisons qui n'ont pas été immédiatement précisées.
L'Inde, elle, recense 12 morts et 38 blessés dans le village cachemiri indien de Poonch, cible de nombreux obus pakistanais, selon des journalistes de l'AFP.
"Nous avons été réveillés par des tirs (...), j'ai vu des obus tomber", a rapporté à l'agence Press Trust of India (PTI) un habitant de Poonch, Farooq.
De violentes explosions ont aussi secoué plus tôt dans la nuit les alentours de Srinagar, la principale ville de la partie indienne du Cachemire.
De l'autre côté de la frontière de facto au Cachemire, Mohammed Salman, qui vit près d'une mosquée visée par des missiles indiens dans la grande ville de Muzaffarabad, a raconté à l'AFP la "panique partout". "Il y a eu des bruits terribles dans la nuit", lâche-t-il.
Dans la région, les funérailles des victimes ont commencé. A Muzaffarabad, des dizaines de Pakistanais, tête baissée autour d'un cercueil en bois, sont venus rendre un dernier hommage à une victime.
Sur le site d'une frappe, les observateurs militaires des Nations unies déployés dans la zone disputée inspectaient les dégâts.
"L'attaque conduite la nuit dernière par l'Inde fait courir le risque d'une guerre totale", a dit le ministère turc des Affaires étrangères.
Le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar a, lui, multiplié les appels téléphoniques avec le Japon, la France, l'Allemagne et l'Espagne pour justifier les frappes.
- "Un grand boum" -
L'un des sites ciblés est la mosquée Subhan, à Bahawalpur, dans le Pendjab pakistanais, liée selon le renseignement indien à des groupes proches du Lashkar-e-Taiba, accusé par l'Inde d'avoir mené, outre l'attaque du 22 avril, les sanglantes attaques coordonnées qui avaient fait 166 morts à Bombay en 2008.
Au Pendjab pakistanais, Mohammed Khourram, un habitant de Mouridke, une autre ville visée, a raconté à l'AFP avoir d'abord entendu "un grand boum".
"J'ai eu très peur, comme si c'était un tremblement de terre. Puis un missile est arrivé et a frappé, et un second une minute après, trois ou quatre ont suivi pendant les trois ou quatre minutes suivantes", a-t-il poursuivi.
Environ 200 Pakistanais ont défilé tôt mercredi dans la ville méridionale de Hyderabad, brûlant des drapeaux indiens et des portraits de Narendra Modi.
Les représailles indiennes ont été accueillies avec satisfaction dans les rues de New Delhi.
Le Premier ministre Narendra Modi "a vengé les morts" du 22 avril, s'est réjoui auprès de l'AFP G.B. Rajakumar, un chauffeur de la capitale.
Cette année-là, New Delhi avait frappé le sol pakistanais après une attaque meurtrière contre un de ses convois militaires au Cachemire.
burs-pa/jma/ybl/am/lpt/emd/liu
T.Sanchez--AT