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Le soutien de Trump reste "crucial" pour l'Ukraine, dit Zelensky avant de rencontrer Starmer
Volodymyr Zelensky a affirmé samedi que le soutien de Donald Trump restait "crucial" pour l'Ukraine et qu'il était prêt "à signer l'accord sur les minéraux qui constituera le premier pas vers des garanties de sécurité", au lendemain de son altercation avec son homologue américain et avant de rencontrer le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Le président ukrainien a affirmé sur X que le soutien du président américain restait "crucial" pour son pays et que "l'aide de l'Amérique a été vitale pour nous aider à survivre". Il a aussi assuré que Kiev était prêt "à signer l'accord sur les minéraux qui constituera le premier pas vers des garanties de sécurité".
Arrivé à Londres en milieu d'après-midi, M. Zelensky doit y rencontrer M. Starmer à 17H15 GMT, puis dimanche le roi Charles III et les autres dirigeants européens, a indiqué aux journalistes son porte-parole, Serguiï Nykyforov.
Dès vendredi soir, le Premier ministre britannique avait fait part de son "soutien indéfectible" au dirigeant ukrainien, après que celui-ci eut été chassé de la Maison Blanche par un Donald Trump furieux qui a menacé de le "laisser tomber" s'il ne faisait pas la paix avec la Russie.
- "Infamie" -
A l'inverse, Moscou a applaudi l'épisode. La visite de M. Zelensky à Washington a été un "échec politique et diplomatique complet", a raillé samedi la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, accusant le dirigeant ukrainien de "refuser la paix".
Le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte a affirmé samedi avoir demandé à M. Zelensky de "réparer" sa relation avec Donald Trump. "Nous devons rester ensemble, les Etats-Unis, l'Ukraine et l'Europe pour apporter à l'Ukraine une paix durable", a-t-il insisté.
Abasourdis par la spectaculaire altercation vendredi dans le Bureau ovale, qui a entraîné le départ prématuré de M. Zelensky de la Maison Blanche sans signer l'accord sur les minerais pour lequel il était venu, la plupart des dirigeants européens se sont empressés de défendre le président ukrainien.
"Il est devenu clair que le monde libre a besoin d'un nouveau leader. C'est à nous, Européens, de relever ce défi", a exhorté la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.
"Une nouvelle ère d'infamie a commencé (...) dans laquelle nous devons plus que jamais défendre l'ordre international fondé sur des règles et la force du droit contre la loi du plus fort", a déclaré samedi la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock.
Dans cette perspective, le sommet dimanche à Londres doit réunir une quinzaine de dirigeants européens autour de questions liées à la sécurité européenne et à l'Ukraine. Y seront représentés, outre l'Otan et l'UE, l'Ukraine, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, l'Espagne, la Finlande, la Suède, le Danemark, la République tchèque, la Pologne, la Roumanie et la Turquie.
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, qui participera au sommet, s'est entretenu samedi avec son homologue russe Sergueï Lavrov, selon ses services.
La Turquie, qui a abrité des négociations russo-ukrainiennes au début de la guerre il y a trois ans, est prête à jouer à nouveau ce rôle, rappelant son attachement à "l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance" de l'Ukraine, selon une source diplomatique à Ankara.
D'après Downing Street, la réunion de Londres doit s'inscrire "dans la continuité" de celle de Paris mi-février, et se concentrera sur "le renforcement de la position de l'Ukraine aujourd'hui, y compris un soutien militaire continu et une pression économique accrue sur la Russie".
- Dissuasion européenne -
Les participants discuteront également de "la nécessité pour l'Europe de jouer son rôle en matière de défense", face au risque de retrait du parapluie militaire et nucléaire américain.
Le président français Emmanuel Macron s'est dit prêt à "ouvrir la discussion" sur une éventuelle future dissuasion nucléaire européenne, après une demande en ce sens du futur chancelier allemand Friedrich Merz, qui a jugé nécessaire que l'Europe se prépare "au pire scénario" d'une Otan lâchée par Washington.
Ukraine et Europe suivent avec inquiétude le rapprochement entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine. Moscou et Washington ont lancé, sans inviter l'Ukraine ni les Européens, des négociations pour mettre fin à la guerre, dont le président américain refuse de considérer Moscou comme responsable.
Des craintes qui ne sont pas près de s'apaiser après l'altercation hallucinante de vendredi dans le Bureau ovale, devant les caméras du monde entier.
Pendant de longues minutes, Donald Trump a reproché à Volodymyr Zelensky de "s'être mis en très mauvaise posture" et lui a lancé qu'il "n'avait pas les cartes en main". Il l'a menacé: "Concluez un accord ou nous vous laissons tomber".
Il a ensuite demandé à M. Zelensky de partir, annulant la conférence de presse conjointe et le déjeuner de travail initialement prévus. "Il pourra revenir quand il sera prêt à la paix", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.
S.Jackson--AT