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A la grand-messe des conservateurs américains, des Européens en quête d'inspiration
"Make Europe Great Again": dans les allées d'un gigantesque centre de conférences près de Washington, foisonnent casquettes et t-shirts bleus, adaptant le slogan de Donald Trump avec la couleur de l'Europe.
En quête d'échanges et d'inspiration, les conservateurs européens ont afflué depuis jeudi à l'édition 2025 de la CPAC, le grand rassemblement annuel de la droite américaine, dans le sillage de la victoire électorale du milliardaire républicain.
Derrière un stand, Raphaël Audouard explique à l'AFP qu'il était important de venir montrer que "ce mouvement qui a hissé Trump, il y a des gens en Europe qui le défendent aussi".
Ce Français de 32 ans est à la convention en tant que directeur de la Fondation des Patriotes pour l'Europe, un organisme affilié au groupe éponyme au Parlement européen, qui compte notamment le Rassemblement national français, la Ligue du Nord de l'Italien Matteo Salvini, et le Fidesz du Hongrois Viktor Orban.
Selon Raphaël Audouard, beaucoup d'Américains à la CPAC "sont heureux de voir que le mouvement qu'ils ont créé aux Etats-Unis inspire aussi des Européens", malgré des désaccords sur certains sujets.
Et sans "naïveté": "Trump veut l'+America First+. L'+America First+ c'est pas +Europe First+", ajoute-t-il à propos du programme "l'Amérique d'abord" du président républicain.
- "Curiosité" -
Des chefs de parti comme le Britannique Nigel Farage, et quelques Premiers ministres comme le Slovaque Robert Fico, ont fait le déplacement en banlieue de la capitale américaine pour prêcher la bonne parole de leurs mouvements respectifs de droite ou d'extrême droite, mais aussi pour voir ce qui se fait de l'autre côté de l'Atlantique.
L'eurodéputé français Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a lui annoncé vendredi annuler son intervention à la CPAC prévue dans la journée, en raison d'un "geste faisant référence à l'idéologie nazie" effectué à la convention la veille par Steve Bannon. Cet ex-conseiller de Donald Trump avait tendu ostensiblement le bras au terme d'un discours, suivant son mouvement d'un hochement de tête approbateur.
Egalement députée au Parlement européen, la Roumaine Diana Iovanici-Sosoaca, explique être venue "d'abord par curiosité pour ce qui se passe ici".
"J'espère qu'on pourra nouer des liens avec des responsables, des élus du Congrès, des sénateurs", ajoute cette élue, qui s'est d'abord fait connaître sur les réseaux sociaux en Roumanie pour son opposition aux mesures anti-Covid.
Présidente du parti d'extrême droite S.O.S România, elle fait le parallèle entre son mouvement et celui du président américain.
"Nous voulons rendre leur grandeur à l'Europe et à la Roumanie", déclare Diana Iovanici-Sosoaca dans les allées de la CPAC, reprenant elle aussi le slogan "MAGA" du républicain.
Le déclin du Vieux continent est un thème récurrent des interventions à la CPAC.
- "Révolution Trump" -
"On regarde de l'autre côté de l'Atlantique avec jalousie", a lancé l'éphémère Première ministre britannique Liz Truss lors d'un discours enflammé et très élogieux à l'adresse du président américain.
"Nous voulons une révolution Trump en Grande-Bretagne", a-t-elle aussi déclaré.
Venu sur scène avec une tronçonneuse offerte plus tôt par le président argentin, Javier Milei, Elon Musk a lui affirmé que l'Europe était en train de "s'effondrer".
"On dirait que la France était plus agréable il y a 50 ans qu'aujourd'hui", a pris pour exemple l'homme le plus riche du monde, devenu allié et soutien financier de Donald Trump lors de la dernière campagne.
Même son de cloche chez Mateusz Morawiecki, Premier ministre de Pologne entre 2017 et 2023.
"C'était vraiment un grand continent, et je veux que l'on lui rende sa grandeur, parce que ce continent est en déclin", a-t-il assuré dans son allocution.
L'Europe s'est "concentrée sur les mauvaises priorités", "comme le fait d'accueillir autant de migrants clandestins que possible", estime-t-il ensuite dans un entretien à l'AFP.
Président du Parti des conservateurs et réformistes européens, il dit que son "objectif principal" à la CPAC est de "traduire" le discours européen en langage américain, et "vice versa", afin d'améliorer la coopération entre les deux bords de l'Atlantique.
Et sur la question de savoir ce qu'il pourrait ramener en Pologne, l'ex-Premier ministre prend pour exemple la présence de Donald Trump "dans différents types de médias" lors de la campagne 2024, à "essayer d'aller à la rencontre de différentes parties de la société".
"C'est la leçon que je vais retenir du président Trump", ajoute Mateusz Morawiecki.
W.Nelson--AT