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Trump devient le 47e président des Etats-Unis et leur promet un "âge d'or"
Donald Trump, au sommet de sa puissance politique, est devenu lundi président des Etats-Unis, pour la seconde fois.
"L'âge d'or de l'Amérique commence", a lancé le républicain dans son premier discours en tant que 47e président.
Quelques minutes plus tôt, il avait levé la main droite et juré de "protéger la Constitution" sous la coupole du Capitole, le site même que ses partisans avaient pris d'assaut le 6 janvier 2021 pour empêcher la certification de l'élection de Joe Biden.
Le milliardaire républicain, qui avait battu la vice-présidente démocrate Kamala Harris le 5 novembre, est désormais à 78 ans le chef d'Etat américain le plus âgé jamais investi.
Ce serment conclut le plus extraordinaire "comeback" politique de l'histoire américaine récente, celui d'un ancien président qui n'a jamais reconnu sa défaite en 2020, qui crie à la "vengeance" contre ses adversaires, qui a été condamné au pénal, qui a été visé cet été par deux tentatives d'assassinat, et qui a mené une campagne d'une violence rhétorique sidérante, émaillée de propos racistes et sexistes.
Son prédécesseur démocrate, qui conclut un demi-siècle de vie politique, a organisé une transition sans heurts du pouvoir à cet homme qui n'a eu de cesse de l'humilier.
- Grâces -
"Bienvenue à la maison", avait dit Joe Biden un peu plus tôt en recevant Donald Trump, accompagné de son épouse Melania Trump, pour une ultime visite de courtoisie à la Maison Blanche.
La normalité n'est que de façade, car le démocrate de 82 ans a aussi pris, à quelques minutes de céder le pouvoir, une décision absolument inédite.
Il a en effet gracié, de manière préventive, les plus proches membres de sa famille, de peur qu'ils ne soient l'objet d'une vendetta judiciaire des républicains.
Contrairement au républicain, qui avait boudé son investiture, le 46e président démocrate avait bien pris place dans la vaste salle pavée de marbre, cathédrale de la vie politique américaine.
A ses côtés les anciens présidents américains Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama, mais aussi les multimilliardaires Mark Zuckerberg et Jeff Bezos, le désormais incontournable Elon Musk, ainsi que des dirigeants ou personnalités d'extrême droite invités à titre personnel.
La cérémonie d'investiture se déroule habituellement à l'extérieur, mais le protocole a été chamboulé à cause des températures glaciales.
Dans la foulée, Donald Trump doit signer une première salve de décrets.
"Le déclin de l'Amérique est fini", a assuré le républicain après avoir prêté serment. Un déclin causé selon lui, en premier lieu, par une "invasion" de migrants ainsi que par les idées progressistes, qu'il qualifie du terme péjoratif d'idéologie "woke".
Il va par exemple décréter l'état d'urgence à la frontière avec le Mexique et y mobiliser l'armée.
Lui qui avait promis de mettre fin au "délire transgenre" ordonnera aussi de "reconnaître" l'existence de seulement "deux sexes" par l'Etat fédéral, ont fait savoir de hauts responsables de sa future administration.
Sont attendues aussi des annonces sur l'énergie et l'environnement, ainsi que des grâces pour les assaillants du Capitole condamnés à la suite du 6 janvier 2021.
- Retour sans commotion -
Tout au long de sa campagne, Donald Trump a promis de se "venger" de ses adversaires politiques.
Face à cette menace, Joe Biden, quelques heures avant de quitter le pouvoir, et avant de faire de même pour sa famille, avait décidé d'accorder des grâces préventives à une série de "serviteurs de l'Etat" risquant des "poursuites judiciaires injustifiées".
Parmi elles, l'ancien chef d'état-major des armées Mark Milley, virulent critique de Donald Trump, le médecin Anthony Fauci, dans le viseur des trumpistes pour avoir orchestré la réponse américaine à la pandémie de Covid-19, ainsi que des parlementaires ayant enquêté sur l'assaut du Capitole.
Le premier mandat de Donald Trump avait été une succession de crises politiques internes et d'affrontements diplomatiques.
Rien ne dit que sa seconde présidence sera plus maîtrisée, mais son retour au pouvoir se fait sans la commotion provoquée par sa victoire en 2016.
Donald Trump a, en quatre ans, verrouillé le parti républicain. Il peut s'appuyer sur une majorité, mince, au Congrès et sur une Cour suprême ancrée à droite.
Il s'est entouré de fidèles au gouvernement, a reçu l'allégeance des plus grands patrons, et rares sont les dirigeants étrangers qui se risquent à le critiquer ouvertement.
A.Ruiz--AT