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Dernier pilier de "l'axe de la résistance", les Houthis du Yémen continuent de défier Israël
Devenus "indispensables" à l'Iran après les coups durs infligés à ses alliés palestiniens et libanais, les rebelles houthis au Yémen disent vouloir maintenir la pression sur Israël malgré l'accord de trêve dans la bande de Gaza.
Depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas dans le territoire palestinien, les Houthis ont tiré des dizaines de missiles et de drones en direction d'Israël et visé les navires qu'ils estiment lui être liés en mer Rouge et dans le golfe d'Aden.
Affirmant agir en soutien aux Palestiniens, ils restent difficiles à contrer malgré les frappes répétées menées par Israël, les Etats-Unis et parfois le Royaume-Uni contre leurs positions.
Venus du nord du Yémen, les Houthis ont chassé le gouvernement yéménite de Sanaa en 2014 et se sont emparés depuis de larges pans du territoire, avec le soutien de Téhéran, ennemi juré d'Israël.
Ils font partie de ce que l'Iran appelle l'"axe de la résistance" face à Israël, qui regroupe aussi le mouvement islamiste palestinien Hamas, des groupes irakiens ou le Hezbollah libanais.
Mais contrairement à ces derniers, qui ont été affaiblis ces derniers mois par Israël, les Houthis "se sont renforcés et sont maintenant un membre indispensable de l'axe", souligne Thomas Juneau, professeur à l'Université d'Ottawa.
Par conséquent, ils "sont devenus beaucoup plus importants pour l'Iran", souligne ce spécialiste du Yémen.
La lutte contre Israël et son allié américain dans le cadre de la guerre à Gaza leur a valu aussi un regain de popularité au Yémen, pays très pauvre dont les 30 millions d'habitants sont largement acquis à la cause palestinienne.
Vendredi, leur porte-parole militaire, Yahya Saree, a fait état de trois nouvelles attaques contre Israël et une quatrième visant un porte-avion américain en mer Rouge. Ces attaques n'ont pas été confirmées par l'armée israélienne ni américaine.
Le chef des rebelles, Abdel Malek al-Houthi, avait prévenu la veille que l'arrêt des attaques dépendrait du respect par Israël de l'accord de trêve à Gaza.
"Nous suivrons les étapes de la mise en oeuvre de l'accord, et s'il y a la moindre violation israélienne, massacre ou siège, nous serons prêts" à réagir, a-t-il déclaré dans un discours diffusé sur la chaîne de télévision des rebelles.
Un discours "plein de défi" dans lequel Abdel Malek al-Houthi a signalé que son mouvement continuerait à mobiliser des combattants et développer son arsenal militaire en vue du "prochain round de confrontation", commente Mohammed Al-Basha, fondateur de Basha Report, un cabinet de conseil en risque basé aux Etats-Unis.
- "Elan populaire" -
Vendredi, un mouvement a rassemblé des milliers de Yéménites dans des zones sous contrôle houthi, notamment à Sanaa. Comme chaque semaine depuis 15 mois, une marée humaine a envahi le centre de la capitale, tenue d'une main de fer par les rebelles.
"Nous sommes là pour célébrer la victoire (des Palestiniens) et celles de nos missiles et nos drones qui ont obligé Israël à arrêter son agression contre Gaza", affirme l'un des manifestants, Zeid al-Astout.
Plus loin, un partisan houthi, Khaled al-Matri, dit soutenir l'accord de trêve annoncé mercredi. Mais "nous ne plierons pas, jusqu'à la disparition de l'entité sioniste, si Dieu le veut", ajoute-t-il, avant de scander "Mort à l'Amérique, mort à Israël".
A Hodeida, ville de l'ouest du pays également contrôlée par les Houthis, certains habitants sont plus critiques.
"Les Houthis n'ont jamais rien fait de positif. Leur soutien à Gaza est la seule chose qui leur permet de dorer leur image", dit Assem Mohammed, 36 ans.
Hanaa Abdel Rahmane, enseignante à Hodeida, craint que les Houthis ne cherchent à tout prix à maintenir "l'élan populaire obtenu grâce à leur soutien à la Palestine", au risque d'aggraver les représailles sur un Yémen déjà dévasté par dix ans de guerre civile.
Selon Thomas Juneau, les attaques pourraient cesser "à court terme" après l'entrée en vigueur prévue dimanche de la trêve et l'échange d'otages retenus à Gaza contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël.
Mais "étant donné leurs objectifs régionaux et leur idéologie, il est probable que plus tard ils utilisent à nouveau la menace des attaques en mer Rouge pour faire pression sur Israël", ou les Etats-Unis.
R.Chavez--AT